Que signifie le mot zakât ?
Cette entrée explique le mot. Pour savoir qui doit la payer, comment la calculer et à qui la verser, voir la page complète sur la zakât.
Zakât (زكاة) vient de la racine z-k-w, qui porte deux sens liés. Le premier est la croissance : en arabe, on dit d'une plante qui pousse bien qu'elle zakâ. Le second est la pureté : tazkiya désigne la purification de l'âme, et le Coran dit « Réussit, certes, celui qui se purifie » (sourate 87, verset 14), avec un verbe de la même racine.
L'aumône obligatoire réunit les deux idées. Elle purifie les biens et celui qui les possède, et la tradition enseigne qu'elle les fait fructifier au lieu de les diminuer. Le Coran associe d'ailleurs les deux verbes : « Prélève de leurs biens une Sadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis » (sourate 9, verset 103), où « bénir » traduit tuzakkî, de la racine de zakât.
Le mot zakât dans le Coran
Le mot zakât apparaît 32 fois dans le Coran. Dans 30 cas, il désigne l'aumône, presque toujours aux côtés de la salât : « Et accomplissez la Salât, et acquittez la Zakât » (sourate 2, verset 43). Dans les deux autres, il garde son sens premier de pureté, à propos d'un enfant (sourate 18, verset 81) et de Jean-Baptiste (sourate 19, verset 13).
Le mot figure déjà dans des sourates révélées à La Mecque, où il désigne la générosité du croyant. Les règles précises, seuil et taux, se fixent à Médine. Le Coran attribue aussi la zakât aux prophètes antérieurs : Jésus dit qu'on lui a recommandé « la prière et la Zakât » (sourate 19, verset 31).
Après la mort du Prophète en 632, le calife Abou Bakr combattit les tribus qui refusaient de continuer à la verser, un épisode qui montre la place de cette obligation dès les débuts.
Zakât, sadaqa, zakât al-fitr : ne pas confondre
La sadaqa, de la racine de la sincérité, désigne dans l'usage courant le don volontaire, sans montant ni date. Le Coran emploie pourtant ce mot au pluriel pour l'aumône obligatoire, dans le verset qui en fixe les huit catégories de bénéficiaires : « Les Sadaqâts ne sont destinés que pour les pauvres, les indigents… » (sourate 9, verset 60).
La zakât al-mâl, « zakât des biens », est annuelle et proportionnelle à l'épargne au-delà du nisâb. La zakât al-fitr est due par personne, à la fin du Ramadan, pour que les pauvres puissent fêter l'Aïd.
La traduction « aumône légale » rend bien le caractère obligatoire. « Dîme » est trompeur : la zakât sur l'épargne est de 2,5 %, et seule celle qui porte sur les récoltes arrosées par la pluie atteint un dixième, appelé 'ushr.








