Que veut dire kho ?
Kho est une interpellation familière qui veut dire « frère » : « Kho, tu me dépannes ? », « Merci kho ». On l'adresse à un ami ou à un camarade, sans lien de parenté, comme on dirait « mon pote » ou « mon gars ». Il appartient au français des jeunes, au même titre que khey, wesh ou sahbi.
Le mot est tiré de khouya (خويا), « mon frère », en arabe algérien et marocain. Dans ces parlers, « frère » se dit khou (خو) et le suffixe -ya veut dire « mon ». Kho reprend donc le début du mot, comme le français abrège « frérot » en « frèr' ».
D'où vient khouya ?
En arabe classique, « frère » se dit akh (أخ) et « mon frère » akhî (أخي), qui a donné akhi. Les dialectes du Maghreb ont fait tomber la voyelle initiale : akh devient khou, et akhî devient khouya. Le féminin suit la même logique : ukhtî, « ma sœur », devient khti, l'équivalent dialectal d'ukhti.
Le pluriel dialectal est khawa, « des frères ». Il a fait le tour du monde en 2019 avec le slogan des manifestants du Hirak algérien, « Djeich, chaab, khawa khawa », « l'armée et le peuple sont frères ».
Dans une chronique publiée par Oumma, Parlons wech-wech, Akram Belkaïd cite un vers de rap où khouya est rendu par « frangin » : le mot circule tel quel dans la langue des jeunes, avant même son abréviation.
Kho, khey ou akhi : lequel employer ?
Les trois disent « frère ». Kho et khey sont des formes dialectales passées dans l'argot ; khey reprend la forme courte khay, entendue surtout en Algérie, et s'est davantage répandu sur internet. Akhi, en arabe classique, est souvent employé entre musulmans, avec une nuance de fraternité de foi. Kho, lui, n'engage rien de religieux. On l'écrit kho ou khô ; la forme pleine s'écrit khouya ou khoya.

