Kafan

كفن

Prononciation : kafan · Autres graphies : linceul, kafn

Définition

Kafan : Linceul de tissu blanc simple dans lequel le défunt est enveloppé après la toilette, sans vêtement cousu. Pour l'homme, on recommande trois pièces de tissu, pour la femme cinq selon la tradition de plusieurs écoles. La simplicité est de mise.

Que signifie kafan ?

Kafan (كفن), que l'on trouve aussi écrit kafn, désigne le linceul : les pièces de tissu dans lesquelles on enveloppe le défunt avant de l'enterrer. Le mot vient de la racine k-f-n, qui exprime l'idée d'envelopper et de couvrir ; le verbe kaffana signifie « ensevelir dans un linceul » et le pluriel akfân désigne les linceuls. Le mot ne figure pas dans le Coran : les règles viennent de la tradition prophétique et du travail des juristes.

Le kafan est la deuxième étape des funérailles musulmanes (janâza). Il suit le ghusl mortuaire, la toilette rituelle, et précède la prière funéraire et l'inhumation. Comme la toilette, l'ensevelissement est pour la majorité des savants une obligation collective (fard kifâya). L'ensemble de ces rites est décrit sur la page La mort et le deuil en islam.

Comment est composé le linceul ?

La référence est un hadith d'Aïcha rapporté par Boukhari et Muslim : le Prophète fut enveloppé dans trois pièces de coton blanc du Yémen, sans chemise ni turban. Une autre parole, rapportée notamment par Tirmidhi, recommande le blanc, « le meilleur de vos vêtements », pour vêtir les vivants et envelopper les morts.

Pour un homme, la majorité des écoles recommande donc trois grandes pièces dans lesquelles le corps est roulé l'une après l'autre. Les hanafites décrivent plutôt un pagne (izâr), une chemise sans couture (qamîs) et un grand drap (lifâfa). Pour une femme, la recommandation la plus courante est de cinq pièces : un pagne, une chemise, un voile pour la tête et deux draps. Dans tous les cas, une seule pièce qui couvre tout le corps suffit à remplir l'obligation.

Le tissu est propre et sans ornement, souvent du coton. On parfume en général le linceul et les parties du corps qui touchaient le sol lors de la prosternation. Le linceul est fermé par des liens à la tête et aux pieds, que l'on dénoue dans la tombe.

Simplicité et cas particuliers

La tradition déconseille le luxe dans le linceul : un tissu propre et ordinaire vaut mieux qu'une étoffe coûteuse. Les juristes placent en revanche les frais du kafan et de l'enterrement avant le paiement des dettes du défunt, puis des legs et de l'héritage : nul ne doit être enterré sans linceul faute d'argent. Le récit de Mus'ab ibn 'Umayr, mort à la bataille d'Uhud et dont le seul manteau, trop court, ne couvrait pas à la fois la tête et les pieds, est souvent cité pour rappeler cette sobriété.

Deux cas font exception. Le martyr tombé au combat est enterré dans ses vêtements. Le pèlerin mort en état d'ihrâm est enveloppé dans ses deux pièces de tissu, sans parfum et la tête découverte, car il sera ressuscité, selon un hadith rapporté par Boukhari et Muslim, en prononçant la formule du pèlerinage.

Le rapprochement entre les deux habits est ancien. Dans Le Hajj : une marche vers Dieu, Mohamed Chtatou rappelle que pour al-Ghazâlî, revêtir l'ihrâm préfigure le linceul. Abd al-Wadoud Gouraud compare de même, dans son introduction au pèlerinage, l'habit du pèlerin au lange du nouveau-né et au linceul du défunt.

Le kafan en France

En France, l'inhumation se fait obligatoirement en cercueil. Les familles musulmanes enveloppent donc le défunt dans son kafan, puis le placent dans le cercueil, souvent dans un carré musulman ou avant un rapatriement vers le pays d'origine. Les pompes funèbres musulmanes et les associations qui pratiquent la toilette fournissent en général le linceul.

Certains pèlerins rapportent de La Mecque un tissu blanc qu'ils réservent à leur propre linceul, un usage populaire sans fondement obligatoire. L'imam Ibrahim Halitim, dans Les droits du mourant(e) et du défunt(e), résume l'ordre des gestes : après la purification, on met le défunt dans un linceul, on fait la prière mortuaire puis on le met en terre.

Pour comprendre en détail : La mort et le deuil

Questions fréquentes

Combien de pièces de tissu pour le linceul d'un homme et d'une femme ?+

La majorité des écoles recommande trois pièces pour un homme, sur le modèle du linceul du Prophète, et cinq pour une femme : un pagne, une chemise, un voile pour la tête et deux draps. Ce sont des recommandations. Une seule pièce qui couvre entièrement le corps suffit pour que l'obligation soit remplie, en particulier quand les moyens manquent.

Pourquoi le linceul musulman est-il blanc ?+

Le Prophète fut enveloppé dans trois pièces de coton blanc, selon un hadith d'Aïcha rapporté par Boukhari et Muslim, et une autre parole recommande le blanc pour vêtir les vivants et envelopper les morts. Le blanc n'est pas une condition de validité : tout tissu propre et décent convient, mais l'usage du blanc est presque universel.

Comment dit-on linceul en arabe ?+

Linceul se dit kafan (كفن), pluriel akfân. Le verbe kaffana signifie envelopper le défunt dans son linceul, et le mot appartient à la racine k-f-n, « envelopper, couvrir ». On rencontre aussi la graphie kafn. Le mot désigne le linceul lui-même, alors que l'ensemble des funérailles se dit janâza.

Peut-on enterrer un musulman sans cercueil en France ?+

Non. Le droit funéraire français impose la mise en bière avant l'inhumation. Le défunt est donc enveloppé dans son kafan puis placé dans un cercueil. Dans plusieurs pays musulmans, l'inhumation se fait au contraire directement en pleine terre, le corps reposant sur le côté droit, tourné vers la qibla.

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