Halal

حلال

Prononciation : ḥalāl · Autres graphies : hallal, halâl, hlel, licite

Définition

Halal : Ce qui est permis par la loi islamique. Le terme s'applique à l'alimentation, mais aussi aux actes, aux gains et aux contrats. En matière de viande, il suppose notamment l'abattage rituel selon des règles précises. Son contraire est haram.

Que signifie le mot halal ?

Cette entrée explique le mot. Pour les aliments interdits, l'abattage rituel, les produits douteux et la certification, voir la page complète sur le halal.

Halal (حلال, halâl) vient de la racine h-l-l, dont le sens premier est « délier, dénouer ». Ce qui est halal est ce qui est « délié » de l'interdit. La même racine donne tahallul, le moment où le pèlerin sort de l'état de sacralisation (ihrâm) et retrouve ce qui lui était défendu, et halla, « faire halte, s'installer ».

En français, on écrit halal ou hallal ; le mot est invariable (« des produits halal »). Son contraire est haram. Entre les deux, les juristes placent le permis neutre (mubâh) et le déconseillé (makrûh).

Le mot halal dans le Coran

Le Coran emploie halâl et le verbe ahalla, « rendre licite », en couple avec l'interdit : « Allah a rendu licite le commerce, et illicite l'intérêt » (sourate 2, verset 275). Il réserve à Dieu le droit de fixer ce partage et blâme ceux qui disent d'eux-mêmes « Ceci est licite, et cela est illicite » (sourate 16, verset 116).

Le mot s'accompagne souvent de tayyib, « bon, pur » : « O gens! De ce qui existe sur la terre; mangez le licite pur » (sourate 2, verset 168). Saïd Moustarhim, dans Le halal, un concept qui relève de la morale et non du légal, relève quatre versets qui accolent les deux mots et en conclut que réduire le halal à l'abattage est réducteur : tayyib désigne aussi ce qui est sain et de bonne qualité.

Un verset élargit aussi le licite aux gens du Livre : « Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise » (sourate 5, verset 5).

Les emplois du mot halal

Halal qualifie un aliment, mais aussi un revenu (rizq halâl, un gain honnête), une relation ou un contrat. Fethallah Otmani le résume dans Le halal, une éthique en actes, en paroles et dans sa consommation : le halal concerne les actes, les paroles et la consommation. Au Maghreb, hlal désigne aussi ce qui est légitime dans la famille : bent l-hlal est une jeune femme qu'on épouse dans les règles.

En France, le mot est surtout entré dans la langue avec les boucheries et les rayons « halal », au point de devenir pour beaucoup un synonyme de « viande abattue selon le rite ».

Ce que halal ne veut pas dire

Halal ne signifie pas « béni » : une viande halal n'est pas sanctifiée, elle est permise. Le mot ne désigne pas non plus une marque ou un label. Les logos apposés sur les emballages sont des certifications privées, dont les critères varient, et le projet de norme française de 2017 a été contesté par les représentants du culte, comme le rappelle l'article Le halal, entre normalisation et marchandisation.

Enfin, halal ne s'oppose pas à « laïque » ou à « français » : il qualifie un choix de conscience. Pour Saïd Moustarhim, le halal se pratique plus qu'il ne se vend, et le rôle des savants est d'éclairer, non de décider à la place du croyant.

Exemple d'emploi

Ce restaurant sert de la viande halal.

Dans le Coran

  • Coran

    « O gens! De ce qui existe sur la terre; mangez le licite pur; ne suivez point les pas du Diable car il est vraiment pour vous, un ennemi déclaré. »

    Sourate 2, verset 168 →
  • Coran

    « Et ne dites pas, conformément aux mensonges proférés par vos langues: «Ceci est licite, et cela est illicite», pour forger le mensonge contre Allah. Certes, ceux qui forgent le mensonge contre Allah ne réussiront pas. »

    Sourate 16, verset 116 →
  • Coran

    « Ceux qui mangent [pratiquent] de l’intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu’ils disent: «Le commerce est tout à fait comme l’intérêt». Alors qu’Allah a rendu licite le commerce, et illicite l’intérêt. Celui, donc, qui cesse dès que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu’il a acquis auparavant; et son affaire dépend d’Allah. Mais quiconque récidive… alors les voilà, les gens du Feu! Ils y demeureront éternellement. »

    Sourate 2, verset 275 →

Traduction de Muhammad Hamidullah.

Pour comprendre en détail : Charia, fiqh et halal, Alimentation et halal, Le henné

Questions fréquentes

Que veut dire halal en arabe ?+

Halal signifie « permis » ou « licite ». Le mot vient de la racine h-l-l, « délier », car ce qui est halal est libéré de l'interdit. Il s'applique à la nourriture, mais aussi aux gains, aux actes et aux contrats. Son contraire est haram, « interdit ».

Quelle est la différence entre halal et haram ?+

Halal désigne ce qui est permis, haram ce qui est interdit. Pour la majorité des savants, le principe est la permission : tout est halal sauf ce qu'un texte interdit. Le Coran réserve à Dieu le droit de fixer ce partage (sourate 16, verset 116). Entre les deux, les juristes distinguent le recommandé, le permis neutre et le déconseillé.

Halal veut-il dire seulement viande abattue selon le rite ?+

Non. C'est le sens le plus courant en France, mais il est étroit. Halal qualifie tout ce que la religion permet : un aliment, un revenu honnête, un contrat, un mariage. Le Coran associe souvent le mot à tayyib, « bon et pur », ce qui donne au halal une dimension éthique. Les règles de l'abattage sont détaillées sur la page halal.

Faut-il écrire halal ou hallal ?+

Les deux graphies existent en français ; halal est la plus courante et la plus proche de l'arabe حلال, où la voyelle longue tombe sur la seconde syllabe (halâl). Le mot est invariable : on écrit « des produits halal ». Au Maghreb, on entend aussi hlal ou hlel.

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