Qui est Moïse (Mûsâ) en islam ?
Moïse, Mûsâ en arabe, est le prophète le plus souvent nommé dans le Coran : 136 mentions réparties dans 34 sourates, loin devant Abraham ou Noé. Le Coran le décrit comme « un élu », « un Messager et un prophète » (19:51), à la fois rasûl et nabî. Il était « honorable auprès d'Allah » (33:69) et, parmi les messagers, celui dont il est dit : « Allah a parlé à Moïse de vive voix » (4:164). D'où son titre traditionnel de Kalîm Allâh, « celui à qui Allah a parlé ».
La tradition le range parmi les cinq messagers dits « doués de fermeté » (ulû l-azm). Le Coran rappelle en effet l'engagement solennel pris envers les prophètes, de Muhammad, Noé, Abraham, Moïse et Jésus (33:7), et la religion commune enjointe à Noé, Abraham, Moïse et Jésus (42:13). Son nom est lié à un Livre, la Thora (Tawrât), l'un des livres révélés : « Nous avons déjà apporté à Moïse et Aaron le Livre du discernement (la Thora) » (21:48). Le Coran cite aussi « les Feuilles d'Abraham et de Moïse » (87:19).
Le Coran ne raconte pas la vie de Moïse d'un seul tenant. Les épisodes sont répartis entre plusieurs sourates (2, 7, 10, 18, 20, 26 et 28), chacun choisi pour sa leçon plus que pour sa chronologie. Il ne donne ni date, ni nom au Pharaon. La Bible connaît le même personnage sous le nom de Moshé et le place au centre de l'Exode et du Pentateuque : les récits se recoupent largement, avec des différences que cette page signale au fil de l'histoire. Cette page suit l'ordre d'une vie, puis la place de Moïse dans la tradition musulmane.
Naissance et enfance : le coffret, la mère et la maison de Pharaon
Le récit s'ouvre sur ces mots : « Nous te racontons en toute vérité, de l'histoire de Moïse et de Pharaon, à l'intention des gens qui croient » (28:3). Le décor est celui d'une oppression : Pharaon « était hautain sur terre », il répartissait les habitants en clans et « égorgeait leurs fils et laissait vivantes leurs femmes » (28:4). Allah veut alors « favoriser ceux qui avaient été faibles sur terre » (28:5).
À la mère de Moïse, Allah révèle : « Allaite-le. Et quand tu craindras pour lui, jette-le dans le flot. Et n'aie pas peur et ne t'attriste pas : Nous te le rendrons et ferons de lui un Messager » (28:7). Le récit de la sourate Tâ-Hâ précise qu'elle le met « dans le coffret », que le fleuve jette sur la rive, et qu'Allah répand sur l'enfant une affection pour qu'il soit élevé « sous Mon œil » (20:39).
Les gens de la maison de Pharaon recueillent l'enfant. La femme de Pharaon dit : « Ne le tuez pas » (28:9). Le Coran ne la nomme pas ici ; la tradition l'appelle Âsiya et le verset 66:11 la donne en exemple de foi. La sœur de Moïse suit le coffret de loin et propose une nourrice (28:11, 28:12). L'enfant refuse d'autres seins et revient ainsi à sa mère, « afin que son œil se réjouisse, qu'elle ne s'affligeât pas et qu'elle sût que la promesse d'Allah est vraie » (28:13). Le récit biblique est proche mais diffère sur un point : il parle de la fille de Pharaon qui découvre le coffret, tandis que le Coran parle de la maison de Pharaon et de sa femme.
De la jeunesse à Madyan : la faute, le repentir et l'exil
Devenu adulte, Moïse reçoit « la faculté de juger et une science » (28:14). Un jour, il entre dans la ville à un moment d'inattention et trouve deux hommes qui se battent, l'un de son parti, l'autre de ses adversaires (28:15). Il vient au secours du premier et, d'un coup de poing, l'autre en meurt. Il dit : « Cela est l'œuvre du Diable », puis : « Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même ; pardonne-moi », et Allah lui pardonne (28:16). Il promet alors : « jamais je ne soutiendrai les criminels » (28:17).
Le lendemain, l'homme qu'il avait secouru l'appelle de nouveau à l'aide (28:18). Moïse veut s'en prendre à leur ennemi commun, et l'Israélite lui lance : « veux-tu me tuer comme tu as tué un homme hier ? » (28:19). L'affaire s'ébruite. Un homme accourt du bout de la ville pour l'avertir que les notables veulent le tuer, et lui conseille de partir (28:20). Moïse s'enfuit en priant : « Seigneur, sauve-moi de [ce] peuple injuste ! » (28:21). En prenant la route de Madyan, il dit : « Je souhaite que mon Seigneur me guide sur la voie droite » (28:22).
Au point d'eau de Madyan, il trouve deux femmes à l'écart qui attendent que les bergers s'en aillent. Il les aide, puis prie à l'ombre : « Seigneur, j'ai grand besoin du bien que tu feras descendre vers moi » (28:24). L'une d'elles dit à son père : « engage-le [à ton service] moyennant salaire, car le meilleur à engager c'est celui qui est fort et digne de confiance » (28:26). Le vieil homme lui propose de marier l'une de ses filles contre huit ans de service, et dix si Moïse le souhaite (28:27). Beaucoup d'exégètes y voient le prophète Chouaïb, d'autres le contestent, et la Bible parle de Jéthro (ou Réuel).
Le feu et l'appel : le buisson, la vallée sacrée et la mission
À la fin du terme convenu, Moïse part avec sa famille. Il aperçoit un feu du côté du Mont et dit aux siens d'attendre (28:29, 20:10) : peut-être en rapportera-t-il une nouvelle ou un tison (27:7). Là, il est appelé « du flanc droit de la vallée, dans la place bénie, à partir de l'arbre » : « O Moïse ! C'est Moi Allah, le Seigneur de l'univers » (28:30). La Bible parle d'un buisson ardent ; le Coran parle d'un feu, d'un arbre et de la vallée sacrée de Tuwâ, où Moïse doit ôter ses sandales (20:12). Allah lui dit : « Moi, Je t'ai choisi » (20:13) et lui enseigne l'essentiel : « c'est Moi Allah : point de divinité que Moi. Adore-Moi donc et accomplis la Salât pour te souvenir de Moi » (20:14).
Deux signes lui sont donnés. Son bâton, jeté à terre, devient un serpent qui rampe (20:19, 20:20) ; sa main, glissée sous l'aisselle, ressort blanche sans mal (20:22). Le Coran parle de neuf signes en tout (17:101) et en cite plusieurs, comme l'inondation, les sauterelles, les poux, les grenouilles et le sang (7:133). Allah lui ordonne : « Rends-toi auprès de Pharaon car il a outrepassé toute limite » (20:24).
Moïse n'est pas sûr de lui. Il craint d'être traité de menteur (26:12) et d'être tué à cause de l'homme qu'il avait tué (28:33). Il prie alors : « Seigneur, ouvre-moi ma poitrine, et facilite ma mission, et dénoue un nœud en ma langue, afin qu'ils comprennent mes paroles » (20:25 à 20:28), puis demande pour assistant son frère « Aaron » (20:29, 20:30). Allah l'exauce : « Ta demande est exaucée, ô Moïse » (20:36) ; Aaron est lui-même un prophète (19:53), et Allah promet : « Nous allons, par ton frère, fortifier ton bras » (28:35).
Face à Pharaon : les signes, les magiciens et la foi persécutée
Allah envoie les deux frères avec une consigne de douceur : « parlez-lui gentiment. Peut-être se rappellera-t-il ou [Me] craindra-t-il ? » (20:44). Ils craignent sa violence, et Allah les rassure : « Je suis avec vous : J'entends et Je vois » (20:46). Devant Pharaon, Moïse se présente : « je suis un Messager de la part du Seigneur de l'Univers » (7:104) et demande qu'il laisse partir les Enfants d'Israël (26:17). À la question « Et qu'est-ce que le Seigneur de l'univers ? » (26:23), Moïse répond que c'est « le Seigneur des cieux et de la terre » (26:24). Pharaon lance à ses notables : « je ne connais pas de divinité pour vous autre que moi » (28:38).
Pharaon réunit ses magiciens pour un défi public. Quand Moïse leur dit « Jetez ce que vous avez à jeter » (26:43), ils ensorcellent les yeux des gens (7:116). Puis le bâton de Moïse avale ce qu'ils avaient fabriqué (7:117) : « la vérité se manifesta » (7:118). Les magiciens se prosternent et déclarent : « Nous croyons au Seigneur de l'Univers » (7:121), au Seigneur « de Moïse et d'Aaron » (7:122). Pharaon les menace de leur couper la main et la jambe opposées et de les crucifier (7:124). Ils répondent : « Tu ne te venges de nous que parce que nous avons cru aux preuves de notre Seigneur » (7:126).
Le Coran évoque ensuite les années de disette (7:130) et la série de signes (7:133). Pharaon dit : « Laissez-moi tuer Moïse » (40:26). Moïse s'en remet à Allah : « Je cherche auprès de mon Seigneur et le vôtre, protection contre tout orgueilleux qui ne croit pas au jour du Compte » (40:27). Un homme de la maison de Pharaon, qui cachait sa foi, prend sa défense (40:28). Moïse et Aaron reçoivent l'ordre de faire des maisons du peuple « un lieu de prière » (10:87). Moïse conseille à son peuple : « Demandez aide auprès d'Allah et soyez patients » (7:128).
La sortie d'Égypte et la traversée de la mer
Vient l'ordre du départ : « Pars la nuit, à la tête de Mes serviteurs, puis, trace-leur un passage à sec dans la mer : sans craindre une poursuite et sans éprouver aucune peur » (20:77, 26:52). Pharaon envoie des rassembleurs dans les villes (26:53) et poursuit les fuyards. Quand les deux troupes se voient, les compagnons de Moïse s'écrient : « Nous allons être rejoints » (26:61). Moïse répond : « Jamais, car j'ai avec moi mon Seigneur qui va me guider » (26:62). Allah lui ordonne : « Frappe la mer de ton bâton ». Elle se fend et « chaque versant fut comme une énorme montagne » (26:63). Moïse et ses compagnons sont sauvés (26:65) et leurs poursuivants noyés (20:78).
Le Coran ne nomme pas la mer ; la tradition y voit la mer Rouge. Au moment de la noyade, Pharaon déclare : « Je crois qu'il n'y a d'autre divinité que Celui en qui ont cru les enfants d'Israël » (10:90). Allah répond : « Maintenant ? Alors qu'auparavant tu as désobéi » (10:91), puis ajoute : « Nous allons aujourd'hui épargner ton corps, afin que tu deviennes un signe à tes successeurs » (10:92).
L'identité du Pharaon et la date de l'Exode ne sont pas données. Plusieurs articles d'Oumma discutent le sujet. Une présentation des travaux du Dr Maurice Bucaille, parue sur Oumma sous le titre « Le docteur Maurice Bucaille », y voit dans le corps épargné du verset 10:92 un rapport avec les momies retrouvées en Égypte. Nour-Eddine Boukrouh, qui présente la lecture de Malek Bennabi dans « Le phénomène coranique », rapporte l'hypothèse qui voit dans le Pharaon un fils de Ramsès II, Mineptah. Ces identifications font débat, et les historiens et archéologues contemporains sont nombreux à douter qu'on puisse dater l'Exode à partir des sources égyptiennes : l'article « Le déluge, les 10 plaies d'Égypte… » de Chems Eddine Chitour en rend compte. Pour la tradition musulmane, l'essentiel est dans la leçon des versets : Pharaon est devenu un signe, et la délivrance vient d'Allah.
Le Sinaï, les Tables de la Thora et le veau d'or
Après la traversée, Allah donne rendez-vous aux Enfants d'Israël « sur le flanc droit du Mont » et fait descendre sur eux la manne et les cailles (20:80). Moïse part pour le rendez-vous de quarante nuits : trente nuits, qu'Allah complète par dix (7:142). Il laisse à Aaron la direction du peuple. Le texte de 7:143 est l'un des plus intimes du Coran : Allah lui parle, et Moïse demande : « O mon Seigneur, montre Toi à moi pour que je Te voie ! » La réponse est : « Tu ne Me verras pas ; mais regarde le Mont ». Le Mont s'effondre et Moïse tombe foudroyé, puis revient à lui et se repent. Allah lui dit ensuite : « Je t'ai préféré à tous les hommes, par Mes messages et par Ma parole » (7:144). Moïse reçoit les tablettes, « une exhortation concernant toute chose, et un exposé détaillé de toute chose » (7:145). C'est aussi le Livre que le Coran évoque comme « guide et miséricorde » (6:154) et comme guide pour les Enfants d'Israël (17:2).
Pendant son absence, le peuple adopte un veau fait de leurs parures, « un corps qui semblait mugir » (7:148). Le Coran attribue la fabrication à un homme appelé le Sâmirî (20:95) : « Voilà ce que mon âme m'a suggéré », dit-il (20:96). Aaron avait averti son peuple : « vous êtes tombés dans la tentation (à cause du veau) » (20:90). À son retour, Moïse revient « fâché, attristé » (7:150) et interroge son frère (20:92, 20:93). Aaron répond qu'il craignait de diviser les Enfants d'Israël (20:94). Moïse prie : « pardonne à moi et à mon frère » (7:151). Il condamne le Sâmirî et annonce qu'on brûlera ce veau (20:97) ; Allah promet son pardon à ceux qui se repentent (7:153).
La version biblique diffère : dans l'Exode, c'est Aaron qui fabrique le veau d'or. Le Coran le disculpe. Rafik Hiahemzizou compare les deux récits dans « Une critique de l'islamologie moderne » (partie 3).
Dans le désert : l'eau du rocher, la terre sainte, la vache et Coré
Dans le désert, Allah pourvoit au peuple. Quand Moïse demande de l'eau, il lui est dit : « Frappe le rocher avec ton bâton », et douze sources jaillissent, une pour chaque tribu (2:60, 7:160). Un nuage les couvre d'ombre, la manne et les cailles descendent (2:57). Pourtant, le peuple se lasse : « nous ne pouvons plus tolérer une seule nourriture » (2:61).
Moïse leur ordonne ensuite d'entrer dans la terre sainte : « O mon peuple ! Entrez dans la terre sainte qu'Allah vous a prescrite » (5:21). Ils invoquent un peuple de géants (5:22) et disent : « Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux » (5:24). Moïse répond : « Seigneur ! Je n'ai de pouvoir, vraiment, que sur moi-même et sur mon frère » (5:25). La terre leur est interdite quarante ans, durant lesquels ils errent (5:26). Le Coran ne raconte pas la mort de Moïse. Plus tard, le Coffre contenant les reliques de la famille de Moïse et de la famille d'Aaron revient aux Enfants d'Israël comme signe d'investiture d'un roi (2:248).
La sourate de la Vache (2:67 à 2:73) tire son nom d'un épisode du temps de Moïse. Il dit à son peuple d'immoler une vache ; ils le soupçonnent de se moquer d'eux, puis multiplient les questions sur son âge, sa couleur, son état, ce qui rend l'ordre plus précis et plus difficile à suivre (2:68 à 2:71). Le Coran lie l'épisode à un homme tué dont le meurtrier est inconnu : on le frappe avec une partie de la bête et Allah montre qu'il ressuscite les morts (2:72, 2:73). Un autre récit parle de Coré (Qârûn), du peuple de Moïse, enorgueilli par ses richesses ; la terre l'engloutit avec sa maison (28:76, 28:81).
Moïse et al-Khidr : la science que Moïse ne possédait pas
La sourate de la Caverne (18:60 à 18:82) raconte une rencontre unique. Moïse dit à son valet qu'il ne s'arrêtera pas avant d'atteindre « le confluent des deux mers » (18:60). Ils y oublient leur poisson (18:61), qui prend son chemin dans la mer. Revenus sur leurs pas, ils trouvent « l'un de Nos serviteurs à qui Nous avions donné une grâce, de Notre part, et à qui Nous avions enseigné une science émanant de Nous » (18:65). Moïse lui demande de le suivre pour apprendre (18:66). L'autre le prévient : « tu ne pourras jamais être patient avec moi » (18:67). Moïse promet de l'être (18:69).
Trois épisodes suivent. Le serviteur fait une brèche dans un bateau (18:71), tue un enfant (18:74) et redresse un mur dans un village qui leur refusait l'hospitalité (18:77). Moïse proteste à chaque fois, et il est finalement séparé de son compagnon (18:78). Celui-ci explique le sens caché : le bateau appartenait à des pauvres, et un roi saisissait de force les bateaux (18:79) ; l'enfant allait imposer à ses parents croyants « la rébellion et la mécréance » (18:80) ; le mur protégeait le trésor de deux orphelins, dont le père était vertueux (18:82).
Le Coran ne donne pas le nom du serviteur. La tradition rapportée par al-Bukhârî, d'après Ubayy ibn Ka'b, l'appelle al-Khidr, « le Vert », et dit que Moïse, à qui l'on demandait qui était le plus savant, répondit que c'était lui, avant qu'Allah lui indique ce serviteur. Les savants divergent sur sa nature : prophète pour beaucoup, serviteur pieux pour d'autres, et saint dans la lecture soufie. Soufiane Zitouni lit ce récit comme une leçon de patience devant ce qui paraît injuste, dans « Une lecture musulmane du Testament spirituel de Christian de Chergé ». Pour la tradition, la leçon est double : même un grand prophète ne possède pas toute la science, et ce qui paraît un mal peut cacher un bien.
La place de Moïse dans la tradition : Kalîm Allâh, le Mi'râj et Achoura
Les musulmans tiennent Moïse pour un modèle de prophète. Le Coran loue sa patience devant l'épreuve (7:128) et son lien avec Allah, qui l'a « préféré à tous les hommes, par Mes messages et par Ma parole » (7:144). Il le dit aussi victime des accusations de son peuple : « Ne soyez pas comme ceux qui ont offensé Moïse. Allah l'a déclaré innocent de leurs accusations » (33:69). Les exégètes y rattachent un hadith d'al-Bukhârî sur la pudeur de Moïse.
Moïse apparaît dans le récit du Voyage nocturne, l'Isrâ et Mi'râj, dont le début (17:1) est suivi, dès le verset suivant, de la mention du Livre donné à Moïse (17:2). Selon les recueils d'al-Bukhârî et de Muslim, le Prophète rencontre Moïse au cours de l'ascension. Quand les prières demandées à sa communauté sont fixées à cinquante par jour, Moïse l'invite à retourner demander un allègement, et le nombre est ramené à cinq. Moussa Allem rapporte ce passage dans « Le Voyage nocturne (al-Isrâ) et l'Ascension (al-Mi'râj) ».
L'Achoura garde aussi sa trace. La tradition rapporte qu'à Médine, le Prophète trouva des juifs qui jeûnaient le dixième jour de Muharram, jour où Allah avait sauvé Moïse et son peuple. Il dit : « Je suis plus digne de me réclamer de Moïse que vous », jeûna ce jour et ordonna de le jeûner. Il souhaita aussi jeûner le neuvième jour l'année suivante, pour se distinguer. Ahmadou M. Kanté en retrace l'origine dans « Aux origines d'Achoura » et rapproche l'Exode de l'Hégire dans « Hégire et Exode : quelles articulations ? », et la page Achoura et Mawlid prolonge le sujet.
Enfin, Moïse relie l'islam au judaïsme. Les juifs le tiennent pour Moshé Rabbénou, celui qui a reçu la Torah au Sinaï, et les musulmans pour un prophète qui a reçu la Tawrât. Ils s'accordent sur son rôle central, et divergent sur ce qui a suivi : pour les musulmans, la Révélation se poursuit avec Jésus puis Muhammad. Les savants musulmans ne sont pas unanimes sur le degré d'altération du texte actuel de la Torah. Marwan Sinaceur rappelle que le Coran reconnaît cette révélation dans « Pour un message de paix ». Retrouvez les autres messagers sur la page des prophètes de l'islam.










