Que signifie sa'y ?
Sa'y (سعي, écrit aussi say, sa'i ou saï) désigne le va-et-vient rituel entre Safa et Marwa, deux petites collines situées à quelques centaines de mètres de la Kaaba. On dit « faire le sa'y » ou « faire le parcours entre Safa et Marwa ».
Le mot vient de la racine s-'-y, qui exprime l'idée de marcher vite, de s'empresser, et au sens figuré de faire effort. Le Coran emploie la même racine dans d'autres contextes : « accourez à l'invocation d'Allah », dit le verset sur la prière du vendredi (sourate 62, verset 9), et « l'homme n'obtient que [le fruit] de ses efforts » (sourate 53, verset 39). Le rite porte donc le nom d'un effort, celui d'une mère qui court.
Il ne faut pas confondre le sa'y avec le tawâf, les sept tours autour de la Kaaba, qui le précède. La galerie où il se déroule, aujourd'hui couverte et intégrée à la Mosquée sacrée, s'appelle le mas'â, « le lieu du sa'y ».
Origine du sa'y : Hâjar, Ismaël et le verset de la sourate 2
Selon un long hadith rapporté par Boukhari d'après Ibn 'Abbâs, Abraham laissa Hâjar (Agar) et leur fils Ismaël, encore nourrisson, dans la vallée aride de La Mecque. Le Coran garde la prière d'Abraham : « j'ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans agriculture, près de Ta Maison sacrée » (sourate 14, verset 37). Quand l'eau vint à manquer, Hâjar monta sur Safa, puis courut jusqu'à Marwa pour chercher du regard un secours, sept fois de suite. L'eau jaillit alors près de l'enfant : c'est la source de Zamzam. Le Prophète conclut, dans ce récit, que c'est pour cela que les gens parcourent la distance entre les deux collines.
Le Coran consacre le rite dans un verset : « AS-Safâ et Al-Marwah sont vraiment parmi les lieux sacrés d'Allah. Donc, quiconque fait pèlerinage à la Maison ou fait l'Umra ne commet pas de péché en faisant le va-et-vient entre ces deux monts » (sourate 2, verset 158). La formule « ne commet pas de péché » a intrigué. Selon un récit rapporté par Boukhari, Aïcha l'expliquait par la gêne de certains Médinois, qui associaient ce parcours à des cultes d'avant l'islam : le verset leur répondait que le rite était légitime.
Comment se déroule le sa'y ?
Le sa'y se fait après un tawâf, pendant le Hajj comme pendant la Omra. Le pèlerin monte sur Safa, se tourne vers la Kaaba, récite le verset 158 de la sourate 2, dit le takbîr et invoque Allah. Il marche ensuite vers Marwa, où il refait les mêmes invocations, puis revient : chaque trajet compte, et le septième s'achève à Marwa. Chaque trajet mesure environ 400 à 450 mètres selon les mesures, soit environ trois kilomètres au total.
Entre deux repères signalés par des lampes vertes, qui marquent l'ancien fond de la vallée, les hommes pressent le pas ; les femmes gardent leur allure. Aucune formule n'est imposée en chemin : on y fait des invocations libres (du'â) et du dhikr. Le guide d'Ibrahim Halitim Marche détaillée des rites du Hadj décrit ces étapes et les paroles d'usage.
Les écoles divergent sur son statut. Pour les malikites, les chaféites et les hanbalites, le sa'y est un pilier : sans lui, le Hajj ou la Omra restent inachevés. Pour les hanafites, c'est une obligation (wâjib) : celui qui le manque doit offrir un sacrifice. La majorité des savants ne demandent pas d'être en état de pureté, contrairement au tawâf, mais le recommandent. Les personnes âgées ou malades peuvent le faire en fauteuil roulant. Le déroulé complet du pèlerinage figure sur la page le Hajj.


