Que signifie dhuhr ?
Dhuhr transcrit l'arabe ẓuhr (ظهر), « la mi-journée ». La racine ẓ-h-r exprime ce qui est visible et apparent : le soleil y est à son plus haut et tout est en pleine lumière. Elle a aussi donné ẓahr, le dos, et ẓahîra, l'heure chaude de midi. On parle de salât aẓ-ẓuhr, « la prière de midi ».
La lettre arabe ẓâ' n'existe pas en français, d'où une grande variété de graphies : dhuhr, zuhr, dohr, dhor, zohr ou duhr. En France et au Maghreb, on dit le plus souvent « dohr ». Le dhuhr est la deuxième des cinq prières du jour, après le fajr et avant l'asr, le maghrib et l'icha.
Le Coran emploie un verbe de la même racine pour désigner le milieu du jour : « A Lui toute louange dans les cieux et la terre, dans l'après-midi et au milieu de la journée » (sourate 30, verset 18). Le mot ẓahîra, l'heure de midi où l'on se dévêt pour la sieste, apparaît au verset 58 de la sourate 24.
Quand commence et finit la prière du dhuhr ?
Les juristes s'accordent sur le début : le dhuhr entre dès que le soleil a dépassé le méridien, c'est-à-dire juste après qu'il a atteint son point le plus haut, quand les ombres commencent à s'allonger vers l'est. Beaucoup de commentateurs voient cette heure dans « le déclin du soleil » du verset 78 de la sourate 17. Pour plus de sûreté, beaucoup de calendriers ajoutent quelques minutes après le midi solaire, rappelle l'article Comment sont calculés les horaires des prières musulmanes ?. Le midi solaire ne tombe pas à 12 heures à la montre : en France, il se situe autour de 13 heures en hiver et de 14 heures en été. Les horaires du jour, ville par ville, sont sur la page horaires de prière.
L'heure du dhuhr dure jusqu'à l'entrée de l'asr, dont le début varie selon les écoles. Quand la chaleur est forte, un hadith rapporté par Boukhari recommande d'attendre qu'elle retombe un peu avant de prier : les juristes en ont tiré l'usage de retarder légèrement le dhuhr en été.
Combien de rak'a pour le dhuhr ?
La prière obligatoire du dhuhr compte quatre [rak'a](/islam/lexique/rakaa/), avec une position assise après la deuxième et une autre à la fin. La récitation y est silencieuse, sauf pour les formules de passage d'une position à l'autre. Le déroulé pas à pas est présenté dans Comment faire la prière (as salat) ? et sur la page la prière.
La tradition y attache des prières surérogatoires dites régulières (rawâtib). Selon un hadith rapporté par Muslim, le Prophète promettait une maison au Paradis à qui prie douze rak'a volontaires par jour ; d'autres récits précisent que quatre d'entre elles se font avant le dhuhr et deux après. D'après un récit d'Ibn Omar rapporté par Boukhari, il priait deux rak'a avant le dhuhr et deux après. Les écoles en tirent des pratiques un peu différentes, mais toutes considèrent ces prières comme une sunna recommandée et non une obligation.
Dhuhr du vendredi, du voyage et regroupement
Le vendredi, la jumu'a, précédée d'un sermon et faite en commun à la mosquée, remplace le dhuhr pour ceux qui y assistent. Elle ne compte que deux rak'a. Celui qui ne peut s'y rendre, malade, voyageur, ou femme, qui n'y est pas tenue, prie le dhuhr ordinaire en quatre rak'a.
En voyage, le dhuhr se réduit à deux rak'a et peut être regroupé avec l'asr, soit à l'heure du dhuhr, soit à celle de l'asr : c'est l'avis des malikites, des chaféites et des hanbalites. Les hanafites n'admettent ce regroupement qu'à 'Arafat, pendant le Hajj. Les chiites duodécimains, eux, regroupent couramment le dhuhr et l'asr toute l'année.
En dehors du voyage, la question est discutée. Un hadith rapporté par Muslim d'après Ibn Abbas dit que le Prophète a réuni à Médine le dhuhr et l'asr, puis le maghrib et l'icha, « sans crainte ni pluie », pour éviter la gêne à sa communauté. Le Conseil théologique musulman de France s'appuie sur ce texte pour autoriser, en cas de difficulté réelle, des regroupements que la majorité des juristes réservaient au voyage, à la pluie ou à la maladie : voir son avis sur le regroupement des prières en été.




