Que signifie dhikr ?
Cette entrée explique le mot. Pour les formules, les moments recommandés et la pratique, voir la page Invocations et dhikr.
Dhikr (ذكر) vient de la racine dh-k-r, qui réunit deux idées : se souvenir et mentionner. En arabe, dhakara veut dire « se rappeler » et aussi « citer, nommer ». Le dhikr est donc un souvenir de Dieu qui passe par la parole, à voix haute ou intérieurement. La même racine donne tadhkira, « rappel, avertissement », et mudhakkir, « celui qui rappelle », titre que le Coran donne au Prophète.
Le mot désigne aussi le Coran. Le texte se nomme lui-même adh-dhikr, le Rappel : « En vérité c’est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien » (sourate 15, verset 9), où « le Coran » traduit adh-dhikr.
La prononciation varie : le son dh de l'arabe, celui de l'anglais this, devient z en turc, en persan, en ourdou et dans beaucoup de parlers maghrébins. Zikr et dhikr sont le même mot. On trouve aussi thikr.
Le dhikr dans le Coran
Le Coran y revient souvent. Il demande d'évoquer Dieu sans compter : « O vous qui croyez! Evoquez Allah d’une façon abondante » (sourate 33, verset 41), et lie ce souvenir à la paix intérieure : « Certes, c’est par l’évocation d’Allah que les cœurs se tranquillisent » (sourate 13, verset 28).
Le verset le plus cité joue sur la réciprocité : « Souvenez-vous de Moi donc. Je vous récompenserai » (sourate 2, verset 152). L'arabe dit mot à mot « souvenez-vous de Moi, Je Me souviendrai de vous », avec deux fois le même verbe ; Hamidullah a rendu le second par l'idée de récompense. La sourate 29 ajoute que « le rappel d’Allah est certes ce qu’il y a de plus grand » (sourate 29, verset 45).
Wird, hadra, tasbih : les mots autour du dhikr
Le dhikr le plus répandu suit la prière : selon des hadiths rapportés par Boukhari et Muslim, on dit 33 fois subhânallâh, 33 fois al-hamdu lillâh et 33 ou 34 fois Allâhu akbar. Ce compte explique les recherches sur le « dhikr 33 fois ». On compte sur les doigts de la main droite, comme le faisait le Prophète selon la tradition, ou avec un chapelet, la misbaha ou sabha, de 33 ou 99 grains.
Dans les confréries soufies, le wird est la litanie quotidienne que le maître donne au disciple, et la hadra le dhikr collectif, souvent chanté. Les derviches tourneurs de l'ordre mevlevi en sont une forme, que Maya Djemila rattache au dhikr dans Le paradoxe du derviche tourneur. Certains savants, notamment salafistes, critiquent le dhikr collectif à l'unisson ou dansé, qu'ils jugent sans précédent dans la Sunna.
On confond souvent dhikr et du'â. Le dhikr rappelle Dieu et le loue ; le du'â lui demande quelque chose. Les deux se mêlent dans la pratique, et beaucoup d'invocations commencent par un dhikr.



