Que veut dire barakallahoufik ?
Barakallahoufik est une transcription en un seul mot de la phrase arabe bâraka Allâhu fîk (بارك الله فيك). Elle compte trois éléments : bâraka, « il a béni », un verbe au passé qui prend ici la valeur d'un souhait, comme en français « Dieu vous bénisse » ; Allâhu, « Dieu », sujet du verbe ; et fîk, « en toi ». Le sens est « que Dieu te bénisse », ou plus exactement « que Dieu dépose Sa bénédiction en toi ».
Le verbe vient de la racine b-r-k, celle de la baraka, le surcroît de bien que Dieu accorde et qui fait croître et durer ce qu'il touche. La même racine donne mubârak, « béni », dans Aïd moubarak, et mabrouk, « félicitations ».
La construction « bénir en » se lit déjà dans le Coran. À propos de la terre, il est dit que Dieu « l’a bénie et lui assigna ses ressources alimentaires » (sourate 41, verset 10) : en arabe, bâraka fîhâ, la même tournure que bâraka Allâhu fîk. Ailleurs, les anges disent à la famille d'Abraham : « Que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions soient sur vous, gens de cette maison! » (sourate 11, verset 73).
Barakallahoufik pour un homme, une femme ou plusieurs personnes
La dernière syllabe s'accorde avec la personne à qui l'on parle, pas avec celle qui parle. À un homme, on dit bâraka Allâhu fîka (بارك الله فيكَ) ; à une femme, bâraka Allâhu fîki (بارك الله فيكِ) ; à un groupe, bâraka Allâhu fîkoum (بارك الله فيكم). Pour deux personnes, l'arabe classique a une forme propre, fîkoumâ, rare à l'oral. À l'écrit, sans voyelles, fîka et fîki s'écrivent de la même façon : فيك.
Pour bénir une personne absente ou une chose, on change le pronom : bâraka Allâhu fîh (en lui), fîhâ (en elle). Les parents disent ainsi d'un enfant ou d'un bien qu'ils viennent de recevoir Allâhoumma bârik fîh, « ô Dieu, bénis-le ».
Une variante emploie laka (« pour toi ») au lieu de fîk : bâraka Allâhu laka. Le sens est très proche ; c'est elle qu'on retrouve dans la félicitation du mariage.
Quand dit-on barakallahoufik ?
Le premier usage est le remerciement. Après un service, une aide, un conseil ou un cadeau, barakallahoufik remplace ou complète choukrane : au lieu de dire seulement merci, on demande à Dieu de rendre au bienfaiteur plus que ce qu'on pourrait lui rendre.
Le deuxième usage est la félicitation. On le dit à des parents pour une naissance, à un étudiant pour un diplôme, à quelqu'un qui achète une maison. Pour le mariage, la tradition retient une formule précise : selon un hadith rapporté par Abou Daoud et Tirmidhi, le Prophète félicitait le jeune marié en lui disant bâraka Allâhu laka wa bâraka 'alayka wa jama'a baynakoumâ fî khayr, « que Dieu te bénisse, répande sur toi Sa bénédiction et vous unisse dans le bien ». Boukhari et Mouslim rapportent aussi qu'il dit bâraka Allâhu laka à son compagnon Abd ar-Rahmân ibn 'Awf, qui venait de se marier, en l'invitant à offrir un repas de noces, la walîma.
Le troisième usage est l'encouragement : sur les réseaux sociaux, sous une récitation de Coran ou un bon conseil, barakallahoufik équivaut à « bravo, continue ».
Que répondre à barakallahoufik ?
La réponse d'usage renvoie la bénédiction : wa fîka bâraka Allâh à un homme, wa fîki bâraka Allâh à une femme, wa fîkoum bâraka Allâh à plusieurs, « et que Dieu te bénisse aussi ». La forme courte wa fîk (« et en toi ») suffit, comme wa fîki pour une femme. On entend aussi wa iyyâk, « et toi de même », ou simplement amin.
Cette réponse suit une règle de politesse que le Coran applique aux salutations : rendre au moins ce que l'on a reçu (sourate 4, verset 86). Il n'existe pas de formule obligatoire ; l'important est de ne pas laisser le vœu sans retour.
Barakallahoufik, tabarakallah, jazakallahu khayran : quelle différence ?
Ces formules se ressemblent mais ne servent pas au même moment. Barakallahoufik est un vœu adressé à une personne : « que Dieu te bénisse ». Tabarakallah, tabâraka Allâh, est une exclamation d'admiration tournée vers Dieu : « béni soit Dieu », que l'on dit devant une belle chose, comme machallah. Jazakallahu khayran, « que Dieu te récompense par un bien », est un remerciement qui demande à Dieu une récompense plutôt qu'une bénédiction.
Au Maghreb, la forme parlée de barakallahoufik est Allah ybarek fik, avec le verbe à l'inaccompli. Les transcriptions de la forme littéraire sont nombreuses : barakallahoufik, barak allah oufik, baraka Allahou fik, barakAllahu feek ; toutes rendent la même phrase arabe, بارك الله فيك.
