Fantasia

فانتازيا

Prononciation : fantāzyā · Autres graphies : fantasya

Définition

Fantasia : Spectacle équestre traditionnel du Maghreb où des cavaliers lancent leurs chevaux au galop et tirent à l'unisson. Le mot désigne aussi, en français, une fantaisie. Il est entré en français au XIXe siècle.

Que veut dire fantasia ?

La fantasia est un spectacle équestre traditionnel du Maghreb. Une troupe de cavaliers en tenue d'apparat, alignés côte à côte, part au galop sur une piste ; au signal du chef, tous tirent en l'air avec de longs fusils chargés de poudre, si possible en une seule détonation. La réussite se juge à l'alignement des chevaux et à l'unisson du tir. Elle accompagne les moussems (fêtes de saints locaux), les mariages, les fêtes nationales et les festivals.

Le mot, lui, ne vient pas de l'arabe. C'est l'italien ou l'espagnol fantasia, « fantaisie, imagination », que les Européens ont appliqué au XIXe siècle à ces jeux qui leur paraissaient spectaculaires. L'arabe dialectal l'a ensuite repris sous la forme fantaziya (فانتازيا).

Tbourida, bâroud : les noms arabes de la fantasia

Au Maroc, la fantasia s'appelle tbourida, mot formé sur bâroud (بارود), « la poudre ». En Algérie et ailleurs au Maghreb, on parle de lʿab el-bâroud, « le jeu de la poudre », ou de lʿab el-khayl, « le jeu des chevaux ». Ces jeux reprennent l'allure des charges de cavalerie d'autrefois.

Le mot bâroud est lui-même passé en français par l'armée d'Afrique, comme toubib ou bled : un baroud est un combat, et un baroud d'honneur un dernier combat livré pour l'honneur, sans espoir de victoire.

La fantasia vue par les peintres et les écrivains

La fantasia est devenue en Europe une image de l'Orient grâce aux peintres orientalistes. Dans Le périple artistique d'Eugène Delacroix au Maghreb, Mohamed Chtatou rappelle que Delacroix, au Maroc en 1832, a tiré de son voyage les Exercices militaires des Marocains (Fantasia marocaine), une « ligne tumultueuse » de cavaliers fonçant vers un ennemi invisible. L'auteur note que ce spectacle avait son origine « plus dans l'imagination que dans la réalité », et que le tableau donne de l'Orient l'image d'un lieu « sauvage de poussière et de violence ».

La romancière algérienne Assia Djebar a repris le mot dans le titre de L'Amour, la fantasia (1985), où la charge des cavaliers sert d'image à l'histoire de la conquête de l'Algérie.

En français courant, fantasia a pris un sens figuré : une démonstration bruyante, un étalage spectaculaire (« quelle fantasia pour si peu ! »). On ne le confondra pas avec la fantaisie musicale, ni avec le film Fantasia de Disney, qui gardent le sens italien du mot. La fantasia n'a pas de sens religieux, même si elle anime souvent les moussems rattachés à une zâwiya.

Exemple d'emploi

La fantasia a ouvert le festival.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une fantasia ?+

Une fantasia est une démonstration équestre du Maghreb : des cavaliers alignés partent au galop et tirent ensemble une salve avec des fusils à poudre. Elle accompagne les fêtes, les mariages et les moussems. Au Maroc, on l'appelle tbourida, du mot arabe bâroud, « la poudre ».

Fantasia est-il un mot arabe ?+

Non. Fantasia vient de l'italien ou de l'espagnol fantasia, « fantaisie ». Ce sont les voyageurs et militaires européens du XIXe siècle qui ont donné ce nom aux jeux équestres du Maghreb. Les noms arabes sont tbourida au Maroc, « jeu de la poudre » ou « jeu des chevaux » ailleurs.

Que veut dire tbourida ?+

Tbourida est le nom marocain de la fantasia. Il est formé sur bâroud (بارود), « la poudre », car le moment fort du spectacle est la salve tirée à l'unisson par les cavaliers. Le même mot bâroud a donné en français baroud, « combat », et baroud d'honneur.

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