Que veut dire Allahouma barik ?
Allahouma barik transcrit l'arabe Allâhumma bârik (اللهم بارك), « ô Dieu, bénis ». Allâhumma est la manière la plus courante d'interpeller Dieu dans une invocation : c'est Allâh suivi d'un mîm final qui remplace l'appel yâ, « ô ». Le Coran l'emploie, par exemple dans « O Allah, Maître de l'autorité absolue » (sourate 3, verset 26).
Bârik est l'impératif du verbe bâraka, « bénir », de la racine b-r-k, celle de baraka, la bénédiction, c'est-à-dire un bien qui dure et qui croît. Demander la baraka sur une chose, c'est demander qu'elle reste bonne et profite à son propriétaire.
La formule se complète presque toujours : Allahouma barik lahou (pour lui), laha (pour elle), lahoum (pour eux), fihi (en cette chose) ou 'alayhi (sur lui). Devant un nouveau-né, on entend ainsi Allahouma barik lahou, « ô Dieu, bénis-le ».
Quand dit-on Allahouma barik ? Le mauvais œil
On la dit devant ce qui suscite l'admiration : un bébé, un enfant qui réussit, un mariage, une maison, une voiture neuve, une belle récitation du Coran. Sur les réseaux sociaux, elle accompagne souvent la photo d'un nouveau-né ou l'annonce d'un diplôme.
L'usage s'appuie sur un récit rapporté notamment par Mâlik dans le Muwatta' et par Ibn Mâja. Le compagnon 'Âmir ibn Rabî'a vit Sahl ibn Hunayf se laver et s'extasia sur la beauté de sa peau ; Sahl tomba aussitôt malade. Le Prophète reprocha à 'Âmir de nuire ainsi à son frère et lui demanda pourquoi il n'avait pas appelé sur lui la bénédiction de Dieu. Dans une version du même récit, il ajoute que celui qui voit chez son frère quelque chose qui lui plaît doit invoquer pour lui la baraka.
Les savants en ont tiré la recommandation de bénir ce que l'on admire. Le sens n'est pas magique : celui qui demande pour l'autre le bien qu'il voit chez lui ne l'envie pas. La croyance au mauvais œil est contestée par certains auteurs, comme le rappelle la page machallah, qui présente aussi l'article d'Oumma sur la sourate 113 et le mauvais œil.
Allahouma barik, machallah ou tabarakallah ?
Les trois formules se disent souvent ensemble, « machallah, Allahouma barik », mais elles ne font pas la même chose. Machallah, « ce qu'Allah a voulu », constate que le bienfait vient de Dieu ; elle vient du verset 39 de la sourate 18. Tabarakallah, « béni soit Allah », loue Dieu. Allahouma barik est une demande : elle invoque la bénédiction sur la personne admirée.
C'est pourquoi plusieurs savants la jugent la plus proche des mots du hadith, qui parle d'« appeler la bénédiction ». D'autres considèrent que toute formule qui rapporte le bien à Dieu remplit le même but. Dans la pratique, aucune n'est imposée, et l'on peut dire aussi barakallahou fih, « qu'Allah le bénisse », de même sens (voir barakallahoufik).
Allahouma barik dans la prière et les invocations du Prophète
Beaucoup de musulmans la récitent chaque jour sans y penser : elle figure dans la prière sur le Prophète que l'on dit à la fin de la prière, au tachahoud. Selon un hadith rapporté par Boukhari, le Prophète l'enseigna ainsi : Allâhumma bârik 'alâ Muhammad wa 'alâ âli Muhammad, kamâ bârakta 'alâ Ibrâhîm wa 'alâ âli Ibrâhîm, « ô Dieu, bénis Muhammad et la famille de Muhammad comme Tu as béni Abraham et la famille d'Abraham ». La formule fait écho au Coran, où les anges disent à la famille d'Abraham : « Que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions soient sur vous, gens de cette maison! » (sourate 11, verset 73).
La tradition rapporte d'autres emplois. Selon Boukhari et Muslim, le Prophète pria pour son serviteur Anas ibn Mâlik que Dieu multiplie ses biens et ses enfants et le bénisse en ce qu'Il lui donnait. Aux jeunes mariés, il souhaitait que Dieu les bénisse et les unisse dans le bien, formule rapportée par Abou Daoud et Tirmidhi et toujours employée lors du mariage.
Que répondre à Allahouma barik et comment l'écrire ?
On répond d'abord amin, « ainsi soit-il ». L'usage est aussi de rendre la bénédiction : wa fik barak Allah, « et qu'Allah te bénisse aussi » (wa fiki pour une femme), ou plus simplement barakallahoufik. Au Maghreb, on entend Allah ybarek fik. Les parents d'un enfant complimenté répondent souvent « amin, Allah ybarek fik ».
En arabe, la formule s'écrit اللهم بارك, puis اللهم بارك له (pour lui) ou اللهم بارك لها (pour elle). En lettres latines, Allahouma barik, Allahoumma barik, Allahumma barik et Allahuma barik sont toutes admises ; la graphie avec deux m est la plus fidèle à l'arabe.

