Que signifie Zabûr ?
Zabûr (زبور) désigne le livre que Dieu a donné à David, selon le Coran. La tradition musulmane l'identifie au livre biblique des Psaumes, que les chrétiens arabes appellent plutôt al-mazâmîr, de mizmâr, le chant accompagné.
Le mot est formé sur la racine z-b-r, qui exprime l'idée d'écrire ou de graver : zabara, « il a écrit ». Le Zabûr serait donc d'abord « l'écrit ». Son pluriel, zubur, désigne dans le Coran des écrits en général : Hamidullah le rend par « les Psaumes » au verset 184 de la sourate 3, mais ailleurs par « les Écritures », « les Écrits des anciens » ou « les registres » où sont consignés les actes. Certains linguistes rapprochent aussi le mot de l'hébreu mizmôr, « psaume », sans que la question soit tranchée.
On écrit Zabûr, Zabur ou Zabour ; Hamidullah emploie tantôt Zabour, tantôt Zabûr. Le Zabûr fait partie des livres révélés, avec la Tawrât, l'Injîl et le Coran.
Le Zabûr dans le Coran
Le mot apparaît trois fois. Deux versets disent simplement que le Zabûr a été donné à David : « Et Nous avons donné le Zabour à David » (sourate 4, verset 163), et « Et à David Nous avons donné le «Zabûr». » (sourate 17, verset 55). Le Coran ne dit pas que ce livre apportait une loi nouvelle ; la plupart des commentateurs y voient des louanges, des invocations et des exhortations, David suivant la loi de Moïse.
Le troisième verset cite son contenu : « Et Nous avons certes écrit dans le Zabûr, après l'avoir mentionné (dans le Livre céleste), que la terre sera héritée par Mes bons serviteurs » (sourate 21, verset 105). La formule est très proche du verset 29 du psaume 37, « les justes posséderont la terre ». Hocine Kerzazi relève ce parallèle mot à mot, yarithû en arabe et yirshû en hébreu, dans L'islam à l'épreuve de ses origines, publié par Oumma en 2023.
David, les Psaumes et la voix
Le Coran associe David à la louange chantée : les montagnes et les oiseaux répètent avec lui la glorification de Dieu (sourate 34, verset 10). La tradition a gardé ce lien entre le Zabûr et la beauté de la voix. Selon un hadith rapporté par Boukhari et Muslim, le Prophète dit au compagnon Abû Mûsâ al-Ash'arî, dont il admirait la récitation, qu'il avait reçu l'un des mizmâr de la famille de David, c'est-à-dire une voix digne des psaumes de David.
Comme pour la Tawrât, la position musulmane la plus répandue tient le Zabûr originel pour une révélation authentique, sans considérer le livre actuel des Psaumes comme sa forme exacte.
Le Coran présente aussi David comme un roi et un juge : « O David, Nous avons fait de toi un calife sur la terre. Juge donc en toute équité parmi les gens » (sourate 38, verset 26). Il réunit ainsi la prophétie, un livre révélé et la royauté, que Dieu lui donna après sa victoire sur Goliath (sourate 2, verset 251). Dans la Bible hébraïque, le livre des Psaumes compte 150 poèmes, dont 73 portent le nom de David dans leur titre.

