Que signifie malâ'ika ?
Cette entrée explique le mot. Pour la nature des anges, leurs missions, les djinns et Iblis, voir la page complète sur les anges.
Malâ'ika (ملائكة) est le pluriel de malak (ملك), « ange ». On dit al-malâ'ika pour « les anges » et malak pour un ange ; la graphie malaika ou malaïka reproduit le pluriel. Le mot ressemble à malik, « roi », et à mulk, « royauté », qui s'écrivent avec les mêmes consonnes, ce qui a conduit certains grammairiens à le rattacher à la racine du pouvoir.
La plupart des lexicographes arabes y voient pourtant une autre origine : mal'ak, dérivé de alûka, « le message ». Le mot est apparenté à l'hébreu mal'akh et au syriaque, où il signifie « messager », comme le grec angelos d'où vient le français « ange ». Le Coran le confirme quand il dit que Dieu « a fait des Anges des messagers » (sourate 35, verset 1).
Le mot malak et son pluriel reviennent 88 fois dans le Coran. La croyance aux anges y figure parmi les articles de foi : « tous ont cru en Allah, en Ses anges, à Ses livres et en Ses messagers » (sourate 2, verset 285). Voir six piliers de la foi.
Les anges nommés dans le Coran et dans la tradition
Le Coran nomme peu d'anges. Jibrîl, Gabriel, ange de la révélation, et Mîkâl, Michel, apparaissent ensemble dans « Quiconque est ennemi d'Allah, de Ses anges, de Ses messagers, de Gabriel et de Michaël » (sourate 2, verset 98). Mâlik est le gardien de l'enfer, à qui les damnés crient « O Mâlik! Que ton Seigneur nous achève! » (sourate 43, verset 77). Hârût et Mârût sont deux anges de Babylone cités à propos de la magie (sourate 2, verset 102).
D'autres noms viennent de la tradition. L'« ange de la mort » est cité sans nom propre (sourate 32, verset 11) ; la tradition l'appelle 'Azrâ'îl. Isrâfîl, qui soufflera dans la Trompe, n'est pas nommé dans le Coran. Munkar et Nakîr interrogent le défunt dans la tombe selon des hadiths. Les anges qui consignent les actes, souvent appelés « ange de droite » et « ange de gauche », sont décrits comme « de nobles scribes » (sourate 82, verset 11) ; on les nomme parfois Raqîb et 'Atîd, d'après deux mots du verset 18 de la sourate 50, qui sont en arabe des qualificatifs plutôt que des noms.
Ce que le mot ne veut pas dire
Le Coran rejette l'idée que les anges seraient des filles de Dieu, une croyance des Arabes préislamiques : « Ceux qui ne croient pas en l'au-delà donnent aux Anges des noms de femmes » (sourate 53, verset 27). Pour les théologiens, les anges ne sont ni masculins ni féminins.
Ils ne se confondent pas non plus avec les djinns, créés de feu et dotés du libre choix. Iblis, que l'on appelle sheitan, refusa de se prosterner devant Adam alors qu'il se trouvait parmi les anges, mais le Coran précise qu'il « était du nombre des djinns » (sourate 18, verset 50) : la majorité des savants n'en fait donc pas un ange déchu.
L'article d'Oumma L'existence des anges résume ce que le Coran et la tradition disent de leur nature, de leurs noms et de leurs missions.







