Que signifie Jibril ?
Jibril (جبريل) est la forme arabe de Gabriel, nom d'origine hébraïque que l'on rend souvent par « Dieu est ma force » ou « force de Dieu ». Les lectures canoniques du Coran connaissent plusieurs prononciations, dont Jibrîl et Jabra'îl. En français, on écrit Jibril, Jibrîl, Djibril ou Gabriel ; Djibril est aussi un prénom courant en Afrique de l'Ouest et en France.
Gabriel est un ange commun aux trois religions abrahamiques : la Bible hébraïque le fait apparaître au prophète Daniel, et l'Évangile de Luc lui confie l'annonce de la naissance de Jean-Baptiste et de Jésus. L'islam lui donne un rôle central : il est l'ange de la Révélation, le messager entre Dieu et les prophètes.
Croire aux anges est le deuxième des six piliers de la foi. Pour l'ensemble des anges, leurs fonctions et la différence avec les djinns, voir la page Les anges et les djinns.
Que dit le Coran sur Jibril ?
Le nom Jibril n'apparaît que trois fois dans le Coran. Le premier verset défend son rôle face à ceux qui le rejetaient : « Quiconque est ennemi de Gabriel doit connaître que c’est lui qui, avec la permission d’Allah, a fait descendre sur ton cœur cette révélation » (sourate 2, verset 97). Le suivant le cite à côté de Michaël (verset 98), et la sourate 66, verset 4 le compte parmi les soutiens du Prophète.
Le Coran le désigne surtout par des titres. Il est l'Esprit fidèle (al-rûh al-amîn) : « et l’Esprit fidèle est descendu avec cela » (sourate 26, verset 193), « sur ton cœur, pour que tu sois du nombre des avertisseurs » (verset 194). Il est le Saint-Esprit (rûh al-qudus) : « C’est le Saint Esprit [Gabriel] qui l’a fait descendre de la part de ton Seigneur en toute vérité » (sourate 16, verset 102). Pour l'islam, le Saint-Esprit est donc un ange, et non une personne divine comme dans la Trinité chrétienne. La sourate 97 mentionne encore « l’Esprit » qui descend avec les anges pendant la Nuit du destin.
C'est aussi lui que la tradition reconnaît dans l'envoyé auprès de Marie : « Nous lui envoyâmes Notre Esprit (Gabriel), qui se présenta à elle sous la forme d’un homme parfait » (sourate 19, verset 17), venu annoncer la naissance de Jésus. Le Coran dit enfin qu'il a « renforcé » Jésus du Saint-Esprit (sourate 2, verset 87).
Jibril et la Révélation du Coran
Selon la tradition, Gabriel apparut pour la première fois à Muhammad vers 610, dans la grotte de Hira, près de La Mecque, et lui ordonna : « Lis ! », les premiers mots de la sourate 96. Il transmit ensuite le Coran par fragments pendant une vingtaine d'années, jusqu'à la mort du Prophète en 632. Selon des hadiths rapportés par Boukhari, il révisait chaque année le texte avec lui pendant le Ramadan, et deux fois la dernière année.
Les sources décrivent ses apparitions de plusieurs manières. La sourate 53 évoque deux visions de l'ange « sous sa forme réelle », à l'horizon puis près du « Lotus de la limite » (sourate 53, verset 6). Un récit rapporté par Boukhari d'après Ibn Mas'ûd lui attribue six cents ailes. D'autres hadiths disent qu'il prenait souvent l'apparence d'un compagnon, Dihya al-Kalbî. La tradition fait aussi de lui le guide du Prophète lors du voyage nocturne et de l'ascension, l'Isra et Mi'raj.
Dans L'Ange Gabriel et la Kaaba vus par les manuels scolaires français, Moustapha Elhalougi compare les versions de la première révélation rapportées par la Sîra d'Ibn Hichâm et critique la manière dont les manuels scolaires les présentent.
Qu'est-ce que le hadith de Gabriel ?
Le hadith de Gabriel (hadîth Jibrîl) est l'un des textes les plus connus de l'islam. Rapporté par Muslim d'après le calife Omar, il raconte qu'un homme aux vêtements très blancs, sans trace de voyage, s'assit devant le Prophète et l'interrogea sur l'islam, la foi et l'excellence. Le Prophète répondit en énumérant les cinq piliers, les six piliers de la foi et l'ihsân, « adorer Dieu comme si tu Le voyais ». Une fois l'homme parti, il révéla aux compagnons que c'était Gabriel, venu leur enseigner leur religion.
Ce hadith structure encore l'enseignement de base dans les mosquées et les écoles coraniques. On trouve aussi en ligne des « cinq conseils de l'ange Jibril », une parole sur la mort, la séparation et la prière de nuit rapportée par des recueils plus tardifs, comme celui d'al-Hâkim, et dont l'authenticité est discutée.




