Que signifie ghusl ?
Ghusl (غسل) vient de la racine gh-s-l, qui veut dire « laver ». En arabe courant, le mot désigne n'importe quel lavage, mais en droit musulman il nomme la grande ablution : verser de l'eau sur le corps entier, avec l'intention de se purifier. On écrit ghusl, ghousl ou ghoussl, et on dit aussi « les grandes ablutions ».
Le ghusl répond à l'impureté majeure (hadath akbar), tandis que le wudû', les petites ablutions, répond à l'impureté mineure. L'état qui suit un rapport sexuel ou une éjaculation s'appelle janâba, et la personne concernée est dite junub. Quand l'eau manque ou ne peut être utilisée, le tayammum, la purification par la terre, remplace le ghusl comme le wudû'.
Le Coran en fixe le principe : « Et si vous êtes pollués «junub», alors purifiez-vous (par un bain) » (sourate 5, verset 6). Le verset 43 de la sourate 4 interdit d'approcher la prière en état d'impureté jusqu'à avoir pris un bain rituel, et le verset 222 de la sourate 2 évoque la purification des femmes après les règles.
Quand le ghusl est-il obligatoire ?
Les juristes s'accordent sur les cas principaux : le rapport sexuel, même sans éjaculation, dès qu'il y a pénétration ; l'émission de sperme accompagnée de plaisir, éveillé ou en dormant ; la fin des règles ; la fin des lochies, les saignements qui suivent l'accouchement. Un rêve érotique sans émission ne le rend pas obligatoire. Le liquide qui précède l'éjaculation (madhy) n'exige qu'un lavage de la partie concernée et le wudû'.
La toilette du défunt est aussi un ghusl, avec ses règles propres : voir ghusl mortuaire. Pour le nouveau converti, la majorité des savants recommandent le ghusl après la chahada, et les hanbalites le jugent obligatoire.
Tant qu'il n'a pas fait son ghusl, le junub ne peut pas prier, faire les tours rituels autour de la Kaaba ni, selon la majorité, toucher le Coran ou séjourner dans une mosquée. La plupart des écoles lui interdisent aussi de réciter le Coran, sauf de courtes formules d'invocation. Le jeûne, lui, reste valable : on peut commencer sa journée de Ramadan en état de janâba et faire le ghusl après l'aube.
Comment faire le ghusl : l'obligatoire et le recommandé
Le déroulé geste par geste, pour l'homme comme pour la femme, est expliqué dans le guide d'Oumma Comment faire les grandes ablutions ?, et sur la page la prière. On résume ici ce que les écoles jugent indispensable.
Toutes exigent que l'eau atteigne tout le corps, cheveux et peau compris. Les chaféites y ajoutent l'intention (niyya). Les malikites ajoutent l'intention, la friction avec la main (dalk) et l'enchaînement sans longue pause. Les hanafites exigent le rinçage de la bouche et du nez, et les hanbalites l'intention et ce même rinçage.
La manière recommandée, tirée de la pratique du Prophète décrite par Aïcha et Maymûna dans les recueils de Boukhari et Muslim, est la suivante : dire bismillah, se laver les mains, laver les parties intimes, faire un wudû' complet, verser l'eau trois fois sur la tête, puis sur le côté droit et le côté gauche. Une femme aux cheveux tressés n'a pas à défaire ses tresses pour le ghusl de janâba si l'eau atteint la racine, selon un hadith rapporté par Muslim. Pour la majorité des savants, le ghusl tient lieu de wudû' pour la prière qui suit.
Le ghusl recommandé : vendredi, Aïd, ihrâm
En dehors des cas d'obligation, la tradition recommande le ghusl à plusieurs occasions : avant la prière du vendredi, la jumu'a, avant les prières de l'Aïd, avant d'entrer en ihrâm pour le pèlerinage ou la 'umra, et pour la station de 'Arafat.
Le ghusl du vendredi a fait débat. Un hadith rapporté par Boukhari et Muslim le dit « obligatoire pour tout pubère », ce qu'une minorité de savants a pris à la lettre. La majorité, appuyée sur d'autres récits, y voit une sunna fortement recommandée, et comprend « obligatoire » au sens de « dû par convenance ». Le cours Al Adhan, publié sur Oumma, présente le ghusl parmi les trois formes de purification, avec le woudhou et le tayammum.



