Que veut dire barda ?
Barda désigne l'équipement, le bagage, l'ensemble des affaires que l'on transporte, surtout quand il est lourd ou encombrant : « porter son barda », « il traînait tout son barda dans le métro », « range ton barda ». Par extension, le mot signifie aussi « fourbi », « bazar » : « et tout le barda », comme on dit « et tout le tralala ».
Le mot est familier mais ancien et compris de tous. Il n'a rien de péjoratif ni de religieux ; il évoque seulement l'encombrement.
On l'entend dans la vie de tous les jours, bien au-delà de l'armée : le randonneur, l'étudiant qui déménage ou le voyageur chargé de valises ont tous leur barda. Le mot garde une nuance d'affection ou d'agacement, selon qu'on parle de ses propres affaires ou de celles des autres.
D'où vient le mot barda ?
Barda vient de l'arabe barda'a (بردعة), prononcé barda'a ou berd'a dans les parlers du Maghreb. En arabe classique, on écrit aussi bardha'a (برذعة). Le mot désigne le bât, la couverture rembourrée ou la selle de charge que l'on pose sur le dos d'un âne, d'un mulet ou d'un chameau pour y fixer les fardeaux.
Le mot est passé en français au XIXe siècle, pendant la conquête de l'Algérie. Les soldats de l'armée d'Afrique l'ont repris pour leur propre charge : le paquetage, ce que le fantassin porte sur le dos pendant les marches. De l'animal de bât, l'image est passée au soldat chargé comme un mulet, puis à toute personne encombrée de bagages.
Barda et les autres mots venus de l'armée
Barda fait partie d'un ensemble de mots arabes que l'argot militaire a fait entrer dans le français au temps de la colonisation de l'Algérie : toubib, « médecin » ; clebs, « chien » ; bled, « pays » ; maboul, « fou » ; chouïa, « un peu » ; smala, la grande famille ; bézef, « beaucoup ». Rentrés de campagne, les soldats ont diffusé ces mots dans la langue populaire.
Ces emprunts anciens se distinguent des mots arrivés plus tard par l'immigration et le rap, comme wesh ou seum. Au pluriel, on écrit des bardas.
