Tawba

توبة

Prononciation : tawba · Autres graphies : tawbah, repentir

Définition

Tawba : Le repentir : retour à Dieu après une faute, accompagné du regret, de l'abandon de la faute et de la résolution de ne pas la répéter. Il n'y a pas de confession à un intermédiaire en islam : le repentir s'adresse directement à Dieu.

Que signifie tawba ?

Tawba (توبة), que l'on écrit aussi tawbah, taouba ou attaouba, se traduit par repentir. Le mot vient de la racine t-w-b, qui signifie revenir. Se repentir, en arabe, c'est tâba ilâ Allâh, « revenir vers Dieu » : la faute est un éloignement, le repentir un retour. Lyess Chacal, dans La subdivision de l'âme et son éducation spirituelle, rappelle cette parenté de sens avec raja'a, « revenir ».

Le même verbe s'emploie pour Dieu, avec une autre préposition : tâba 'alâ, « revenir vers quelqu'un », signifie qu'Il accueille le repentir. Dieu porte ainsi le nom d'at-Tawwâb, « l'Accueillant au repentir », et le Coran emploie ce même mot pour les croyants : « Allah aime ceux qui se repentent » (sourate 2, verset 222). Le repentir est donc un double mouvement : l'homme revient, Dieu revient vers lui.

En islam, ce retour se fait sans intermédiaire. Il n'existe ni confession à un prêtre ni absolution prononcée par un homme : le croyant s'adresse directement à Dieu, dans l'intimité.

Le repentir dans le Coran

Le premier repentir du Coran est celui d'Adam : « Puis Adam reçut de son Seigneur des paroles, et Allah agréa son repentir car c'est Lui certes, le Repentant, le Miséricordieux » (sourate 2, verset 37). Il n'y a pas, dans l'islam, de péché originel transmis : la faute d'Adam est pardonnée dès son repentir.

Le Coran ordonne aux croyants : « Repentez-vous à Allah d'un repentir sincère » (sourate 66, verset 8). L'expression arabe, tawba nasûh, désigne un repentir pur, sans arrière-pensée. Il ferme la porte au désespoir : « ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Car Allah pardonne tous les péchés » (sourate 39, verset 53). Il va plus loin encore pour celui qui se repent, croit et agit bien : « ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes » (sourate 25, verset 70).

Le repentir a cependant un temps. Le Coran précise qu'il n'est pas accepté de celui qui attend que la mort se présente pour dire qu'il se repent (sourate 4, verset 18). Le verset précédent loue ceux qui font le mal par ignorance « et qui aussitôt se repentent » (sourate 4, verset 17).

Quelles sont les conditions de la tawba ?

Les savants, comme an-Nawawi dans le Riyâd as-sâlihîn, résument les conditions du repentir en trois points lorsque la faute ne concerne que Dieu : cesser immédiatement la faute, la regretter sincèrement et prendre la résolution de ne pas y revenir. Une parole du Prophète rapportée par Ibn Mâja affirme d'ailleurs que le regret est déjà un repentir.

Quand la faute a lésé une autre personne, une quatrième condition s'ajoute : réparer. On rend le bien volé, on demande pardon à celui que l'on a offensé, ou l'on répare le tort autant qu'il est possible. Les juristes appellent ces dettes envers autrui les « droits des serviteurs » (huqûq al-'ibâd), que le repentir seul n'efface pas.

Le repentir n'exige pas de raconter sa faute. La tradition recommande au contraire de ne pas étaler ses péchés : selon un hadith rapporté par Boukhari et Muslim, toute la communauté sera pardonnée, sauf ceux qui exposent publiquement leurs fautes. Rechuter n'annule pas non plus la possibilité de se repentir à nouveau. Selon un hadith rapporté par Tirmidhi et Ibn Mâja, tout fils d'Adam commet des fautes, et les meilleurs des fautifs sont ceux qui se repentent.

Tawba et istighfâr : quelle différence ?

Les deux mots sont souvent employés ensemble, mais ils ne disent pas la même chose. L'istighfâr est la demande de pardon, une parole : astaghfirullâh, « je demande pardon à Allah », d'où vient l'expression familière starfoullah. La tawba est le retour lui-même, qui engage la conduite. Le Coran les distingue en les enchaînant : « Demandez pardon à votre Seigneur; ensuite, revenez à Lui » (sourate 11, verset 3).

La pratique du Prophète les réunit. Selon un hadith rapporté par Boukhari, il demandait pardon à Dieu et se repentait à Lui plus de soixante-dix fois par jour. Les savants y voient l'exemple d'un repentir qui ne suppose pas un grand péché : il fait partie de la vie spirituelle ordinaire, au même titre que le dhikr.

Les auteurs spirituels en font la première étape du chemin. Pour al-Ghazali, le repentir ouvre la purification de l'âme (tazkiya) : on ne peut progresser sans d'abord revenir.

La prière du repentir et les gestes qui l'accompagnent

La tradition connaît une prière du repentir (salât at-tawba). Selon un hadith rapporté par Abou Daoud et Tirmidhi, d'après Abou Bakr, celui qui commet une faute, fait ses ablutions, prie deux unités de prière (rak'a) puis demande pardon à Dieu, Dieu lui pardonne. La majorité des savants la tiennent pour recommandée ; elle n'a pas de formule obligatoire.

Le sermon publié par Oumma sous le titre Le repentir, Attaouba, prononcé en 2000 à la mosquée El Feth de Louvroil, énumère les actes qui « aident » le repentir : les ablutions (woudou), la prière, le jeûne, le pèlerinage, la demande de pardon, le rappel de Dieu, et même la maladie supportée avec patience, que la tradition présente comme une expiation.

La tradition insiste enfin sur la joie divine. Selon un hadith rapporté par Boukhari et Muslim, Dieu se réjouit davantage du repentir de Son serviteur qu'un voyageur qui retrouve, dans le désert, la chamelle qui portait ses provisions. Le récit de l'homme qui avait tué cent personnes et dont le repentir fut accepté, rapporté par les mêmes recueils, est souvent cité pour dire qu'aucune faute ne ferme la porte.

La sourate At-Tawba

Beaucoup de recherches sur le mot tawba visent en réalité la sourate 9, At-Tawba, « Le Repentir », 129 versets. Elle porte aussi le nom de Barâ'a, « le Désaveu », d'après son premier mot. C'est la seule sourate du Coran qui ne commence pas par la formule bismillah, « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ».

Son nom vient des nombreux passages qui y parlent du repentir, notamment celui des trois compagnons restés en arrière lors de l'expédition de Tabûk, pour qui « la terre leur paraissait exiguë » jusqu'à ce que Dieu agrée leur repentir (sourate 9, verset 118). La même sourate rappelle que c'est Allah « qui accueille le repentir de Ses serviteurs, et qui reçoit les Sadaqât » (sourate 9, verset 104).

Dans le Coran

  • Coran

    « O vous qui avez cru! Repentez-vous à Allah d’un repentir sincère. Il se peut que votre Seigneur vous efface vos fautes et qu’Il vous fasse entrer dans des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, le jour où Allah épargnera l’ignominie au Prophète et à ceux qui croient avec lui. Leur lumière courra devant eux et à leur droite; ils diront: «Seigneur, parfais-nous notre lumière et pardonne-nous. Car Tu es Omnipotent». »

    Sourate 66, verset 8 →
  • Coran

    « Dis: «O Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux. »

    Sourate 39, verset 53 →
  • Coran

    « Puis Adam reçut de son Seigneur des paroles, et Allah agréa son repentir car c’est Lui certes, le Repentant, le Miséricordieux. »

    Sourate 2, verset 37 →
  • Coran

    « Allah accueille seulement le repentir de ceux qui font le mal par ignorance et qui aussitôt se repentent. Voilà ceux de qui Allah accueille le repentir. Et Allah est Omniscient et Sage. »

    Sourate 4, verset 17 →

Traduction de Muhammad Hamidullah.

Pour comprendre en détail : Invocations et dhikr

Questions fréquentes

Que veut dire tawba ?+

Tawba (توبة) signifie « repentir ». Le mot vient de la racine t-w-b, « revenir » : se repentir, c'est revenir à Dieu après une faute. Le même verbe s'applique à Dieu, qui « revient » vers le croyant en accueillant son repentir, d'où Son nom at-Tawwâb, « l'Accueillant au repentir ».

Comment se repentir en islam ?+

Selon les savants, le repentir suppose de cesser la faute, de la regretter sincèrement et d'être résolu à ne pas recommencer. Si la faute a lésé quelqu'un, il faut aussi réparer ou demander pardon. Le croyant s'adresse directement à Dieu, sans intermédiaire ni confession, et la tradition recommande de ne pas divulguer ses fautes.

Qu'est-ce que la prière du repentir ?+

C'est une prière de deux rak'a que l'on accomplit après avoir fait ses ablutions, puis on demande pardon à Dieu. Elle repose sur un hadith rapporté par Abou Daoud et Tirmidhi, d'après Abou Bakr. La majorité des savants la jugent recommandée. Elle n'a pas de formule imposée : l'essentiel est le regret sincère.

Allah pardonne-t-il tous les péchés ?+

Le Coran dit : « ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Car Allah pardonne tous les péchés » (sourate 39, verset 53). Les savants comprennent que tout péché, même grave, peut être pardonné par un repentir sincère avant la mort. Seul le chirk dont on ne s'est pas repenti avant de mourir est exclu du pardon selon le Coran.

Quelle différence entre tawba et istighfar ?+

L'istighfâr est la demande de pardon, une parole comme « astaghfirullâh ». La tawba est le retour à Dieu, qui engage la conduite : cesser la faute, la regretter et décider de ne pas recommencer. Le Coran les enchaîne : « Demandez pardon à votre Seigneur; ensuite, revenez à Lui » (sourate 11, verset 3).

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