Que veut dire jazakallahu khayran ?
Jazakallahu khayran transcrit l'arabe jazâka Allâhu khayran (جزاك الله خيرا). Jazâ veut dire « rétribuer, récompenser » ; -ka signifie « toi » ; Allâhu, « Allah » ; khayran, « par un bien ». Le verbe est au passé, mais il exprime ici un souhait, comme souvent en arabe : « qu'Allah te récompense par un bien ».
La racine j-z-y, celle de la rétribution, revient souvent dans le Coran. Un verset résume l'esprit de la formule : « Y a-t-il d'autre récompense pour le bien, que le bien? » (sourate 55, verset 60). Celui qui remercie ainsi reconnaît qu'il ne peut pas rendre lui-même la valeur du service reçu et le confie à Dieu.
La formule s'accorde avec la personne remerciée : jazâka à un homme, jazâki à une femme, jazâkum à plusieurs. Les graphies sont nombreuses : jazakallah khair, jazak Allah khayr, djazak Allah khir, jazakallahou khayran. Dans les messages, on lit JZK ou JAK, ce qui gagne du temps mais garde la même intention.
D'où vient la formule ?
Elle vient de la tradition prophétique. Selon un hadith rapporté par Tirmidhi, d'après Oussama ibn Zayd, le Prophète enseigna que celui qui reçoit un bienfait et dit à son auteur jazâka Allâhu khayran l'a pleinement remercié. Un autre hadith, rapporté par Abou Daoud et Tirmidhi, ajoute que celui qui ne remercie pas les gens ne remercie pas Dieu : la gratitude envers autrui fait partie de la piété.
La formule relève donc à la fois du remerciement et de l'invocation (doua). Elle prolonge la notion de shukr, la gratitude, qui s'adresse d'abord à Dieu mais aussi aux personnes.
Quand la dire et que répondre ?
On dit jazakallahu khayran après un service, un conseil, un cadeau, un don, ou pour remercier quelqu'un d'une explication, très souvent à l'écrit, dans les commentaires et les messages. Dans les milieux musulmans francophones, elle remplace volontiers choukrane, le « merci » de l'arabe courant, qui ne contient pas d'invocation. Elle est voisine de barakallahoufik, « que Dieu te bénisse », qui sert aussi à remercier.
La réponse la plus fréquente est wa iyyâk (à une femme wa iyyâki, à plusieurs wa iyyâkum), « et toi aussi » : on retourne le souhait. On entend aussi wa jazâka ou wa antum fa-jazâkumu Allâhu khayran, « et vous aussi, qu'Allah vous récompense ». Répondre amin, « ainsi soit-il », est également correct.
Une précision revient souvent : la forme courte jazâk Allâh, sans khayran, est très employée, mais certains enseignants rappellent que c'est le mot khayran qui précise que la récompense souhaitée est un bien.
