Que veut dire fi amanillah ?
Fi amanillah transcrit l'expression arabe fî amân Allâh (في أمان الله). Fî veut dire « dans », amân « sécurité, sauvegarde », et Allâh « Dieu » : « (sois) dans la sauvegarde de Dieu ». Le sens est celui d'un « que Dieu te garde » ou d'un « va en paix ». On rencontre aussi la forme longue fî amân Allâh wa hifzih, « dans la sauvegarde et la garde de Dieu ».
Amân appartient à la racine '-m-n, qui exprime la sécurité et la confiance. Elle a donné îmân, la foi, amîn, « digne de confiance », surnom du Prophète avant la révélation, amâna, le dépôt confié, et amin, que l'on dit à la fin des invocations. Dans le droit classique, l'amân désignait aussi le sauf-conduit accordé à un étranger ; c'est de là que vient le vieux mot français aman, dans l'expression « demander l'aman », se rendre en demandant la vie sauve.
Les graphies varient : fi amanillah, fi aman Allah, fiamanillah, fi amanilah. Toutes notent la même formule.
Quand dit-on fi amanillah ?
On dit fi amanillah pour prendre congé : en quittant un ami, en raccrochant, à la fin d'un courriel ou d'un message, et surtout quand l'autre part en voyage. Oumma en donne un exemple : Talha Mahamat Allim termine son article sur le jeûne du jour d'Arafat par un simple « Fi Amanillah » adressé aux lecteurs.
La réponse habituelle est de rendre la formule : « fi amanillah ». On entend aussi wa anta kadhâlik (à un homme) ou wa anti kadhâlik (à une femme), « et toi de même », ou ma'a s-salâma, « avec la paix », l'au revoir courant au Proche-Orient. Au Maghreb, on dit plus volontiers bslama ou Allah yhafdek, « que Dieu te protège ». Les mêmes idées existent ailleurs : en turc, Allah'a emanet ol, « sois confié à Dieu » ; en persan, khodâ hâfez, « Dieu (est ton) gardien ».
Pour saluer en arrivant, on emploie une autre formule, salam aleykoum, que l'on peut aussi redire en partant.
D'où vient fi amanillah ?
L'expression exacte ne se trouve ni dans le Coran ni dans les recueils de hadiths : c'est une formule de l'usage, née dans l'arabe parlé. Elle s'appuie toutefois sur une idée très présente dans les textes, celle de confier à Dieu ceux que l'on aime. Le prophète Jacob, contraint de laisser partir son fils, répond à ses autres enfants : « Mais Allah est le meilleur gardien » (sourate 12, verset 64). Son histoire est racontée sur la page consacrée à Jacob.
La tradition rapporte aussi une formule d'adieu du Prophète au voyageur. Selon un hadith rapporté par Abou Daoud et Tirmidhi, il lui disait : astawdi'u Allâha dînaka wa amânataka wa khawâtîma 'amalik, « je confie à Dieu ta religion, ta loyauté et la fin de tes œuvres ». Fi amanillah en est une version courte, entrée dans l'usage de tous les jours.

