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“Ya Rab. Le djihad contre le terrorisme”, le film qui soulève des protestations en Inde

Derrière sa caméra, le cinéaste Hasnain Hyderabadwala assure avoir voulu apporter la lumière dans des salles obscures rendues ténébreuses par le matraquage hollywoodien anti-islam, mais il prêche dans le désert, couvert par la clameur de colère qui monte à Bombay, à l’approche de la sortie officielle de son film « Ya Rab », le 7 février prochain.

Est-ce son sous-titre « Le dijhad contre le terrorisme » qui a mis le feu aux poudres ? Toujours est-il que la perspective de voir projeté sur grand écran un énième péplum sur le terrorisme, dans lequel les musulmans sont les éternels méchants, a soulevé des protestations de masse en Inde, sourdes au message du réalisateur qui affirme avoir fait œuvre salutaire.

Filmant le djihad en grand angle, afin de mettre en lumière la manipulation dont sont victimes les musulmans pour rejoindre les groupes terroristes, Hasnain Hyderabadwala et ses producteurs, inquiets devant les appels à interdire le film et à retirer ses affiches lancés par des musulmans indiens très offensés, parmi lesquels figurent des savants, insistent sur leur volonté d’éclairer les esprits, de chasser les idées noires, et de montrer au grand jour le vrai visage de l’islam.

"Le film aspire à secouer et réveiller les masses, mais surtout pas à blesser leurs sentiments religieux. C’est certain, ceux qui prônent le terrorisme seront très pertubés par notre production", a déclaré le producteur, Mahesh Bhatt, au Times of India. "L'idée maîtresse qui a conduit à réaliser « Ya Rab » est de montrer que l'islam a été utilisé comme un outil pour propager le terrorisme. On ne le dira jamais assez, le Coran n'approuve pas le terrorisme en aucune façon, pas un seul verset dans le Coran ne soutient le terrorisme", a-il martelé.

Les arguments avancés par la production du film semblent se perde dans le bruit de la contestation, alors que, samedi dernier, les rues de Bombay grouillaient de manifestants, tous mortifiés et incrédules, qui exprimaient leur vif mécontentement et leur ras-le-bol. "Pourquoi le film a dépeint seulement les musulmans comme des terroristes? Il aurait pu aussi faire jouer ce rôle à des personnages d'autres religions", s’est emporté Syed Furqan, Secrétaire Général des minorités, renchérissant : "C’est toujours la même chose, le film s’attache à faire endosser aux musulmans le mauvais rôle et cela rejaillit sur l’image de l’islam. Loin d’effacer les malentendus, il va exacerber la haine."

« Ya Rab » n’a pas encore illuminé les écrans qu’il a déjà embrasé les esprits, Hasnain Hyderabadwala ignorant si l’avenir de son film se jouera dans les salles de cinéma ou dans un prétoire, celui de la Haute cour de justice, seule à même de statuer sur l’interdiction ou non du long métrage.

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