Que signifie le mot Allah ?
Cette entrée explique le mot. Pour ce que les musulmans croient au sujet de Dieu, Son unicité, Ses noms et Sa miséricorde, voir la page complète Dieu (Allah).
Allah (الله) est le mot arabe pour « Dieu ». Pour la majorité des grammairiens arabes, il vient de al-ilâh, « la divinité », dont la voyelle centrale serait tombée à l'usage : al-ilâh serait devenu Allâh. D'autres grammairiens considèrent qu'il s'agit d'un nom propre, non dérivé, réservé à Dieu seul. Le nom commun ilâh, « divinité », est celui de la profession de foi : lâ ilâha illâ Allâh, « il n'y a de divinité que Dieu » (voir chahada).
Le mot appartient à une famille sémitique ancienne : l'hébreu biblique dit Eloah (et Elohim), l'araméen et le syriaque disent Alaha. Grammaticalement, Allah n'a ni pluriel ni féminin, ce qui le distingue de ilâh, qui a un pluriel (âliha, « les divinités »). Il apparaît 2 699 fois dans le Coran, sans compter la forme d'invocation Allâhumma, « ô Allah ». La sourate 112 le pose au cœur du tawhid : « Dis: «Il est Allah, Unique. » (sourate 112, verset 1).
Allah est-il le Dieu des seuls musulmans ?
Non. Le mot existait avant l'islam. Le père du Prophète portait le nom d'Abdallah, « serviteur d'Allah », et le Coran rapporte que les Mecquois polythéistes reconnaissaient Allah comme créateur tout en Lui associant d'autres divinités : « Si tu leur demandes: «Qui a créé les cieux et la terre, et assujetti le soleil et la lune?», ils diront très certainement: «Allah». » (sourate 29, verset 61). Le reproche coranique porte sur cette association, le chirk, et non sur le nom.
Aujourd'hui encore, les chrétiens arabophones d'Égypte, du Liban ou de Palestine disent Allah dans leurs prières et leurs Bibles. En Europe même, les catholiques de Malte prient Alla, un mot maltais de même origine. L'usage a pourtant été contesté : en 2009, Oumma rapportait que la Malaisie interdisait aux non-musulmans d'écrire Allah pour désigner Dieu, une décision qui visait l'hebdomadaire catholique The Herald.
Faut-il dire Allah ou Dieu en français ?
Les deux désignent la même réalité. Certaines traductions françaises du Coran, comme celle de Muhammad Hamidullah, gardent le mot Allah ; d'autres, comme celle de Denise Masson, écrivent Dieu. Beaucoup de musulmans francophones disent Allah dans les formules rituelles et Dieu dans la conversation. Dire Allah en français n'introduit pas un autre dieu ; dire Dieu n'est pas un manque de respect.
La prononciation arabe varie selon le son qui précède : le l est appuyé après un a ou un ou (Allâhou akbar), plus léger après un i (bismillâh). On écrit Allah ou Allâh, l'accent signalant la voyelle longue.
La chronique Dieu au féminin ?, publiée sur Oumma en 2017, rappelle que certaines musulmanes refusent de désigner Dieu par « Lui » et s'en tiennent au nom Allah, qu'elles jugent au-delà de toute idée de sexe. En 2017, Oumma a aussi relayé la découverte, par l'archéologue suédoise Annika Larsson, du mot Allah brodé en écriture coufique sur des vêtements funéraires vikings.
Allah dans les expressions courantes
Le mot se retrouve dans de nombreuses formules du quotidien, dont plusieurs sont passées dans le français des jeunes. Allahou akbar signifie « Allah est plus grand ». Inchallah, « si Allah le veut », accompagne les projets. Machallah, « ce qu'Allah a voulu », salue une réussite. Bismillah, « au nom d'Allah », ouvre un repas ou un geste. Allah yarhamou, « qu'Allah lui fasse miséricorde », se dit d'un défunt.
Les prénoms arabes en tirent aussi leur sens : Abdallah, « serviteur d'Allah », ou Abd al-Rahmân, formé sur l'un des noms d'Allah.



