Que veut dire wakha ?
Wakha veut dire « d'accord », « OK », « ça marche ». C'est l'un des mots les plus courants de la darija, l'arabe parlé au Maroc : « On se retrouve à cinq heures ? Wakha ! ». Posé en question, wakha ? demande l'accord de l'autre : « d'accord ? », « ça te va ? ». Dans une conversation, wakha ponctue sans cesse les échanges, comme « OK » en français : il sert à acquiescer, à montrer qu'on écoute ou à clore un sujet. Un wakha sec, sans enthousiasme, signale qu'on cède sans être convaincu. On l'associe souvent à inchallah : wakha, inchallah, « d'accord, si Dieu le veut ». Redoublé, wakha wakha peut marquer l'empressement ou l'agacement, comme « oui, oui, ça va ».
Le mot a un second emploi, très fréquent : placé devant une phrase, il veut dire « même si » ou « bien que ». Wakha ghali, chrito, « même si c'était cher, je l'ai acheté ». L'origine exacte de wakha n'est pas établie avec certitude ; le mot n'existe pas en arabe littéraire.
Wakha au Maghreb et en France
Wakha est un marqueur de l'arabe marocain. Pour dire « d'accord », les Tunisiens emploient plutôt behi ; en Algérie, on répond volontiers wah, « oui ». Le mot voisine avec safi, « c'est bon, c'est réglé », autre mot typique du Maroc : wakha, safi, « d'accord, c'est entendu ».
En France, wakha s'entend surtout dans les familles d'origine marocaine et chez les jeunes qui en sont issus. Il est moins passé dans l'argot général que wesh, khlass ou walou.
Wakha, al-Wâqi'a : un faux ami
Les recherches « al wakha » visent presque toujours la sourate 56, al-Wâqi'a, « l'Événement », qui décrit le Jour du Jugement. Le nom wâqi'a vient de la racine w-q-', « tomber, survenir », et n'a aucun lien avec wakha.
Wakha s'écrit aussi wakkha, wakhkha ou oukha ; en arabe, واخا. Le kh se prononce comme la jota espagnole.
