Que signifie asr ?
'Asr (عصر) vient d'une racine arabe, '-s-r, qui exprime l'idée de presser, d'exprimer un jus : le 'asîr est le jus pressé, et le Coran emploie le verbe pour le raisin que l'on presse au verset 36 de la sourate 12. Le nom 'asr a pris le sens de la fin de journée, le moment où le jour « se resserre » avant le coucher du soleil, puis celui de l'époque ou du temps en général : en arabe moderne, al-'asr al-hadîth signifie « l'époque moderne ».
En islam, le mot désigne d'abord salât al-'asr, la prière de l'après-midi, troisième des cinq prières de la journée après le fajr et le dhuhr, avant le maghrib et l'icha. On écrit 'asr, asr, al-asr ou, sur les claviers sans apostrophe, 3asr : le chiffre 3 note la consonne arabe 'ayn.
La sourate al-'Asr
Le même mot ouvre la sourate 103, l'une des plus courtes du Coran, qui porte son nom. Elle compte trois versets : « Par le Temps! » (sourate 103, verset 1), « L'homme est certes, en perdition, » (verset 2), « sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s'enjoignent mutuellement la vérité et s'enjoignent mutuellement l'endurance » (verset 3).
Les commentateurs ont proposé plusieurs sens pour ce serment initial : le temps dans sa totalité, le soir de la journée, ou l'époque du Prophète. Hamidullah traduit « le Temps », la lecture la plus répandue. Le texte arabe, sa translittération et sa traduction se trouvent sur la page de la sourate al-'Asr. Ibn Kathir, dans son commentaire, attribue à l'imam ach-Châfi'î ce mot : si les gens méditaient cette seule sourate, elle leur suffirait.
Comment se fait la prière de l'asr ?
La prière de l'asr compte quatre rak'a pour le résident, avec une position assise après la deuxième et une autre à la fin. La récitation y est silencieuse, comme pour le dhuhr. Le voyageur la raccourcit à deux rak'a et peut, selon la majorité des savants, la regrouper avec le dhuhr. À 'Arafat, pendant le Hajj, les pèlerins prient le dhuhr et l'asr ensemble, à l'heure du dhuhr. Le détail des gestes figure sur la page la prière.
Son heure commence quand l'ombre d'un objet, en plus de l'ombre qu'il avait à midi, égale sa propre longueur : c'est l'avis des malikites, des chaféites, des hanbalites et des deux principaux disciples d'Abou Hanifa. Abou Hanifa attendait que l'ombre atteigne le double de la longueur de l'objet. C'est pourquoi les applications proposent un réglage « hanafite » qui retarde l'asr. Les articles d'Oumma Comment sont calculés les horaires des prières musulmanes ? et Le calendrier lunaire à la lumière des données astronomiques, de Mohammed Moussaoui, rappellent que plus personne ne mesure l'ombre à l'œil : on se fie aux tables. L'heure du jour, ville par ville, est donnée sur la page horaires de prière.
La prière se termine au coucher du soleil, mais les juristes jugent blâmable de la retarder jusqu'au moment où le soleil jaunit. Après l'asr, la majorité des savants déconseillent les prières surérogatoires jusqu'au maghrib.
Pourquoi l'asr a-t-elle une place particulière ?
Le Coran demande : « Soyez assidus aux Salâts et surtout la Salât médiane » (sourate 2, verset 238). L'identité de cette prière médiane a été discutée dès les premiers siècles. Une majorité de savants y voient l'asr, en s'appuyant sur un hadith rapporté par Boukhari et Muslim : pendant la bataille du Fossé, le Prophète regretta que l'ennemi ait empêché les musulmans d'accomplir « la prière médiane, la prière de l'asr ». D'autres, dont l'imam Malik, penchaient pour le fajr.
Deux autres hadiths, rapportés par Boukhari, soulignent son importance : celui qui manque la prière de l'asr est comme s'il avait perdu sa famille et ses biens, et celui qui la délaisse voit ses œuvres réduites à néant. L'asr tombe souvent en plein travail ou en plein cours, ce qui explique l'insistance des prédicateurs sur ce moment de la journée, surtout en hiver où l'intervalle jusqu'au maghrib est court.


