Qu'est-ce que Zamzam ?
Zamzam (زمزم, aussi écrit Zem-Zem, Zamzem ou Zam Zam) est un puits de La Mecque, situé à l'est de la Kaaba, dans l'enceinte de la Mosquée sacrée. Son eau, appelée mâ' Zamzam, est la plus vénérée du monde musulman : les pèlerins du Hajj et de la Omra la boivent sur place et en rapportent à leurs proches.
L'origine du nom est discutée. L'explication la plus connue le rattache à l'exclamation zam zam, « retiens-toi, retiens-toi », que Hâjar aurait adressée à l'eau qui jaillissait, pour la contenir. D'autres lexicographes le rapprochent du verbe zamzama, qui évoque un murmure, le bruit de l'eau, ou y voient l'idée d'abondance.
Le Coran ne cite pas Zamzam par son nom. Il rapporte en revanche la prière d'Abraham laissant sa famille près du sanctuaire : « O notre Seigneur, j'ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans agriculture, près de Ta Maison sacrée » (sourate 14, verset 37). La tradition voit dans l'eau de Zamzam la réponse à cette prière.
D'où vient le puits de Zamzam ?
Le récit le plus détaillé est rapporté par Boukhari, d'après Ibn 'Abbâs. Abraham laisse Hâjar et le petit Ismaël dans la vallée déserte de La Mecque, avec un peu d'eau et de dattes. Quand l'eau vient à manquer, Hâjar court sept fois entre les collines de Safâ et Marwa à la recherche de secours. Un ange frappe alors le sol et l'eau jaillit. Hâjar l'entoure de sable pour la retenir ; le Prophète aurait dit que si elle l'avait laissée couler, Zamzam serait devenue une source coulant à la surface. Une version populaire, que reprend le cheikh Khaled Bentounès dans Histoire des prophètes : Abraham, fait jaillir l'eau sous les talons de l'enfant.
La course de Hâjar est commémorée par le sa'y, le va-et-vient entre Safâ et Marwa que le Coran mentionne (sourate 2, verset 158). La présence de l'eau attira la tribu des Jurhum, qui s'installa dans la vallée.
Selon les biographes du Prophète, le puits fut ensuite comblé et oublié. Il fut retrouvé et recreusé par 'Abd al-Muttalib, le grand-père de Muhammad, qui en reçut la garde. La tradition associe encore Zamzam à la vie du Prophète : l'article d'Oumma Mawlid En-Nabaoui rappelle le récit selon lequel deux anges lui lavèrent le cœur avec cette eau quand il était enfant.
Que disent les hadiths sur l'eau de Zamzam ?
Selon un hadith rapporté par Muslim, dans le récit de la conversion d'Abû Dharr, le Prophète a dit de l'eau de Zamzam qu'elle est bénie et qu'elle est « une nourriture qui rassasie ». Abû Dharr racontait avoir vécu plusieurs semaines à La Mecque sans autre subsistance. Une autre parole, rapportée notamment par Ibn Mâja, dit que l'eau de Zamzam vaut « pour ce pour quoi on la boit » ; sa chaîne de transmission est discutée, mais beaucoup de savants l'ont acceptée.
De ces textes vient l'usage de boire l'eau de Zamzam en formulant une invocation : guérison, savoir, subsistance. Une invocation attribuée à Ibn 'Abbâs demande à Dieu « une science utile, une subsistance large et la guérison de toute maladie ». La tradition recommande de la boire en disant bismillah, tourné vers la qibla, à plusieurs gorgées. Selon Boukhari et Muslim, le Prophète l'a bue debout, une exception à sa pratique habituelle de boire assis.
Le pèlerinage reste le moment privilégié pour en boire, en particulier après le tawâf. Pour l'ensemble des rites, voir la page sur le Hajj.
L'eau de Zamzam aujourd'hui : bienfaits, vente et précautions
Le puits n'est plus visible : les agrandissements de la Mosquée sacrée l'ont placé sous le parvis, et l'eau est distribuée par des fontaines et des milliers de bonbonnes dans les mosquées de La Mecque et de Médine. Elle est riche en sels minéraux, ce qui lui donne un goût légèrement salé.
Sa vente est encadrée. En 2015, Oumma a rapporté que les autorités saoudiennes limitaient l'achat à un bidon de 5 litres par voyageur, sur présentation du passeport. Son exportation commerciale est interdite, et l'eau vendue sous ce nom hors d'Arabie saoudite n'offre aucune garantie d'origine ni de qualité.
La croyance populaire lui prête le pouvoir de guérir toutes les maladies. En 2019, la cancérologue saoudienne Khawla Al Kuraya a pris le contre-pied de cette idée, comme le rapporte l'article L'eau de Zamzam guérit-elle le cancer ? : selon elle, sa teneur en sels peut nuire aux patients sous chimiothérapie. Pour les savants, la bénédiction de cette eau ne dispense pas de se soigner.









