Que signifie qiyâma ?
Qiyâma (قيامة) est un nom formé sur la racine arabe q-w-m, qui exprime l'idée de se lever et de se tenir debout. Le mot désigne le lever des morts : la résurrection. L'expression complète est yawm al-qiyâma (يوم القيامة), « le Jour de la résurrection », que l'on trouve aussi transcrite yawm al qiyama, youm al qiyama ou yaoum el qiyama.
L'image est concrète. Le Coran décrit les hommes qui, au second souffle de la Trompe, sont « debout à regarder » (sourate 39, verset 68), et parle du jour « où les gens se tiendront debout devant le Seigneur de l'Univers » (sourate 83, verset 6), avec un verbe de la même racine.
Cette racine est l'une des plus riches du vocabulaire religieux. Elle donne qiyâm, la station debout dans la prière, et qiyâm al-layl, la prière de nuit ; iqâma, le second appel qui fait lever les fidèles pour prier ; mustaqîm, « droit », dans « le droit chemin » de la Fâtiha ; et qawm, « le peuple ».
Le Jour de la résurrection dans le Coran
Le mot qiyâma apparaît 70 fois dans le Coran, et toujours dans l'expression yawm al-qiyâma. Hamidullah la traduit par « le Jour de la Résurrection ». Le Coran y place le rassemblement de tous les êtres humains, le jugement de leurs actes et leur destination finale, le paradis (janna) ou l'enfer (jahannam).
Le texte répond souvent à ceux qui jugent la résurrection impossible : « Qui va redonner la vie à des ossements une fois réduits en poussière? » demande l'incrédule (sourate 36, verset 78), et la réponse vient : « Celui qui les a créés une première fois, leur redonnera la vie » (sourate 36, verset 79). Il insiste sur la justice de ce Jour, où chaque acte sera pesé : « Quiconque fait un bien fût-ce du poids d'un atome, le verra » (sourate 99, verset 7).
Le Coran lui donne d'autres noms : yawm ad-dîn, « le Jour de la rétribution », dans la Fâtiha (sourate 1, verset 4) ; as-sâ'a, « l'Heure » ; yawm al-ba'th, « le Jour de la Résurrection » au sens du réveil des morts ; yawm al-hisâb, « le Jour des comptes » ; al-yawm al-âkhir, « le Jour dernier ». L'entrée Jour dernier présente cette croyance, cinquième pilier de la foi.
La sourate al-Qiyâma (sourate 75)
La sourate 75, al-Qiyâma, « La Résurrection », est une sourate mecquoise de 40 versets. Elle s'ouvre sur un double serment : « Non!… Je jure par le Jour de la Résurrection! » (sourate 75, verset 1), puis par l'âme qui se blâme elle-même.
Elle répond à l'homme qui doute : « L'homme, pense-t-il que Nous ne réunirons jamais ses os? » (sourate 75, verset 3). Le verset suivant affirme que Dieu peut remettre en place jusqu'aux extrémités des doigts. Elle décrit aussi les visages de ce Jour : certains seront « resplendissants » et « regarderont leur Seigneur » (versets 22 et 23), un passage central dans le débat théologique sur la vision de Dieu dans l'au-delà, que les sunnites admettent et que les mu'tazilites interprétaient autrement.
La sourate contient enfin une consigne adressée au Prophète sur la manière de recevoir la révélation : ne pas remuer la langue pour se hâter de la retenir.
Qiyâma, barzakh, âkhira : les mots voisins
La qiyâma est un moment ; l'âkhira est l'au-delà, la vie dernière qui commence avec elle et ne finit pas. Entre la mort et la résurrection s'étend le barzakh, l'intervalle que vivent les défunts. La qiyâma est précédée par les signes de l'Heure et par la fin du monde présent, la dunyâ.
Dans L'immortalité, texte du penseur Muhammad Iqbal publié par Oumma, la résurrection est présentée comme un phénomène universel de la vie, que le Coran n'appuie pas, comme le christianisme, sur la résurrection d'un personnage historique. Pour l'ensemble de la croyance, du barzakh au paradis, voir la page le Jour dernier.

