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Sonny Bill Williams, la star musulmane du rugby, se confie sur la ferveur de sa foi

Jeune retraité du rugby à XV, Sonny Bill Williams, l’ancien joueur vedette des All Blacks, n’est pas prêt pour autant à amorcer un repli loin des stades, à déchausser les crampons, et à couler des jours heureux près d’une rivière dans une Nouvelle-Zélande si chère à son cœur.

Une image d’Epinal qui ne le fait pas encore rêver, alors qu’il n’a que 34 ans, de l’énergie à revendre, et que sa passion pour le ballon ovale est restée intacte.

A l’apogée de sa carrière internationale, ce colosse du sport roi adulé par tout un peuple, dont le cœur de musulman et de citoyen néo-zélandais a doublement saigné, en mars dernier, devant l’horreur de l’attentat terroriste qui a fauché mortellement 51 de ses coreligionnaires, endeuillant deux mosquées à Christchurch, est la nouvelle recrue de choix du Toronto Wolfpack.

Auréolé de son récent passé glorieux au sein des légendaires All Blacks, le converti à l’islam le plus célèbre de son pays, vers lequel tous les regards se sont tournés et les micros se sont tendus après l’impensable tragédie, a fait salle comble lors de sa première conférence de presse sur le sol canadien.

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Accueilli en star, à la fois par les dirigeants de son club professionnel de rugby à XIII, qui a obtenu sa promotion en Super League, et par les médias enthousiastes, avides de recueillir ses premières impressions, voire quelques confidences, Sonny Bill Williams a pu mesurer l’engouement que son arrivée suscite à Toronto.

 Sonny Bill Williams lors de l’hommage national rendu aux 51 victimes musulmanes à Christchurch
La star des All Blacks au chevet d’un des nombreux blessés du massacre de Christchurch

L’athlète à la stature imposante, derrière lequel se cache un homme particulièrement humble, bon et doux, attaché à l’islam et à sa terre natale, qui considère qu’il était de son devoir de s’ériger en porte-parole des musulmans aux heures les plus sombres de l’histoire récente de la Nouvelle-Zélande, a salué les journalistes en anglais, en arabe et en samoan (langue polynésienne).

Au cordial « Good afternoon » ont succédé les chaleureux « Salam Aleikoum » et « Talofa », comme à son habitude. Interrogé sur son islamité – il a prononcé la Shahada il y a dix ans, alors qu’il jouait à Toulon – Sonny Bill Williams a répondu avec une sincérité touchante et sans la moindre complaisance envers l’homme qu’il était avant d’embrasser l’islam.

« J’ai dragué les filles, j’ai eu des conquêtes féminines, j’ai bu de l’alcool, j’ai dépensé beaucoup d’argent… Je le reconnais, j’ai mené cette vie-là, mais en ayant le sentiment que cela ne conduisait à rien. Au bout du compte, qu’est-ce que cela m’a apporté ? Une sensation de vide dans mon cœur et un mal-être que je trainais constamment », a-t-il confié face à une assistance qui était suspendue à ses lèvres.

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« Cela a pris quelques années, mais j’ai fini par trouver Allah, par trouver l’islam, et cela m’a vraiment permis de canaliser ma nature sauvage. J’ai été totalement transformé par cette rencontre avec le Très-Haut, avec les préceptes du Coran. Je suis devenu une meilleure personne, cela ne fait aucun doute, et mon cœur n’est plus vide, mais rempli d’amour », a-t-il poursuivi.

Poussé à lever un coin du voile sur sa personnalité et la ferveur de sa foi par une presse canadienne fascinée par le personnage, Sonny Bill Williams a forcé sa nature qui l’incline vers la discrétion. « Quand je lève les mains, je demande à Dieu :” Ya Allah, Guide-moi s’il te plaît. Aide-moi à devenir une personne meilleure. Aide-moi à devenir un homme meilleur », a-t-il révélé, ajoutant : « Je sais que j’ai des faiblesses, mais Renforce-moi. Pardonne-moi mes péchés. Ya Allah, bénis mes proches et ceux qui m’entourent. Protège-les, en particulier les enfants ».

Dans une société assombrie par l’ignorance, la perte de sens et la haine, où dévoiler au grand jour son inclination pour la religion musulmane peut déchaîner les passions les plus viles, la star du rugby remercie Dieu de l’éclairer de sa Lumière.

« Je rends grâce à Dieu à chaque instant. Boire un verre d’eau – Alhamdulillah. Avoir l’occasion de te parler – Alhamdulillah. Voir ma femme et mes enfants – Alhamdulillah. Mon Créateur occupe toutes mes pensées », a-t-il expliqué avec une belle dévotion. « Parfois, je garde la tête sur le sol en sujood (prostration) parce que je sais que Jésus, Moïse et le prophète Muhammad (saws) étaient dans cette même position ».

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Au cours de cette conférence de presse nimbée d’un halo lumineux, Sonny Bill Williams révélera qu’il est proche d’un autre grand nom du sport, lui aussi converti à l’islam, Franck Ribéry, avec lequel il correspond régulièrement sur les réseaux sociaux, mais aussi combien l’accomplissement de la Omra (le petit pèlerinage) en Terre sainte fut une « expérience unique, extraordinaire ».

« Oui, je suis un Kiwi, un Néo-Zélandais, un Samoan, mais aussi et surtout un être humain ! C’est ce que l’islam offre. Il est là pour toute l’humanité. Lors de mon premier grand voyage à La Mecque, j’ai eu le bonheur de prier à côté d’un frère africain, d’un frère asiatique, d’un frère européen, d’un frère arabe, preuve de l’universalité de l’islam », a-t-il clamé, les yeux brillants, tandis que son auditoire était à son tour gagné par l’émotion.

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