Que veut dire akhi ?
Akhi transcrit l'arabe akhî (أخي), formé du nom akh, « frère », et du suffixe possessif -î, « mon ». Le mot a deux pluriels qui n'ont pas tout à fait le même sens : ikhwa désigne d'abord les frères de sang, ikhwân les frères au sens large, compagnons ou membres d'une même communauté. C'est ce second pluriel qu'on retrouve dans le nom des Frères musulmans, al-Ikhwân al-muslimûn.
La forme féminine est ukhti, ukhtî, « ma sœur ». Pour parler à plusieurs hommes, on dit ikhwânî, « mes frères », et l'on entend souvent dans les sermons la formule ikhwatî, « mes frères », ou « mes frères et sœurs » en français.
Dans les dialectes du Maghreb, le mot courant pour « mon frère » est khouya ou khay. Ce sont eux qui ont donné en argot français kho et khey, alors qu'akhi garde la forme de l'arabe littéraire et une couleur plus religieuse.
Akhi dans le Coran : la fraternité entre croyants
Le mot akhî apparaît dans le Coran à propos de Moïse et d'Aaron. Chargé d'aller parler à Pharaon, Moïse demande un soutien : « et assigne-moi un assistant de ma famille: » (sourate 20, verset 29), puis précise : « Aaron, mon frère, » (sourate 20, verset 30). Il revient sur cette demande ailleurs : « Mais Aaron, mon frère, est plus éloquent que moi » (sourate 28, verset 34).
Le sens élargi, celui d'akhi entre croyants, s'appuie sur un autre verset : « Les croyants ne sont que des frères » (sourate 49, verset 10). La tradition prophétique le prolonge par un hadith rapporté par Boukhari et Mouslim : nul n'a vraiment la foi tant qu'il n'aime pas pour son frère ce qu'il aime pour lui-même. Appeler un inconnu akhi, c'est se placer dans cette fraternité qui ne doit rien au sang.
Comment s'emploie akhi aujourd'hui ?
À la mosquée ou dans une association, akhi sert à interpeller poliment un homme dont on ne connaît pas le prénom : « Akhi, tu peux te décaler ? ». Il peut aussi précéder le prénom, comme une marque d'affection ou de respect : « akhi Karim ». On y répond simplement, sans formule fixe, souvent en retournant le mot.
Dans le parler des jeunes en France, akhi, écrit aussi akhy ou akhii, est devenu l'équivalent de « frérot » ou de sahbi, « mon pote », y compris chez des jeunes qui ne sont pas musulmans. Employé comme nom, « un akhi » désigne parfois, avec une nuance d'ironie, un jeune homme très pratiquant. Le mot n'est jamais insultant ; c'est le ton qui en fait une marque de chaleur ou de distance.
