Que veut dire salam aleykoum ?
Salam aleykoum transcrit la formule arabe as-salâmu 'alaykum (السلام عليكم). Elle se décompose en as-salâm, « la paix », 'alâ, « sur », et -kum, « vous ». La traduction est « la paix sur vous », que l'on rend en français par « que la paix soit sur vous ».
Le mot salâm vient de la racine s-l-m, qui exprime l'intégrité, la sécurité et la paix ; c'est celle de islâm et de muslim. Saluer par le salam, c'est donc souhaiter à l'autre d'être préservé de tout mal. La page salam présente le mot seul et ses emplois dans le Coran.
La formule est au pluriel même quand on s'adresse à une seule personne. Les savants l'expliquent par le respect, ou par l'idée que le salut s'adresse aussi aux anges qui accompagnent chaque être humain. On peut aussi dire as-salâmu 'alayka à un homme et 'alayki à une femme, mais l'usage courant garde le pluriel.
Que répondre à salam aleykoum ?
On répond wa 'alaykumu s-salâm (وعليكم السلام), « et sur vous la paix », prononcé en français wa aleykoum salam. La règle vient du Coran : « Si on vous fait une salutation, saluez d’une façon meilleure; ou bien rendez-la (simplement) » (sourate 4, verset 86).
Saluer d'une façon meilleure, c'est ajouter à ce que l'on a reçu. À as-salâmu 'alaykum, on peut répondre wa 'alaykumu s-salâm wa rahmatullâh ; à la formule qui contient déjà la miséricorde, on ajoute les bénédictions, wa barakâtuh.
Pour la majorité des juristes, commencer par le salam est une sunna, une pratique recommandée, alors que répondre est une obligation. Dans un groupe, il suffit qu'une personne réponde pour que les autres soient quittes ; les juristes parlent d'obligation collective. Répondre seulement « bonjour » à un salam n'est pas interdit, mais l'usage est de rendre la même formule.
As salam aleykoum wa rahmatullah wa barakatuh : la formule complète
La salutation complète est as-salâmu 'alaykum wa rahmatullâhi wa barakâtuh (السلام عليكم ورحمة الله وبركاته) : « que la paix soit sur vous, ainsi que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions ». Elle compte trois souhaits : la paix (salâm), la miséricorde (rahma) et les bénédictions (barakât, pluriel de baraka).
Un hadith rapporté par Abou Dâwoud et Tirmidhî raconte qu'un homme salua le Prophète par la formule courte, et que le Prophète dit « dix » ; un deuxième ajouta la miséricorde, et le Prophète dit « vingt » ; un troisième dit la formule complète, et le Prophète dit « trente ». Les savants comprennent qu'il s'agit du nombre de bonnes actions inscrites.
Le docteur Mohamed Chtatou, dans Al-'Ihsân : bonté et perfection, prend cet exemple pour expliquer l'ihsân, la recherche de l'excellence : dire as-salâmu 'alaykum est une bonne action, la formule complète est meilleure, et l'on s'approche encore de la perfection en serrant la main et en souriant (voir ihsan).
D'où vient la salutation de paix ? Coran et Sunna
Le Coran prescrit le salut entre croyants : « Quand donc vous entrez dans des maisons, adressez-vous mutuellement des salutations venant d’Allah, bénies et agréables » (sourate 24, verset 61). Il demande aussi de saluer les habitants d'une maison avant d'y entrer (sourate 24, verset 27). Dieu ordonne au Prophète d'accueillir les croyants par « Que la paix soit sur vous! » (sourate 6, verset 54), et c'est par ces mots que les anges accueilleront les élus au paradis (sourate 13, verset 24).
La tradition fait remonter la formule au premier homme. Selon un hadith rapporté par Boukhari et Muslim, Dieu demanda à Adam d'aller saluer un groupe d'anges ; il dit as-salâmu 'alaykum, et ils répondirent as-salâmu 'alayka wa rahmatullâh. Ce salut devint celui de sa descendance.
Un autre hadith, rapporté par Muslim, relie le salam à la fraternité : on n'entre au paradis qu'en croyant, on ne croit vraiment qu'en s'aimant les uns les autres, et le moyen de s'aimer est de répandre le salam entre soi. La salutation clôt aussi chaque prière : c'est le taslîm, as-salâmu 'alaykum wa rahmatullâh, dit à droite puis à gauche.
Quand et à qui dit-on salam aleykoum ?
On le dit en arrivant et en partant, en entrant dans une maison ou une mosquée, en commençant une lettre ou un message. Selon un hadith rapporté par Boukhari, celui qui est monté salue celui qui marche, celui qui marche salue celui qui est assis, le petit groupe salue le grand, et le plus jeune salue le plus âgé.
Saluer des non-musulmans par le salam fait l'objet d'avis divergents. Un hadith rapporté par Muslim demande de ne pas commencer par le salam avec les juifs et les chrétiens, et un autre, rapporté par Boukhari et Muslim, de leur répondre simplement wa 'alaykum. Plusieurs savants classiques s'en tiennent à cette lettre ; de nombreux savants contemporains rattachent ces textes à un contexte de conflit et jugent permis de saluer tout le monde, en s'appuyant sur le verset qui demande de rendre un salut par un salut égal ou meilleur.
La formule a aussi franchi les frontières religieuses. Oumma a relevé le « Salam Aleikoum » de la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern au Parlement, après l'attentat de Christchurch en 2019, et celui de l'eurodéputé Magid Magid, qui ouvrait ses interventions au Parlement européen par « Friends, as salam aleikoum ».
Salam aleykoum en arabe et ses graphies
En arabe, la formule s'écrit السلام عليكم, et la réponse وعليكم السلام. En lettres latines, toutes les transcriptions se rencontrent : salam aleykoum, salam alaykoum, salam alikoum, salamou alaykoum, assalamu alaykum, as-salamu alaykum. Dans les messages, on l'abrège souvent en slm ou en salam, et l'on écrit parfois salam 3alaykoum, le chiffre 3 notant la lettre 'ayn.
La prononciation varie selon les pays : salamou alikoum ou salam alikoum au Maghreb, selamün aleyküm en Turquie, assalam-o-alaikum au Pakistan. La formule a des équivalents dans d'autres langues sémitiques, comme l'hébreu shalom aleikhem, « la paix sur vous ».
Une précision d'écriture : la formule ne se confond pas avec 'alayhi s-salâm, « sur lui la paix », que l'on ajoute après le nom d'un prophète, ni avec sallallâhu 'alayhi wa sallam, l'eulogie propre au Prophète Muhammad.




