Que signifie chahada ?
Cette entrée explique le mot. Pour le texte en arabe, le sens de chaque partie et la démarche de conversion, voir la page complète sur la chahada.
Chahada (شهادة) vient de la racine sh-h-d, qui exprime d'abord la présence : shahida veut dire « assister à », « être témoin oculaire ». De là vient le sens de témoigner, dire publiquement ce que l'on sait. La profession de foi porte ce nom parce qu'elle commence par ashhadu, « j'atteste », « je témoigne ». On parle aussi des shahâdatân, « les deux témoignages » : l'unicité de Dieu (tawhid) et la mission de Muhammad.
Le Coran emploie le verbe pour Dieu lui-même : « Allah atteste, et aussi les Anges et les doués de science, qu'il n'y a point de divinité à part Lui » (sourate 3, verset 18). La seconde moitié de la formule reprend presque mot pour mot le début du verset 29 de la sourate 48 : « Muhammad est le Messager d'Allah ».
Les mots de la même famille
La racine sh-h-d a donné plusieurs mots que l'on croise dans le vocabulaire religieux. Le shâhid est le témoin, au tribunal comme dans la foi : le Coran fait des croyants des « témoins aux gens » (sourate 2, verset 143). Le shahîd est à la fois le témoin et le martyr, celui qui meurt en témoignant de sa foi ; Ach-Chahîd est aussi l'un des noms d'Allah, « le Témoin de toute chose ».
Le tashahhud est la récitation faite en position assise dans la prière, qui se termine par l'attestation de foi, l'index levé. Enfin, 'âlam ash-shahâda, le « monde du témoignage », désigne le monde visible, par opposition au ghayb, l'invisible : Dieu est « le Connaisseur de l'Invisible tout comme du visible » (sourate 59, verset 22).
Dans l'arabe de tous les jours, shahâda garde ces sens profanes : on parle de la shahâda d'un témoin devant le juge, et un diplôme s'appelle aussi shahâda.
Quand dit-on la chahada ?
Prononcée avec sincérité, la chahada fait entrer dans l'islam, sans clergé ni cérémonie obligatoire. Beaucoup de convertis prennent ensuite une grande ablution, le ghusl, que la majorité des savants recommandent sans en faire une condition de validité.
Le musulman la répète ensuite toute sa vie : dans l'adhân, dans chaque prière, après les ablutions, et, selon une habitude répandue, avant de dormir. L'article d'Oumma La profession de foi, de Geoffroy Janssens, rappelle qu'elle est murmurée à l'oreille du nouveau-né et dite une dernière fois au chevet du mourant. Les droits du mourant(e) et du défunt(e) précise l'usage : on la dit doucement près de lui, sans le presser de la répéter, en s'appuyant sur le hadith selon lequel celui dont la dernière parole est l'attestation de foi entrera au Paradis.
On écrit chahada, shahada ou chahâda. Le mot est féminin en français : « dire sa chahada », « prononcer la chahada ». Il ne faut pas le confondre avec chahîd, le martyr, ni avec chouhada, son pluriel.




