Que signifie nikah ?
Cette entrée explique le mot. Pour les conditions du mariage, le tuteur, la dot, la polygamie ou le divorce, voir la page complète Mariage et famille en islam.
Nikâh (نكاح), écrit aussi nikah ou nikkah, vient de la racine n-k-ḥ. Les lexicographes arabes lui donnent deux sens : l'union charnelle et le contrat de mariage. Les juristes se sont demandé lequel était premier. Pour les hanafites, le sens propre est l'union, le contrat n'étant qu'un sens dérivé ; pour les chaféites, c'est l'inverse. Le droit retient le nikâh comme un contrat ('aqd an-nikâh) qui rend licite la vie commune et crée des droits pour chacun, dont le mahr dû à l'épouse.
L'autre mot du mariage est zawâj, de zawj, « paire » ou « conjoint », plus courant dans l'arabe d'aujourd'hui. Le repas de noces se dit walîma, la répudiation talâq.
Le mot nikah dans le Coran
Le nom nikâh apparaît dans cinq versets. Deux parlent du contrat lui-même, 'uqdat an-nikâh, littéralement « le nœud du mariage » : « Et ne vous décidez au contrat de mariage qu'à l'expiration du délai prescrit » (sourate 2, verset 235), allusion à la idda des veuves. Un autre emploie le mot pour l'âge de se marier, à propos des orphelins (sourate 4, verset 6), et un autre encore pour ceux qui n'ont pas les moyens de se marier (sourate 24, verset 33). Le verbe nakaha, « épouser », revient beaucoup plus souvent.
Le Coran qualifie le mariage d'« engagement solennel » (mîthâq ghalîz, sourate 4, verset 21) et le décrit comme un signe de Dieu : « Il a mis entre vous de l'affection et de la bonté » (sourate 30, verset 21). Azzedine Gaci s'appuie sur ce verset dans Halal, haram, droits, devoirs… et après ? pour regretter un discours sur le mariage trop centré sur le contrat.
Nikah et mariage civil en France
En France, « faire son nikah » désigne la cérémonie religieuse, souvent célébrée par un imam avec lecture de la Fâtiha devant témoins. Le Code pénal interdit à un ministre du culte de célébrer un mariage religieux sans acte de mariage civil préalable. En 2019, le Conseil théologique des imams du Rhône a rappelé cette obligation, en citant des femmes mariées religieusement, puis abandonnées, qui ne pouvaient obtenir de divorce.
Le mot sert aussi à nommer d'autres formes d'union : le nikâh al-misyar, où l'épouse renonce à certains droits, étudié par Khalid Chraibi dans Le mariage misyar, ou le nikâh al-mut'a, mariage temporaire admis par les chiites duodécimains et rejeté par les sunnites.







