Que signifie le mot Coran ?
Cette entrée explique le mot. Pour la révélation, la mise par écrit, l'exégèse, les traductions et la récitation, voir la page complète sur le Coran. Pour lire le texte, sourate par sourate, en arabe et en français, avec la récitation, voir le lecteur du Coran d'Oumma.
Coran transcrit l'arabe al-Qur'ân (القرآن). Le mot est le nom verbal de qara'a, « lire » et « réciter à voix haute » : il veut dire « la lecture », « la récitation ». Certains philologues y voient aussi l'idée de « rassembler », un second sens de la même racine. Le texte joue lui-même sur ce sens : « Quand donc Nous le récitons, suis sa récitation » (sourate 75, verset 18), où « sa récitation » traduit qur'ânahu. Ailleurs, qur'ân al-fajr désigne la lecture faite pendant la prière de l'aube (sourate 17, verset 78).
Le premier mot révélé, selon la tradition, est d'ailleurs un impératif de la même racine : iqra', « Lis » (sourate 96, verset 1). Le nom dit donc la nature du texte : une parole faite pour être dite, apprise par cœur et récitée dans la salât, avant d'être un livre.
Les autres noms du Coran
Le Coran se désigne de plusieurs façons. Al-Kitâb, « le Livre » : « C’est le Livre au sujet duquel il n’y a aucun doute » (sourate 2, verset 2). Al-Furqân, « le Discernement », celui qui sépare le vrai du faux, nom de la sourate 25 (verset 1). Al-Dhikr, « le Rappel » (sourate 15, verset 9), et al-Tanzîl, « la Révélation descendue ». Il se qualifie aussi de « Coran noble » (sourate 56, verset 77), d'où l'expression al-Qur'ân al-karîm, « le Noble Coran ».
Tahar Gaïd, dans sa présentation du Coran, note que Kitâb et Furqân s'appliquent aussi aux Écritures antérieures, comme la Torah de Moïse, parce que toutes viennent pour le Coran de la même source. Voir les livres révélés.
Le mushaf, enfin, est l'exemplaire écrit, le volume relié. On dit « toucher le mushaf » et « réciter le Coran ». Les hadiths, paroles du Prophète, ne font pas partie du Coran, pas plus que le hadith qudsî, parole de Dieu rapportée par le Prophète hors du texte coranique.
Coran, Alcoran, Koran, Quran : écrire le mot en français
Le français a longtemps gardé l'article arabe : la première traduction française, celle d'André Du Ryer en 1647, s'intitule L'Alcoran de Mahomet. La forme Coran s'est imposée ensuite. Koran se lit dans des textes anciens et reste la graphie allemande ; Quran ou Qur'an vient de l'anglais et des transcriptions savantes. Toutes désignent le même livre.
On écrit Coran avec une majuscule, au masculin : « le Coran », « un verset du Coran », « un exemplaire du Coran ». L'adjectif est coranique : « école coranique », « récitation coranique ». « Saint Coran » et « Noble Coran » sont des formules de respect, employées par les musulmans.
Dernier point : « lire le Coran en arabe » et « lire une traduction » ne sont pas la même chose pour la tradition musulmane. Seul le texte arabe est appelé Coran ; une version française est une « traduction du sens », comme celle de Muhammad Hamidullah, citée sur Oumma.







