Que veut dire taqabbal Allahu minna wa minkum ?
La formule compte quatre éléments. Taqabbala, « qu'Il accepte », « qu'Il agrée », vient de la racine q-b-l, celle de l'accueil et de l'acceptation. Allâhu est le sujet : Dieu. Minnâ veut dire « de nous » et wa minkum, « et de vous ». Le verbe est au passé, mais il prend en arabe la valeur d'un souhait : « que Dieu accepte de nous et de vous ».
Le complément est sous-entendu : ce sont les œuvres que l'on vient d'accomplir, le jeûne du Ramadan, les prières, l'aumône, le sacrifice de l'Aïd al-Adha. Le vœu ne souhaite donc pas seulement une bonne fête : il demande que l'effort fourni soit reçu par Dieu. On peut l'adapter à la personne : minka pour un homme, minki pour une femme, minkum pour plusieurs personnes ou par politesse.
Les graphies varient : taqabbal Allahu minna wa minkum, taqabbalallahu minna wa minkum, takabbal Allah minna wa minkoum.
D'où vient taqabbal Allahu minna wa minkum ?
L'idée vient du Coran, où les prophètes demandent à Dieu d'agréer leurs actes. En construisant la Kaaba, Abraham et Ismaël disent : « O notre Seigneur, accepte ceci de notre part! » (sourate 2, verset 127). Le récit des deux fils d'Adam rappelle la condition de cette acceptation : « Allah n’accepte, dit l’autre, que de la part des pieux » (sourate 5, verset 27).
La formule elle-même remonte aux compagnons du Prophète. Selon une tradition rapportée par Jubayr ibn Nufayr, et citée par Ibn Hajar dans son commentaire du recueil de Boukhari, ils se disaient en se retrouvant le jour de l'Aïd taqabbal Allâhu minnâ wa minka. Le Coran ne fixe aucune formule de vœux ; les savants rangent celle-ci parmi les usages recommandés de la fête, sans la rendre obligatoire.
Quand le dire et que répondre ?
On l'échange surtout à l'Aïd al-Fitr et à l'Aïd al-Adha, à la sortie de la prière de la fête, pendant les visites et dans les messages. Dans un article sur l'Aïd al-Fitr, Kamel Meziti décrit ce moment : à l'issue de la prière, les musulmans se saluent et s'étreignent en disant « Taqabbalallah minna wa minkoum ! » puis « Aïd Mubarak ! ». Certains le disent aussi à la fin du Ramadan, au retour du pèlerinage ou après une prière en commun ; les turcophones disent alors Allah kabul etsin, « que Dieu l'accepte ».
La réponse la plus simple est de reprendre la phrase entière, ou de dire minnâ wa minkum, « de nous et de vous », voire wa minkum. On peut aussi répondre « amin ». La formule se combine avec Aïd moubarak, « fête bénie », que l'on peut dire avant ou après. La page consacrée à l'Aïd el-Fitr présente les autres gestes de la fête.

