Que signifie walima ?
Walima (وليمة, translittéré walîma, parfois écrit oualima) désigne le repas de noces. Les lexicographes arabes rattachent le mot à la racine w-l-m, qui exprime l'idée de réunion : le repas rassemble les proches autour des deux époux qui viennent d'être unis. Le verbe awlama signifie « offrir un festin ». Au sens large, l'arabe classique appelle walîma tout repas offert pour un heureux événement, mais l'usage religieux le réserve au mariage.
La walima suit le contrat de mariage, le nikah, qui est l'acte juridique proprement dit, avec le consentement, les témoins et la dot (mahr). Elle n'est pas une condition de validité du mariage : elle en est la célébration publique. Pour l'ensemble des règles du mariage, voir la page Mariage et famille en islam.
La walima dans la tradition du Prophète
Le Coran n'emploie pas le mot, mais un verset est lié à un repas de noces. Selon le récit d'Anas ibn Mâlik rapporté par Boukhari, le verset qui demande aux croyants de ne pas s'attarder chez le Prophète une fois le repas fini fut révélé après la walima de son mariage avec Zaynab bint Jahsh : « Puis, quand vous aurez mangé, dispersez-vous, sans chercher à vous rendre familiers pour causer » (sourate 33, verset 53).
Les recueils de hadiths en rapportent plusieurs. Le Prophète dit à 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf, qui lui annonçait son mariage, d'offrir un repas, ne serait-ce qu'avec un mouton (Boukhari et Muslim). Pour Zaynab, il fit servir du pain et de la viande ; pour Safiyya, au retour de Khaybar, un simple mélange de dattes, de fromage séché et de beurre. La leçon retenue par les juristes est que la walima se fait selon ses moyens.
Un autre hadith, rapporté par Boukhari et Muslim d'Abû Hurayra, dit que le pire des repas est le repas de noces où l'on invite les riches et d'où l'on écarte les pauvres, et que celui qui ne répond pas à l'invitation désobéit à Dieu et à Son messager.
Qui l'organise, quand, et faut-il y aller ?
Pour la majorité des savants, la walima est une sunna mu'akkada, une pratique fortement recommandée ; quelques-uns, notamment les zâhirites, la jugent obligatoire. Elle revient en principe au marié, mais rien n'empêche les familles d'y contribuer, comme c'est l'usage dans la plupart des pays.
Son moment varie : au contrat, à la nuit de noces ou dans les jours qui suivent. Les malikites la placent de préférence après la consommation du mariage. Beaucoup de savants déconseillent de la prolonger au-delà de deux jours, par crainte de l'ostentation.
Répondre à l'invitation à une walima est obligatoire pour la majorité des juristes, contrairement aux autres invitations, simplement recommandées, sauf excuse valable ou présence de choses blâmables. Le jeûneur volontaire peut s'y rendre sans manger et faire une invocation (du'â) pour les mariés.
La walima aujourd'hui
En France comme au Maghreb, la walima se confond souvent avec la fête de mariage : salle louée, traiteur, plats de fête comme le couscous ou le méchoui. Le coût de ces réceptions, parfois très élevé, alimente un débat récurrent chez les imams, qui rappellent que la tradition demande un repas, pas un étalage, et que la dépense ne doit pas retarder les mariages.
L'esprit de partage revient dans certaines initiatives. En août 2015, Oumma racontait comment de jeunes mariés turcs avaient distribué leur repas de noces à des réfugiés syriens dans un camp proche de la frontière, à l'idée du père du marié. Une façon de renouer avec le hadith qui demande de ne pas oublier les pauvres, dans l'esprit de la sadaqa.

