Que veut dire yaani ?
Yaani (يعني, ya'nî) veut dire mot à mot « il veut dire » ou « cela signifie ». C'est la troisième personne du verbe arabe 'anâ, « signifier, vouloir dire ». La même racine a donné ma'nâ, « le sens », et ma'ânî, « les significations », nom d'une des disciplines de la rhétorique arabe.
Dans la conversation, yaani a perdu ce sens plein pour devenir un mot de liaison. Il sert à reformuler (« c'est-à-dire »), à chercher ses mots (« euh », « genre »), à résumer (« bref ») ou à nuancer (« enfin, plus ou moins »). Seul, en réponse à « ça va ? » ou « c'était bien ? », yaani signifie « bof », « comme ci comme ça ».
Un mot de tous les arabophones
Contrairement à wesh ou zarma, propres au Maghreb, yaani s'entend dans tout le monde arabe : au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Égypte, au Liban comme dans le Golfe. Il émaille aussi l'arabe parlé des journalistes et des responsables politiques, même quand ils s'expriment en arabe standard.
Le mot a voyagé au-delà de l'arabe avec l'islam et le commerce. Le turc emploie yani à chaque phrase, avec le même sens de « c'est-à-dire » ; le persan et l'ourdou disent aussi ya'ni.
En France, yaani s'entend surtout dans les familles arabophones, dans des phrases mêlées de français : « Yaani, il n'a pas voulu venir ». Il est moins passé dans l'argot général que wallah ou khlass.
Yaani, ya3ni, yani : comment l'écrire ?
Le mot commence par la lettre 'ayn (ع), un son guttural absent du français. D'où des graphies multiples : yaani, yani, ya'ni ou ya3ni en arabizi, l'écriture de l'arabe en lettres latines où le chiffre 3, qui ressemble à la lettre ع, la représente. En turc, on écrit yani.
Yaani n'a aucun sens religieux. Il ne faut pas le confondre avec la particule d'appel yâ, « ô », que l'on trouve dans ya rabbi, « ô mon Seigneur ».
