Allah yehdik

الله يهديك

Prononciation : Allāh yahdīk · Autres graphies : allah yahdik, allah yahdi, rabbi yahdik, allah yehdi

Définition

Allah yehdik : Littéralement « que Dieu te guide ». On le dit à quelqu'un qui commet une erreur ou qui agace, avec une nuance de patience, voire de reproche affectueux. Il peut aussi servir de vœu sincère de guidance.

Que veut dire Allah yehdik ?

Allah yehdik transcrit l'arabe Allâh yahdîk (الله يهديك) : yahdî est l'inaccompli du verbe hadâ, « guider », avec une valeur de souhait, et -k veut dire « toi ». Le sens est « que Dieu te guide, qu'Il te mette sur le bon chemin ». À une femme, on dit Allah yehdiki ; à plusieurs, Allah yehdikoum. En Algérie, on entend aussi rabbi yehdik, rabbi (« mon Seigneur ») remplaçant Allah.

La racine h-d-y est l'une des plus importantes du Coran. Elle donne hudâ, la bonne direction, hidâya, la guidance, et al-Hâdî, « Celui qui guide », l'un des noms de Dieu. Chaque musulman la prononce plusieurs fois par jour dans la Fâtiha : « Guide-nous dans le droit chemin, » (sourate 1, verset 6).

Le Coran rappelle aussi que la guidance n'appartient qu'à Dieu, même pour le Prophète : « Tu [Muhammad] ne diriges pas celui que tu aimes: mais c’est Allah qui guide qui Il veut » (sourate 28, verset 56). Dire Allah yehdik, c'est remettre à Dieu ce que l'on ne peut obtenir soi-même.

Quand dit-on Allah yehdik ?

Dans la vie quotidienne au Maghreb, Allah yehdik exprime le plus souvent une patience un peu lasse. Un enfant renverse son verre, un ami a encore oublié ses clés, un conducteur fait une manœuvre absurde : « Allah yehdik ! ». Le ton fait le sens, du sourire à l'exaspération, mais la formule reste un vœu et non une insulte.

Elle s'emploie aussi au sens sincère, pour quelqu'un qui traverse une mauvaise passe, qui s'est éloigné de sa famille ou de la pratique. Elle peut alors être mal reçue si elle sonne comme une leçon de morale : celui qui l'entend comprend qu'on le juge égaré.

Une tradition rapportée par Boukhari enseigne un échange autour de l'éternuement : celui qui éternue dit hamdoulah, on lui répond « que Dieu te fasse miséricorde », et il conclut par « que Dieu vous guide et améliore votre état ». Le vœu de guidance y est une politesse, pas un reproche. Sur la place de ces formules dans la vie du croyant, voir la page invocations et dhikr.

Que répondre à Allah yehdik ?

La réponse la plus simple est amin, « ainsi soit-il » : on accepte le vœu, quel que soit le ton. Une réponse plus élégante retourne la formule à tout le monde : Allah yehdina jami'an, « que Dieu nous guide tous », ou wa iyyak, « et toi aussi ». Elle désamorce le reproche en rappelant que nul n'est sûr d'être lui-même sur le bon chemin.

La formule ne se confond pas avec Allah yarhamou, qui demande la miséricorde pour un défunt, ni avec Allah ybarek, qui appelle la bénédiction.

Exemple d'emploi

Tu as encore oublié tes clés, Allah yehdik !

Ce qu'on répond

Amin

Dans le Coran

Traduction de Muhammad Hamidullah.

Questions fréquentes

Que répondre à Allah yehdik ?+

On répond amin, « ainsi soit-il », ou Allah yehdina jami'an, « que Dieu nous guide tous ». Cette seconde réponse est la plus courtoise : elle accepte le vœu sans prendre la remarque pour une accusation, et rappelle que chacun a besoin de guidance. Entre proches, un simple wa iyyak, « et toi aussi », suffit.

Allah yehdik est-il une insulte ?+

Non. Allah yehdik veut dire « que Dieu te guide » : c'est un vœu, même quand il est prononcé avec agacement. Au Maghreb, on l'emploie comme un « mais enfin ! » affectueux. Il peut toutefois blesser s'il sonne comme un jugement sur la foi de l'autre. Le ton et le contexte comptent plus que les mots.

Quelle différence entre Allah yehdik et rabbi yehdik ?+

Aucune sur le sens : les deux veulent dire « que Dieu te guide ». Rabbi signifie « mon Seigneur » et remplace le nom Allah, surtout dans le parler algérien et marocain. On dit de même rabbi yerhmou pour un défunt ou rabbi ybarek pour bénir. Le choix entre les deux dépend de l'habitude familiale.

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