Yallah

يا الله

Prononciation : yā Allāh · Autres graphies : yalla, yalah, ya Allah, yella

Définition

Yallah : Littéralement « ô Dieu ». Dans le langage courant, c'est une interjection qui signifie « allez ! », « on y va ! » ou « dépêche-toi ». Elle a perdu en grande partie son sens religieux dans cet usage.

Que veut dire yallah ?

Yallah (ou yalla, يلا) est une interjection qui pousse à agir : « allez ! », « on y va ! », « vas-y ! », « dépêche-toi ! ». Elle se dit pour donner le départ (« Yallah, on y va »), presser quelqu'un (« Yallah, on va être en retard ! ») ou encourager (« Yallah, tu peux le faire »). Répétée, « yallah yallah », elle marque l'impatience.

L'explication la plus courante rattache le mot à yâ Allâh (يا الله), « ô Dieu » : yâ est la particule d'appel et Allâh le nom de Dieu. À force d'emploi, les deux mots se sont fondus en un seul et l'invocation est devenue un simple encouragement. La plupart de ceux qui disent yalla aujourd'hui ne pensent pas à Dieu en le disant, et l'on écrit d'ailleurs le mot en arabe يلا, sans le nom divin.

Les graphies varient : yallah, yalla, yala, yella. Les deux formes principales, avec ou sans h final, ont le même sens.

Yalla du Maghreb au Proche-Orient

Yalla est l'un des mots les plus communs de l'arabe parlé, du Maroc à l'Irak. Au Liban, en Syrie, en Palestine et en Égypte, on dit yalla bina, « allons-y » (mot à mot « allez, avec nous »), et les Libanais terminent volontiers une conversation téléphonique par « yalla, bye ». Au Maghreb, yallah s'emploie de la même façon, à côté de mots propres aux dialectes comme fissa, « vite ». Les parlers marocain et algérien lui connaissent aussi un second sens, « à peine », « tout juste » : yallah wsel, « il vient tout juste d'arriver ». Le contexte suffit à distinguer les deux emplois : en tête de phrase, yallah encourage ; devant un verbe au passé, il marque que l'action vient de se produire.

Le mot a franchi les frontières de l'arabe. L'hébreu parlé en Israël l'emploie couramment au sens de « allez ». Le turc connaît yallah, souvent avec une nuance plus sèche : « allez, file ! ». En français, il est arrivé avec l'immigration maghrébine et s'est diffusé, comme wesh ou kif-kif, bien au-delà des familles arabophones : « Yallah, on bouge ! » s'entend dans toutes les cours de récréation.

Ya Allah : l'invocation

Prononcé en détachant les deux mots, yâ Allâh garde son sens premier : « ô Allah ». C'est une manière directe d'appeler Dieu dans le dou'a, l'invocation personnelle : « Ya Allah, pardonne-moi », « Ya Allah, donne-moi la patience ». En arabe, on l'écrit يا الله. Dans les hadiths, le Prophète emploie plus souvent la forme Allâhumma, qui a le même sens ; les deux sont admises. Pour les grammairiens arabes, la finale -mma d'Allâhumma tient lieu de la particule yâ : c'est pourquoi l'arabe soigné ne dit pas « yâ Allâhumma », mais soit yâ Allâh, soit Allâhumma.

On associe souvent ya Allah à d'autres noms divins : yâ Allâh, yâ Raḥmân, yâ Karîm. Le Coran y invite : « C’est à Allah qu’appartiennent les noms les plus beaux. Invoquez-Le par ces noms » (sourate 7, verset 180). La page Allah présente ces noms. En revanche, les messages qui promettent la fin de tous ses problèmes à qui enverra « ya Allah, ya Karim » à quinze personnes n'ont aucun fondement dans le Coran ni dans les hadiths reconnus.

Oumma a cité la prière du rugbyman néo-zélandais Sonny Bill Williams, converti à l'islam : « Quand je lève les mains, je demande à Dieu : Ya Allah, guide-moi s'il te plaît », racontait-il en 2019 lors de sa conférence de presse à Toronto. On invoque aussi Dieu comme Seigneur : ya rabbi, « ô mon Seigneur ».

Yallah, wallah, inchallah : ne pas confondre

Ces mots se ressemblent à l'oreille mais n'ont rien de commun. Yallah pousse à agir, « allez ! ». Wallah, « par Dieu », est un serment, que les jeunes emploient au sens de « je te jure ». Inchallah, « si Dieu le veut », se dit d'un projet futur. On peut les entendre dans la même phrase : « Yallah, on y va ! On arrive à l'heure, inchallah. »

Yallah n'est pas non plus un synonyme d'Allahou akbar ou d'une autre formule religieuse : dans son usage courant, c'est un mot de la vie de tous les jours, sans portée de prière.

Exemple d'emploi

Yallah, on va être en retard !

Dans le Coran

  • Coran

    « C’est à Allah qu’appartiennent les noms les plus beaux. Invoquez-Le par ces noms et laissez ceux qui profanent Ses noms: ils seront rétribués pour ce qu’ils ont fait. »

    Sourate 7, verset 180 →

Traduction de Muhammad Hamidullah.

Questions fréquentes

Que veut dire yallah ?+

Yallah (ou yalla) veut dire « allez ! », « on y va ! » ou « dépêche-toi ! ». C'est une interjection de l'arabe parlé, employée du Maroc à l'Irak et passée en français familier. L'explication la plus courante la fait venir de yâ Allâh, « ô Dieu », dont le sens religieux s'est effacé dans l'usage de tous les jours.

Yalla ou yallah : quelle orthographe ?+

Les deux se disent et s'écrivent. Yalla est la forme la plus proche de la prononciation au Proche-Orient et la plus répandue en ligne ; yallah, avec un h final, est fréquente en France et au Maghreb. En arabe, le mot s'écrit يلا. Le sens est le même : « allez ! ».

Que veut dire ya Allah ?+

Ya Allah veut dire « ô Allah ». C'est une invocation par laquelle on s'adresse directement à Dieu, par exemple « Ya Allah, pardonne-moi ». En arabe, elle s'écrit يا الله. Le Prophète employait plus souvent la forme Allâhumma, de même sens. Le Coran invite à invoquer Dieu par ses plus beaux noms (sourate 7, verset 180).

Yallah a-t-il un sens religieux ?+

Dans l'usage courant, non : yallah veut seulement dire « allez ! » et s'emploie dans tout le monde arabe, par des musulmans, des chrétiens ou des juifs arabophones. Son origine probable, yâ Allâh, est une invocation, et l'expression garde ce sens quand on la prononce en deux mots pour prier Dieu.

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