École hanbalite

حنبلية

Prononciation : ḥanbaliyya · Autres graphies : hanbalisme, hanbalite, Ahmad ibn Hanbal

Définition

École hanbalite : Une des quatre écoles juridiques sunnites, issue de l'enseignement d'Ahmad ibn Hanbal (m. 855) à Bagdad. Elle donne une primauté marquée aux textes (Coran et hadith). Elle est majoritaire en Arabie saoudite et au Qatar.

Qu'est-ce que l'école hanbalite ?

L'école hanbalite, ou hanbalisme, est l'une des quatre écoles juridiques (madhhab) du sunnisme, aux côtés des écoles hanafite, malikite et chaféite. L'arabe dit al-hanbaliyya (حنبلية) ; on écrit aussi hambalisme ou hanbalite. C'est la plus récente des quatre et celle qui compte le moins de fidèles.

Comme les autres, elle traite du fiqh : culte, famille, contrats. Mais le nom « hanbalite » désigne aussi, dans l'histoire, une attitude théologique : fidélité littérale aux textes et méfiance envers la théologie spéculative (kalâm). Les deux sens se recoupent sans se confondre.

Qui était Ahmad ibn Hanbal ?

Ahmad ibn Hanbal naît à Bagdad en 780 (164 de l'hégire) et y meurt en 855. Il parcourt l'Irak, le Hijaz, le Yémen et la Syrie pour recueillir des hadiths, et suit un temps l'enseignement de l'imam al-Shâfi'î. Son œuvre majeure, le Musnad, réunit les hadiths classés par Compagnon qui les a transmis.

Sa célébrité vient de la mihna, l'« épreuve » lancée en 833 par le calife al-Ma'mûn : les savants devaient affirmer que le Coran est créé, comme le soutenaient les théologiens mu'tazilites. Ibn Hanbal refuse. Il est emprisonné et fouetté sous le calife suivant, puis la politique est abandonnée sous al-Mutawakkil. Sa résistance fait de lui une figure de la fidélité à la Sunna.

Hocine Kerzazi rappelle, dans Les icônes vénérées du salafisme, qu'Ibn Hanbal fut d'abord un grand traditionniste plutôt que le fondateur d'une école, et qu'il était proche des soufis de son temps. Éric Geoffroy rapporte dans Initiation au soufisme qu'il consultait des maîtres spirituels comme Ma'rûf al-Karkhî sur des questions difficiles.

La méthode hanbalite : le texte d'abord

Les hanbalites placent en tête le Coran et la Sunna, puis les avis des Compagnons du Prophète. Ils n'ont recours à l'analogie (qiyâs) qu'en dernier lieu, et on attribue à Ibn Hanbal la préférence pour un hadith faible plutôt que pour une opinion personnelle. Le consensus (ijmâ') n'est admis que dans un sens étroit, celui des premières générations.

Cette prudence envers le raisonnement n'en fait pas une école figée. Dans les contrats et les échanges, les hanbalites partent du principe que tout est permis sauf ce qu'un texte interdit, ce qui leur donne une grande souplesse en matière commerciale. Parmi leurs avis propres en matière de culte, ils comptent la consommation de viande de chameau parmi ce qui annule les ablutions (wudû').

L'école a ses grands juristes, comme Ibn Qudâma (mort en 1223), auteur d'al-Mughnî, une somme qui expose aussi les avis des autres écoles, et ses grands spirituels, comme 'Abd al-Qâdir al-Jîlânî (mort en 1166), fondateur de la confrérie qâdiriyya.

Où suit-on l'école hanbalite ?

Longtemps implanté à Bagdad et à Damas, le hanbalisme a reculé jusqu'au XVIIIe siècle, où il trouve un nouvel élan dans le Najd, au centre de l'Arabie. Il est aujourd'hui l'école officielle de l'Arabie saoudite et domine au Qatar ; on le trouve aussi dans d'autres pays du Golfe et en Syrie. En France, il n'a pas de communauté propre, mais ses auteurs circulent par les livres et les sites venus d'Arabie saoudite.

Hanbalisme, Ibn Taymiyya et salafisme : ne pas confondre

Le théologien damascène Ibn Taymiyya (1263-1328) est issu d'une famille de savants hanbalites, mais il a souvent pris ses distances avec sa propre école. Le dominicain Adrien Candiard le rappelle dans un entretien avec Oumma, et Qais Assef montre dans Ibn Taymiyya : une condamnation du soufisme ? qu'il critiquait certaines pratiques soufies sans rejeter le soufisme en bloc.

Au XVIIIe siècle, Muhammad ibn 'Abd al-Wahhâb, formé dans le hanbalisme, lance le mouvement appelé wahhabisme, allié à la dynastie saoudienne. Le salafisme contemporain se réclame d'Ibn Hanbal et d'Ibn Taymiyya, mais beaucoup de salafistes refusent de suivre une école juridique. Être hanbalite ne fait donc pas de quelqu'un un salafiste, et l'inverse non plus.

Pour comprendre en détail : Le sunnisme, Le tachahoud, La prière du voyageur

Questions fréquentes

Quels pays suivent l'école hanbalite ?+

L'école hanbalite est l'école officielle de l'Arabie saoudite et domine au Qatar. Elle est aussi présente dans d'autres pays du Golfe et en Syrie, où elle fut longtemps implantée à Damas. C'est la moins nombreuse des quatre écoles sunnites : la plupart des musulmans suivent l'école hanafite, chaféite ou malikite.

Qui était l'imam Ahmad ibn Hanbal ?+

Ahmad ibn Hanbal (780-855) est un savant de Bagdad, spécialiste du hadith et auteur du Musnad. Il est célèbre pour avoir refusé, pendant la mihna lancée en 833, d'affirmer que le Coran est créé, ce qui lui valut la prison et le fouet. Il fut l'élève de l'imam al-Shâfi'î et a donné son nom à la quatrième école juridique sunnite.

Les hanbalites sont-ils des salafistes ?+

Non, pas nécessairement. Le hanbalisme est une école juridique vieille de plus de mille ans, qui a compté des juristes, des théologiens et de grands soufis comme 'Abd al-Qâdir al-Jîlânî. Le salafisme contemporain se réclame d'Ibn Hanbal et d'Ibn Taymiyya, mais nombre de ses partisans rejettent l'idée même de suivre une école.

Quelle est la particularité de l'école hanbalite ?+

Elle donne la priorité aux textes : le Coran, les hadiths, même de moindre solidité, et les avis des Compagnons passent avant l'analogie. Elle se méfie de la théologie spéculative. En revanche, elle est souple dans les contrats, où tout est permis sauf ce qu'un texte interdit. Elle tient aussi la viande de chameau pour une cause d'annulation des ablutions.

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