Inchallah

إن شاء الله

Prononciation : in shāʾ Allāh · Autres graphies : inshallah, in sha Allah, inch'allah, incha'Allah

Définition

Inchallah : Littéralement « si Dieu le veut ». Les musulmans l'emploient pour parler d'un projet futur en le plaçant sous la volonté divine. Dans le langage courant, il exprime aussi l'espoir, parfois une réserve polie ou un « peut-être ».

Que veut dire inchallah ?

Inchallah transcrit la formule arabe in shâ' Allâh (إن شاء الله), composée de trois mots : in, « si », shâ'a, « a voulu », et Allâh, « Dieu ». Le verbe est au passé, mais après in il prend en arabe une valeur de condition : le sens est « si Dieu le veut ». Le français a longtemps traduit par « s'il plaît à Dieu ».

La formule place un projet sous la volonté de Dieu, celle que les théologiens appellent la mashî'a. Elle exprime une conviction de la foi musulmane : l'être humain décide et agit, mais l'issue ne lui appartient pas entièrement. Cette idée rejoint la croyance au décret divin et la notion de tawakkul, la confiance en Dieu qui accompagne l'effort.

Les graphies varient : inchallah, inch'Allah, inshallah, in sha Allah, incha'Allah. Une idée répandue sur les réseaux sociaux veut que la graphie en un seul mot change le sens et signifie « créer Dieu ». En arabe, la formule s'écrit toujours en trois mots ; sa transcription en lettres latines n'en modifie pas la signification.

D'où vient inchallah ? La formule dans le Coran

La règle vient de la sourate 18, Al-Kahf : « Et ne dis jamais, à propos d’une chose: «Je la ferai sûrement demain», sans ajouter: «Si Allah le veut» » (sourate 18, versets 23 et 24). Les commentateurs rapportent que ces versets répondent à un épisode de la vie du Prophète : interrogé sur les gens de la Caverne, il aurait promis de répondre le lendemain sans ajouter la formule, et la révélation aurait tardé.

L'expression exacte in shâ' Allâh revient six fois dans le texte coranique. Joseph accueille ses parents en disant : « Entrez en Egypte, en toute sécurité, si Allah le veut! » (sourate 12, verset 99). Moïse promet au sage qu'il accompagne : « Si Allah veut, tu me trouveras patient » (sourate 18, verset 69). Ismaël répond à son père Abraham : « tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants » (sourate 37, verset 102). Les trois autres occurrences se trouvent aux versets 70 de la sourate 2, 27 de la sourate 28 et 27 de la sourate 48.

La tradition prophétique insiste dans le même sens. Un hadith rapporté par Boukhari raconte que le prophète Salomon annonça un projet sans dire « si Dieu le veut » et que ce projet échoua ; le Prophète commenta que la formule lui aurait valu de réussir. Les juristes ont aussi une règle propre aux serments : celui qui jure en ajoutant inchallah n'est pas tenu à l'expiation s'il ne fait pas la chose, car il l'a soumise à la volonté divine. Ils appellent cet ajout istithnâ', « l'exception ».

Quand dit-on inchallah ?

On dit inchallah chaque fois que l'on parle du futur : « On se voit demain, inchallah », « Je passe mon examen lundi, inchallah ». La formule accompagne aussi les souhaits pour autrui (« Tu vas guérir, inchallah ») et les annonces officielles. Les communiqués de la Grande Mosquée de Paris sur la date de l'Aïd, relayés par Oumma, annonçaient ainsi que la date serait « communiquée mercredi soir Inchallah ».

Au Maghreb, on entend surtout « inchallah » et « nchallah » ; en Turquie, inşallah ; en Iran, enshâ'allâh. La formule est entrée dans d'autres langues par l'histoire : l'espagnol ojalá et le portugais oxalá, qui veulent dire « pourvu que », viennent de l'arabe andalou law shâ' Allâh, « si Dieu voulait ». Les chrétiens arabophones, au Liban, en Égypte ou en Palestine, disent eux aussi inchallah, car Allah est le mot arabe pour Dieu dans toutes les religions.

Dans le monde politique, l'expression surprend parfois. Lors d'un débat télévisé en septembre 2020, Joe Biden lança à Donald Trump un « When? Inshallah? » pour se moquer de ses promesses sur ses déclarations d'impôts.

Inchallah veut-il dire « peut-être » ?

Dans le langage courant, inchallah sert parfois de réponse polie quand on ne veut ni promettre ni refuser. Ce glissement nourrit un cliché : l'inchallah serait une manière de ne pas s'engager, ou le signe d'un fatalisme. Le sens religieux dit l'inverse. La formule accompagne une intention réelle d'agir et reconnaît seulement que le résultat dépend aussi de Dieu. Les savants rappellent que l'employer pour couvrir une promesse que l'on ne compte pas tenir trahit son sens.

Un autre contresens associe le mot à une menace. En 2016, Oumma a raconté comment un étudiant irakien fut débarqué d'un avion de la Southwest Airlines après avoir terminé un appel téléphonique à son oncle par « inch'Allah » ; une passagère avait pris le mot pour un signal inquiétant. En 2018, deux journalistes du Monde ont choisi « Inch'Allah » comme titre d'une enquête sur l'islam en Seine-Saint-Denis, critiquée par la police du département.

Que répondre à inchallah et à kheir inchallah ?

Il n'existe pas de réponse obligatoire. On répond souvent en reprenant « inchallah », ou par amin, « ainsi soit-il », quand la phrase contient un souhait.

Kheir inchallah (en arabe khayr in shâ' Allâh) associe le mot khayr, « le bien », à la formule : « que ce soit du bien, si Dieu le veut ». Au Maghreb, on le dit quand quelqu'un raconte un rêve, quand une nouvelle tombe sans prévenir ou quand on demande à un proche ce qui se passe. On peut y répondre par « amin » ou par « inchallah kheir ». La même idée se retrouve dans le salut du matin sbah el kheir, « matin de bien ».

Inchallah, machallah, bismillah : quelle différence ?

Ces formules se ressemblent mais ne servent pas au même moment. Inchallah regarde vers l'avenir : « si Dieu le veut ». Machallah, mâ shâ' Allâh, regarde ce qui est déjà là : « ce que Dieu a voulu », pour admirer une chose sans envie. Bismillah, « au nom de Dieu », se dit au moment de commencer. Hamdoulah, « louange à Dieu », se dit une fois la chose obtenue.

Le passage de l'une à l'autre a été mis en mots par Abdul El-Sayed le soir de son élection au Sénat américain, dans le Michigan, en novembre 2026. Il a rappelé à ses partisans qu'il avait toujours dit « inch'Allah » en parlant du résultat et qu'ils pouvaient désormais transformer cet inch'Allah en « alhamdoulillah ». Une autre formule voisine, mektoub, « c'était écrit », se dit après coup, devant ce qui est arrivé.

Exemple d'emploi

On se voit demain, inchallah.

Dans le Coran

  • Coran

    « Et ne dis jamais, à propos d’une chose: «Je la ferai sûrement demain», »

    Sourate 18, verset 23 →
  • Coran

    « sans ajouter: «Si Allah le veut», et invoque ton Seigneur quand tu oublies et dis: «Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce qui est correct». »

    Sourate 18, verset 24 →
  • Coran

    « Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit: «O mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses». (Ismaël) dit: «O mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants». »

    Sourate 37, verset 102 →
  • Coran

    « Lorsqu’ils s’introduisirent auprès de Joseph, celui-ci accueillit ses père et mère, et leur dit: «Entrez en Egypte, en toute sécurité, si Allah le veut!» »

    Sourate 12, verset 99 →

Traduction de Muhammad Hamidullah.

Pour comprendre en détail : Dieu (Allah)

Questions fréquentes

Que veut dire inchallah en français ?+

Inchallah veut dire « si Dieu le veut ». La formule arabe in shâ' Allâh se compose de in (si), shâ'a (a voulu) et Allâh (Dieu). Les musulmans la prononcent en parlant d'un projet futur, pour rappeler que sa réalisation dépend de la volonté divine. Elle vient du Coran, qui demande de ne pas dire « je le ferai demain » sans ajouter « si Allah le veut » (sourate 18, verset 24).

Comment écrire inchallah correctement ?+

En arabe, la formule s'écrit en trois mots : إن شاء الله. En lettres latines, toutes les transcriptions courantes sont admises : inchallah, inch'Allah, inshallah, in sha Allah. L'idée, répandue en ligne, selon laquelle « inshallah » en un mot signifierait « créer Dieu » ne tient pas : c'est l'écriture arabe qui fixe le sens, et elle sépare toujours les trois mots.

Que répondre à kheir inchallah ?+

Kheir inchallah signifie « du bien, si Dieu le veut ». On le dit en entendant le récit d'un rêve, une nouvelle inattendue, ou pour souhaiter qu'une situation tourne bien. La réponse la plus courante est « amin » (ainsi soit-il) ou « inchallah kheir ». Il n'existe pas de formule obligatoire : l'important est de s'associer au souhait.

Un non-musulman peut-il dire inchallah ?+

Oui. Les chrétiens arabophones l'emploient couramment, puisque Allah est le mot arabe pour Dieu, et beaucoup de Français non musulmans l'ont adopté par habitude. L'espagnol ojalá et le portugais oxalá viennent eux-mêmes de l'arabe andalou law shâ' Allâh. Le dire n'engage pas une conversion ; c'est la chahada, la profession de foi, qui fait entrer en islam.

Inchallah est-il dans le Coran ?+

Oui. L'expression exacte in shâ' Allâh apparaît six fois dans le Coran : sourate 2 verset 70, sourate 12 verset 99, sourate 18 verset 69, sourate 28 verset 27, sourate 37 verset 102 et sourate 48 verset 27. Les versets 23 et 24 de la sourate 18 en font une règle : ne jamais annoncer ce que l'on fera demain sans ajouter « si Allah le veut ».

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