Que signifie kutub ?
Cette entrée explique le mot. Pour la Révélation, les livres antérieurs et la manière dont le Coran est descendu, voir la page complète sur les livres révélés.
Kutub (كتب) est le pluriel de kitâb (كتاب), « livre », « écrit », formé sur la racine k-t-b, « écrire ». Dans l'expression du hadith de Gabriel, wa kutubihi, « et en Ses livres », il désigne l'ensemble des Écritures que Dieu a révélées. Le Coran l'emploie dans l'énumération des articles de foi : « tous ont cru en Allah, en Ses anges, à Ses livres et en Ses messagers » (sourate 2, verset 285).
Le Coran préfère pourtant le singulier. Kitâb y revient 260 fois et kutub seulement 6 fois. Al-kitâb, « le Livre », désigne tantôt le Coran lui-même (« C'est le Livre au sujet duquel il n'y a aucun doute », sourate 2, verset 2), tantôt l'Écriture en général, tantôt l'« Écriture primordiale » (umm al-kitâb) qui est auprès de Dieu (sourate 13, verset 39). Les Écritures successives apparaissent ainsi comme les expressions d'un même Livre.
Quels livres le Coran nomme-t-il ?
Le Coran cite quatre livres par leur nom : la Tawrât, la Torah, donnée à Moïse ; le Zabûr, les Psaumes, donné à David ; l'Injîl, l'Évangile, donné à Jésus ; et le Coran, révélé à Muhammad. Il mentionne aussi des feuillets (suhuf) : « les Feuilles d'Abraham et de Moïse » (sourate 87, verset 19).
Le Coran se présente comme confirmant ce qui précède : « Il a fait descendre sur toi le Livre avec la vérité, confirmant les Livres descendus avant lui. Et Il fit descendre la Thora et l'Evangile » (sourate 3, verset 3). La doctrine musulmane majoritaire ajoute que les textes antérieurs, tels qu'ils nous sont parvenus, ne conservent pas entièrement leur forme première, une idée que les savants appellent tahrîf, l'altération, et dont ils discutent la portée.
Kitâb, ahl al-kitâb, maktûb : la famille du mot
Les juifs et les chrétiens sont appelés dans le Coran ahl al-kitâb, « les gens du Livre », parce qu'ils ont reçu une Écriture. Le Coran les interpelle ainsi : « O gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous » (sourate 3, verset 64). L'article d'Oumma L'islam et les gens du Livre retrace l'usage juridique de cette notion et discute du cas des Sabéens, cités à leurs côtés dans le Coran.
La racine k-t-b dépasse le livre. Kutiba 'alaykum, « il vous a été prescrit », introduit l'obligation du jeûne : « On vous a prescrit aS-Siyâm » (sourate 2, verset 183). Maktûb, « ce qui est écrit », a donné le mektoub du français familier. Kâtib est le scribe, maktab le bureau et maktaba la bibliothèque ou la librairie.


