Djellaba

جلابة

Prononciation : jellāba · Autres graphies : jellaba, gandoura

Définition

Djellaba : Longue robe ample à capuchon, portée traditionnellement au Maghreb par les hommes et par les femmes. Le mot est entré en français au XIXe siècle et désigne aujourd'hui un vêtement du quotidien comme de cérémonie.

Qu'est-ce qu'une djellaba ?

La djellaba est une robe longue, ample, à manches longues et munie d'une capuche pointue. Elle descend jusqu'aux chevilles et se porte par-dessus les vêtements. C'est l'habit traditionnel du Maroc, que l'on retrouve aussi dans l'ouest de l'Algérie. Les hommes la portent en laine épaisse l'hiver, en coton ou en tissu léger l'été ; celle des femmes est souvent plus colorée et brodée.

Le mot vient de l'arabe maghrébin jellaba (جلابة). On le rapproche souvent de la racine j-l-b, qui a donné la jalabiyya (galabeya) d'Égypte, robe longue sans capuche, et le jilbâb, mot du Coran que Hamidullah traduit par « grands voiles » (sourate 33, verset 59). Le rapprochement est courant, mais il ne fait pas de la djellaba le vêtement dont parle ce verset (sur ces voiles, voir hijab et khimar). Le français a adopté le mot au XIXe siècle, au contact du Maghreb, sous les formes djellaba ou jellaba.

Djellaba, gandoura, qamis, burnous : quelle différence ?

Ces vêtements sont souvent confondus. La gandoura est une tunique longue, sans capuche, souvent sans manches ou à manches courtes, portée surtout en Algérie et en Tunisie ; ce n'est donc pas une variante de la djellaba, contrairement à ce qu'on lit parfois. Le qamis, mot arabe pour « chemise », désigne une longue tunique sans capuche, répandue dans la péninsule Arabique et adoptée par beaucoup de fidèles en France pour la prière. Le burnous est une grande cape de laine à capuche, sans manches, portée par-dessus. Le caftan, enfin, est une robe d'apparat, surtout féminine au Maroc.

La djellaba se porte pour aller à la mosquée, en particulier le vendredi pour la jumu'a, et pour l'Aïd al-Fitr, mais aucun texte n'en fait une obligation. Ce qui est demandé au fidèle, c'est un vêtement propre et décent, qui couvre ce qui doit l'être.

La djellaba en France

En France, la djellaba est devenue pour certains le signe visible d'un musulman, voire d'un suspect. Oumma a relevé plusieurs déclarations dans ce sens : en 2015, le député Alain Marsaud proposait de contrôler « les types en djellaba » dans les gares ; en 2017, une députée confiait avoir envie d'accélérer quand elle voyait « un barbu en djellaba » traverser. En 2021, à Vesoul, un policier de la brigade anticriminalité s'est habillé en djellaba pour passer inaperçu lors d'une opération, ce que les habitants ont pris pour une provocation.

La graphie la plus courante est djellaba, au pluriel djellabas ; on trouve aussi jellaba et djellabah. On dit une djellaba.

Exemple d'emploi

Il portait une djellaba blanche pour la prière.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une djellaba et une gandoura ?+

La djellaba a des manches longues et une capuche ; c'est l'habit traditionnel du Maroc. La gandoura est une tunique longue sans capuche, souvent sans manches ou à manches courtes, portée surtout en Algérie et en Tunisie. Les deux sont amples et descendent bas, d'où la confusion.

La djellaba est-elle un vêtement religieux ?+

Non. La djellaba est un vêtement traditionnel du Maghreb, porté au quotidien comme pour les grandes occasions. On la met volontiers pour la prière du vendredi ou les fêtes, mais aucun texte de l'islam ne l'impose. L'islam demande un vêtement propre et décent, sans fixer de forme.

D'où vient le mot djellaba ?+

Djellaba vient de l'arabe maghrébin jellaba (جلابة), passé en français au XIXe siècle. On le rapproche souvent de la racine j-l-b, qui a donné la jalabiyya d'Égypte et le jilbâb mentionné dans le Coran, sans que ces vêtements soient identiques.

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