Que veut dire khlass ?
Khlass est une interjection qui signifie « c'est fini », « ça suffit », « on n'en parle plus ». On l'emploie pour clore une discussion (« Khlass, j'en ai marre de cette histoire »), pour dire qu'une tâche est terminée (« J'ai rendu le dossier, khlass ») ou pour couper court à une dispute. Au Maroc, on dit dans le même sens safi.
Le mot vient de l'arabe khalâs (خلاص). En arabe littéraire, khalâs est un nom qui veut dire « délivrance », « salut », « fin d'une épreuve ». Dans les dialectes, il est devenu une interjection, et les parlers du Maghreb font tomber la première voyelle : khlas. On l'entend aussi en Égypte et au Proche-Orient, sous la forme khalas.
Le ton change le sens. Dit sèchement, khlass ! coupe la parole : « assez ! ». Dit avec un soupir, il marque la résignation : « c'est fini, on n'y peut plus rien ». Posé en question, khlass ? demande si l'affaire est réglée : « c'est bon, on a terminé ? ».
Khlass et khallasser : pourquoi « payer » ?
Khlass appartient à la racine kh-l-s, qui exprime l'idée d'être libéré, quitte, débarrassé. Payer une dette, c'est s'en libérer : au Maghreb, le verbe khallas veut donc dire « payer », et en Algérie le khlass désigne aussi la paie, le salaire.
Ce sens est passé dans l'argot français des jeunes avec le verbe khallasser. Un article du Figaro repris par Oumma, « Wallah », « hess », « seum », cite un lycéen dijonnais qui écrit à ses amis « c'est moi qui khallass » et explique : « khallasser, ça veut dire payer ». Comme wesh ou seum, le mot est employé par des jeunes qui n'ont parfois aucun lien avec le Maghreb.
Khlass et al-Ikhlâs : une racine, deux sens
Beaucoup d'internautes cherchent « sourate al khlas ». Il s'agit de la sourate 112, al-Ikhlâs, « le monothéisme pur », qui affirme l'unicité de Dieu. Le mot ikhlâs vient de la même racine kh-l-s, prise au sens de « rendre pur, sans mélange » : il désigne la sincérité du culte rendu à Dieu seul, expliquée sur la page ikhlas.
Les deux mots sont donc cousins, mais ils ne se confondent pas : khlass est une interjection de la vie courante, sans valeur religieuse ; ikhlâs est une notion spirituelle. On écrit khlass, khlas, khalass ou khalas ; en arabe, خلاص.

