Marabout

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Prononciation : murābiṭ · Autres graphies : morabit, mrabet

Définition

Marabout : Personnage religieux du Maghreb vénéré pour sa piété, ou son tombeau. En français familier, le mot désigne aussi un guérisseur ou voyant. Les musulmans réfutent souvent les pratiques de magie qu'on lui attribue.

Que veut dire marabout ?

Marabout vient de l'arabe murâbiṭ (مرابط), « celui qui se tient au ribâṭ ». La racine r-b-ṭ exprime l'idée d'attacher : le ribâṭ était à l'origine le lieu où l'on tenait les chevaux prêts, puis un poste fortifié aux frontières du monde musulman, où des volontaires alternaient garde armée, prière et étude. Le murâbiṭ était à la fois un dévot et un défenseur. La grande dynastie berbère des Almoravides (al-Murâbiṭûn), qui a régné sur le Maghreb et l'Andalousie aux XIe et XIIe siècles, tire son nom de ce mot.

Le français l'a reçu par le portugais marabuto. Dans l'arabe du Maghreb, on dit mrabet, devenu aussi un nom de famille courant, celui du journaliste marocain Ali Lmrabet ou de l'écrivain Mohammed Mrabet.

Le marabout, saint du Maghreb et guide d'Afrique de l'Ouest

Au Maghreb, le marabout est un saint homme, vivant ou mort, réputé pour sa piété et sa baraka, la grâce qu'on lui prête. Le mot désigne aussi son tombeau, petit édifice blanc à coupole (la koubba), but de visites et de fêtes annuelles, les moussems. Beaucoup de marabouts sont liés à une zâwiya, lieu d'enseignement et de prière d'une confrérie du soufisme.

En Afrique de l'Ouest, le marabout est un guide religieux : maître d'école coranique, lettré, cheikh d'une confrérie. Bakary Sambe rappelle dans La confrérie Tijâniyya : de l'Aghouat algérien aux plaines du Sénégal qu'en 1827 « un jeune marabout du Fouta Toro, El Hadj Omar Tall », reçut à La Mecque l'initiation qui fit de lui le grand propagateur de cette voie. Son article sur El Hadji Malick Sy montre le rôle de ces marabouts soufis dans la résistance culturelle à la colonisation.

Le culte des saints a aussi été critiqué. Au XXe siècle, le mouvement réformiste algérien d'Abdelhamid Ben Badis a combattu le « maraboutisme », que Malek Bennabi décrivait comme une dérive de la mystique, comme le rappelle l'article Le cheikh Abd el-Hamid Ben Badis vu par Malek Bennabi. Pour approfondir, voir la page thème sur le soufisme.

Le marabout en France : voyance et magie

En France, le mot a pris un tout autre sens. Les cartes et affichettes de « grands marabouts » promettent le retour de l'être aimé, la chance ou la guérison. Ce marabout-là est un voyant ou un guérisseur, qui vend des talismans et des rituels. Il n'a souvent plus rien de religieux.

L'islam condamne ces pratiques. Un hadith rapporté par Muslim dit que la prière de celui qui consulte un devin (ʿarrâf) et l'interroge n'est pas acceptée pendant quarante nuits. Les savants rangent la magie (siḥr) et la croyance aux talismans dans le chirk ou à sa lisière. Ils les distinguent de la roqya, la récitation du Coran et d'invocations sur un malade, admise par la tradition.

À noter : le marabout est aussi un grand oiseau échassier d'Afrique, nommé ainsi par allusion à l'allure grave d'un homme pieux.

Exemple d'emploi

Le marabout est enterré dans ce village.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un marabout en islam ?+

Dans la tradition musulmane du Maghreb et d'Afrique de l'Ouest, un marabout est un saint homme ou un guide religieux : un soufi réputé pour sa piété, un maître coranique, un cheikh de confrérie. Le mot vient de l'arabe murâbiṭ, l'homme du ribât. Au Maghreb, il désigne aussi le tombeau d'un saint.

Aller voir un marabout est-il haram ?+

Consulter un marabout au sens de voyant ou de magicien est condamné par les savants musulmans : un hadith rapporté par Muslim dit que la prière de celui qui consulte un devin n'est pas acceptée pendant quarante nuits, et la magie est rangée parmi les fautes graves. Demander conseil ou une invocation à un homme pieux est une autre chose.

D'où vient le mot marabout ?+

Marabout vient de l'arabe murâbiṭ (مرابط), « celui qui se tient au ribâṭ », poste fortifié où des dévots vivaient entre prière et garde. Le mot est passé en français par le portugais marabuto. La dynastie des Almoravides, al-Murâbiṭûn, porte le même nom. Au Maghreb, on dit mrabet.

Quelle différence entre un marabout et un cheikh ?+

Cheikh est un titre de respect pour un savant ou un maître spirituel, employé dans tout le monde musulman. Marabout est un mot propre au Maghreb et à l'Afrique de l'Ouest, qui désigne un saint homme ou un guide local, souvent lié à une zâwiya. En France, marabout a pris en plus le sens de voyant, ce que cheikh n'a jamais eu.

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