Que veut dire ya rabbi ?
Ya rabbi transcrit l'arabe yâ rabbî (يا ربي). Yâ est la particule qui sert à appeler quelqu'un, comme « ô » en français. Rabb signifie « Seigneur », « Maître », celui qui possède, élève et prend soin ; la racine r-b-b exprime l'idée d'élever un enfant ou de faire croître une chose. Le suffixe -î ajoute la relation personnelle : « mon Seigneur ».
Le mot rabb est l'un des plus fréquents du Coran. La première sourate le place dès son deuxième verset : al-ḥamdu lillâhi rabbi l-'âlamîn, « louange à Allah, Seigneur de l'univers ». Appeler Dieu « mon Seigneur », c'est s'adresser à Lui comme à celui dont on dépend.
Les graphies varient : ya rabbi, ya rab, ya rabb, yarabi. Au Maghreb, on prononce ya rebbi ; en Égypte et au Proche-Orient, on dit plutôt ya rabb.
Ya rabbi dans le Coran et les invocations
La forme exacte yâ rabbi apparaît deux fois, chaque fois dans la bouche du Prophète qui se plaint de son peuple : « Seigneur, mon peuple a vraiment pris ce Coran pour une chose délaissée! » (sourate 25, verset 30), et « Seigneur, ce sont là des gens qui ne croient pas » (sourate 43, verset 88).
Les autres prières coraniques disent simplement rabbi, sans la particule d'appel, comme si Dieu était déjà tout proche. Moïse, réfugié à Madyan : « Seigneur, j’ai grand besoin du bien que tu feras descendre vers moi » (sourate 28, verset 24). Zacharie, âgé et sans enfant : « O mon Seigneur, mes os sont affaiblis » (sourate 19, verset 4). Le Coran enseigne aussi rabbi zidnî 'ilmâ, « Seigneur, accroît mes connaissances ». Au pluriel, rabbanâ, « notre Seigneur », ouvre de nombreuses invocations, que l'on retrouve sur la page invocations et dhikr.
Quand dit-on ya rabbi ?
Ya rabbi accompagne d'abord le dou'a, la demande personnelle : « Ya rabbi, aide-moi », « ya rabbi, guéris-le ». Elle sort aussi spontanément dans l'émotion : la peur, la fatigue, le soulagement, l'étonnement. Au Maghreb, « ya rebbi ! » peut exprimer l'exaspération, comme « mon Dieu ! » en français. On conclut souvent une demande par amin.
Trois façons d'appeler Dieu coexistent. Yâ rabbi s'adresse au Seigneur. Yâ Allâh emploie son nom propre ; c'est aussi l'origine probable de l'interjection yallah, « allez ! ». Allâhumma, « ô Allah », est la forme que le Prophète emploie le plus souvent dans les invocations transmises par les hadiths. Toutes sont permises.
Le mot a aussi donné son titre à un film indien, « Ya Rab », dont la sortie en 2014 a provoqué des protestations à Bombay : des musulmans reprochaient au film de les montrer encore une fois en terroristes.






