Que signifie 'aqîqa ?
Cette entrée explique le mot et résume les règles. Pour l'accueil du nouveau-né, le choix du prénom et la circoncision, voir la page complète sur la naissance et les prénoms.
'Aqîqa (عقيقة), que l'on écrit aussi aqiqa, akika ou 'aqiqah, vient de la racine '-q-q, qui exprime l'idée de fendre, de couper. Les lexicographes arabes expliquent que le mot désignait d'abord les cheveux avec lesquels l'enfant naît, puis, par extension, la bête sacrifiée le jour où on les rase. L'usage existait avant l'islam, qui l'a conservé en lui donnant le sens d'un remerciement adressé à Dieu.
La même racine a donné 'uqûq, l'ingratitude envers les parents. Selon un hadith rapporté par Abou Daoud et Nasâ'î, le Prophète, interrogé sur la 'aqîqa, répondit qu'Allah n'aime pas le 'uqûq, comme s'il n'aimait pas le mot, puis autorisa celui à qui naît un enfant à sacrifier pour lui. Certains savants préfèrent pour cette raison le terme nasîka, « sacrifice ». Au Maghreb, la fête du septième jour s'appelle souvent le sbou' (du chiffre sept).
Que dit la tradition sur la 'aqîqa ?
La 'aqîqa ne figure pas dans le Coran : elle repose sur la sunna. Le hadith principal, rapporté par Abou Daoud, Tirmidhi, Nasâ'î et Ibn Mâja, d'après Samura ibn Jundub, dit que chaque enfant est gagé par sa 'aqîqa : on sacrifie pour lui le septième jour, on lui rase la tête et on lui donne son nom. La tradition rapporte aussi que le Prophète fit la 'aqîqa de ses petits-fils Hasan et Husayn.
Un autre usage y est lié : peser les cheveux rasés et donner leur poids en argent aux pauvres. Selon une tradition rapportée par Tirmidhi, Fatima le fit pour Hasan sur l'ordre du Prophète.
La viande se partage entre la famille, les proches et les pauvres, souvent cuite et servie lors d'un repas. Le geste se distingue du sacrifice de l'Aïd al-Adha, lié au pèlerinage, et du repas de noces (walîma). Il s'inscrit dans la gratitude (shukr) pour la naissance.
Aqiqa pour un garçon ou une fille, aqiqa après 21 jours : les avis des écoles
Le statut varie. Les chaféites et les hanbalites y voient une sunna confirmée, les malikites un acte recommandé, et les hanafites un acte permis, sans obligation. Quelques savants, dont les zahirites, la tenaient pour obligatoire. Pour tous, elle n'est pas due par celui qui n'en a pas les moyens.
Le nombre de bêtes est le point le plus discuté. Un hadith rapporté par Abou Daoud et Tirmidhi mentionne deux moutons équivalents pour un garçon et un pour une fille, ce que retiennent les chaféites et les hanbalites. Les malikites, qui s'appuient sur la 'aqîqa du Prophète pour ses petits-fils, comptent une bête pour un garçon comme pour une fille. L'animal répond en général aux mêmes conditions d'âge et de santé que celui de l'Aïd.
La date fait aussi débat, d'où la question fréquente de l'« aqiqa après 21 jours ». Les hanbalites, s'appuyant sur une parole attribuée à Aïcha, retiennent le septième jour, à défaut le quatorzième, à défaut le vingt-et-unième, puis n'importe quel jour. Les chaféites admettent qu'elle soit faite plus tard, jusqu'à la puberté de l'enfant. L'avis malikite le plus connu la limite au septième jour.
La 'aqîqa en France aujourd'hui
Dans son article sur la prière de consultation, Azzedine Gaci range la 'aqîqa parmi les pratiques de la sunna qui sont revenues chez les musulmans de France, comme le jeûne des six jours de Chawwâl, et souligne la question du sens et des finalités qu'elles posent.
En France, l'abattage doit se faire dans un abattoir agréé. Beaucoup de familles confient donc l'achat et le sacrifice à une boucherie, une association ou un organisme humanitaire qui distribue la viande, parfois à l'étranger. Les savants admettent ce recours à un mandataire, à condition que l'abattage respecte les règles du halal et soit fait au nom de l'enfant.

