Que veut dire hamdoulah ?
Hamdoulah est la prononciation rapide, surtout maghrébine, de la formule arabe al-hamdu li-llâh (الحمد لله). Al est l'article, « la » ; hamd veut dire « louange » ; li signifie « à », au sens de l'appartenance ; Allâh, « Dieu ». La phrase n'a pas de verbe : elle dit que la louange, toute la louange, revient à Dieu. On la traduit par « louange à Dieu », « louange à Allah » ou, dans la conversation, « Dieu merci ».
Le mot hamd vient de la racine h-m-d, celle de l'éloge. Elle a donné les prénoms Muhammad (« le loué », « digne de louange »), Ahmad, Mahmoud et Hamid, ainsi que l'un des noms de Dieu, al-Hamîd, « le Digne de louange ». Les savants appellent le fait de prononcer la formule la hamdala.
La formule se distingue du simple merci. Le shukr, la gratitude, répond à un bienfait reçu ; le hamd loue Dieu pour ce qu'Il est autant que pour ce qu'Il donne. C'est pourquoi on peut dire al-hamdu li-llâh dans la joie comme dans l'épreuve. Pour remercier une personne, on emploie d'autres mots, comme choukrane.
Alhamdulillah dans le Coran
La formule ouvre le Coran : après la basmala, la Fâtiha commence par « Louange à Allah, Seigneur de l’univers » (sourate 1, verset 2). Comme la Fâtiha se récite dans chaque unité de la salât, le musulman qui prie les cinq prières la prononce au moins dix-sept fois par jour. C'est pourquoi certains cherchent la « sourate al hamdoulillah » : il s'agit de la sourate 1, la Fâtiha.
L'expression al-hamdu li-llâh revient 23 fois dans le texte coranique et ouvre cinq sourates : la Fâtiha (1), Al-An'âm (6), Al-Kahf (18), Saba' (34) et Fâtir (35). Elle est aussi la parole des prophètes reconnaissants. Abraham dit : « Louange à Allah, qui en dépit de ma vieillesse, m’a donné Ismaël et Isaac » (sourate 14, verset 39). Elle est enfin la dernière parole des élus : « la fin de leur invocation: «Louange à Allah, Seigneur de l’Univers» » (sourate 10, verset 10).
Dans un commentaire de la Fâtiha publié par Oumma, Une sourate méconnue, la Fatiha, Hakim Fedaoui rapporte la remarque du théologien Fakhr ad-Dîn ar-Râzî : le Coran dit al-hamdu, au nominatif, une vérité qui existe par elle-même, et non al-hamda, qui ferait du fidèle l'auteur de la louange. Même distrait, celui qui prie ne ment pas en la disant.
Quand dit-on hamdoulah ?
La tradition associe la formule à plusieurs moments. Après le repas : selon un hadith rapporté par Muslim, Dieu agrée le serviteur qui Le loue après avoir mangé et bu. Après un éternuement : selon un hadith rapporté par Boukhari, celui qui éternue dit al-hamdu li-llâh, celui qui l'entend répond yarhamuka Allâh (« qu'Allah te fasse miséricorde »), et le premier conclut par yahdîkumu Allâh wa yuslihu bâlakum (« qu'Allah vous guide et améliore votre état »). Au réveil, une invocation rapportée par Boukhari loue Dieu « qui nous a rendu la vie après nous avoir fait mourir ».
Elle accompagne aussi le dhikr : 33 fois après chaque prière, avec subhanallah et Allahou akbar. Selon un hadith rapporté par Muslim, la formule « remplit la balance » des œuvres.
Dans l'épreuve, on dit al-hamdu li-llâhi 'alâ kulli hâl, « louange à Dieu en toute circonstance », formule que le Prophète employait devant ce qui lui déplaisait, selon un hadith rapporté par Ibn Mâja. Et dans la conversation, « Ça va ? Hamdoulah » signifie « ça va, Dieu merci », quel que soit l'état réel de celui qui répond.
Que répondre à hamdoulah ?
Dans la plupart des cas, hamdoulah n'appelle aucune réponse : c'est une louange adressée à Dieu, pas une salutation. Quand il répond à « ça va ? », on enchaîne simplement la conversation, ou l'on dit à son tour « hamdoulah ». Quand il annonce une bonne nouvelle, on félicite : mabrouk, ou Allah ybarek.
La seule réponse fixée par la tradition concerne l'éternuement : à celui qui éternue et dit al-hamdu li-llâh, on répond yarhamuka Allâh.
Hamdoulah dans la bouche des sportifs et des élus
La formule passe souvent dans les médias par la voix de personnalités musulmanes. Oumma a rapporté les mots du rugbyman néo-zélandais Sonny Bill Williams : « Boire un verre d'eau : Alhamdulillah. Avoir l'occasion de te parler : Alhamdulillah ». Le boxeur américain Julian Williams commençait son discours de champion du monde, en plein Ramadan, par « Tout d'abord, je veux juste dire Alhamdulillah ».
En novembre 2026, Abdul El-Sayed, premier musulman élu au Sénat américain, a dit à ses partisans qu'ils pouvaient transformer l'« inch'Allah » de la campagne en « alhamdoulillah ». Le passage résume l'ordre des formules : inchallah avant, hamdoulah après.
La formule a aussi ses usages critiqués. En 2004, l'anthropologue Dounia Bouzar rapportait dans une longue étude publiée par Oumma le mot d'une militante associative sur « le complexe du Hamdoulillah » : une manière de clore toute discussion sur les difficultés réelles par une formule pieuse, au lieu de les analyser.
Hamdoulah ou hamdoulillah : comment l'écrire ?
En arabe, la formule s'écrit الحمد لله, et avec les voyelles ٱلْحَمْدُ لِلَّهِ. En lettres latines, toutes les transcriptions courantes sont admises : alhamdulillah (usage anglais), al hamdoulillah et hamdoulillah (usage français), hamdoulah et hamdullah (formes parlées, où la syllabe li disparaît), el hamdoulilah au Maghreb. Le turc écrit elhamdülillah ou hamdolsun, « que la louange soit ».
La recherche « hamdoulah ou hamdoulillah » trouve donc une réponse simple : les deux sont justes, la seconde est plus proche de l'arabe. On évite seulement de séparer l'article (« al hamdou li Allah » est une transcription maladroite, car li et Allâh fusionnent en li-llâh).





