Écoutez, par mon métier de journaliste, j'ai été amenée à étudier l'histoire du monde arabe avec l'histoire de Saladin, puis l'histoire de l'Irak, et je me suis dit avec cette l'histoire ne permet pas de comprendre l'âme arabe, ce qu'il a dans le cœur, et il faut pour cela, il faut s'intéresser à l'islam. Et donc, je suis allée dans l'étude de l'islam, mais quel islam ? L'islam du Prophète bien sûr. Et quel islam a-t-il prêché ? Quel islam a-t-il reçu de l'ange Gabriel ? Et comment s'est passée la naissance de cette religion nouvelle à La Mecque au VIIe siècle ? C'est ça qui m'a intéressée. Et après cela, qui était ce prophète ? Comment vivait-il avec les premières personnes qui l'ont suivi, ses premiers compagnons, et puis surtout ses femmes car il en a eu plusieurs ? Et parmi toutes celles-là, en plus de Khadija, qui elle malheureusement est morte avant la hijra, avant le voyage à Médine, eh bien il y en a une qui a été la le témoin de toute cette période, les 10 ans de Médine qui ont été la vraiment l'implantation de la religion, et c'est Aïcha.
Il se trouve qu'en 619, Khadija est morte, et le Prophète est terriblement triste de ce veuvage, de cette perte. Et un jour, bon il va tous les jours chez son ami Abou Bakr pour lui confier ses peines et puis surtout son souci pour cette ses révélations qu'il reçoit et cette religion qu'il faut tout de même un peu cadrer et prêcher. Et donc, par souvent comme il est l'objet de tas de calomnies, de persécutions même des gens de La Mecque, c'est très difficile pour lui-même de croire en lui. Il est vrai que là, Khadija a fait son travail. Et voilà que donc, dans la cour de la maison d'Abou Bakr, il y a toujours cette petite Aïcha qui a 6 ans et qu'il voit. Elle est très jolie, elle est avec dans ses jeux avec les autres enfants de de la rue, du quartier, et puis bon, il n'y pense pas. Et mais il a tout de même trois rêves, pas trois nuits de suite mais presque, où un ange vient lui dire : « Voici ta femme, ta future femme », et il lui montre un enfant emmailloté et il lui dit : « Soulève le voile. » Et quand il le fait, il voit le visage de Aïcha. Alors, à trois reprises, il est tout de même un peu surpris et choqué même, parce que c'est un homme qui a plus de 50 ans, et comment peut-on lui présenter la femme dans des maillots de bébé ? Et puis voilà qu'un jour, une marieuse vient le voir et lui dit : « Écoute, j'ai pour toi tu peux pas rester veuf, j'ai pour toi une veuve et une vierge. » « La veuve, dit-il, qui est-ce ? » « Sawda. » « Bon, très bien, trouve un homme, je l'épouse demain. Et la vierge ? » « Eh bien, c'est la fille de ton copain Abou Bakr. » Alors là, il est complètement suffoqué, sans voix, et finalement il dit : « Eh bien, si Dieu le veut, ça se fera. »
Alors, Aïcha, déjà donc elle a cette particularité d'avoir été l'épouse la plus jeune du Prophète, la seule vierge. Et c'est en sur ce détail-là que j'aimerais souligner l'extrême douceur du Prophète qui a su la l'éduquer, si vous voulez, dans ce sens dans le defin de relation conjugale, sans la brutaliser, sans l'effrayer, au contraire, il lui a donné le goût de la sensualité. Et pendant toute la vie, c'est vrai qu'elle a été une l'une des épouses qu'il préférait justement parce qu'ils s'entendaient très bien avec elle, pour sa sensualité, pour et surtout aussi pour sa vivacité, son intelligence, sa mémoire fulgurante. Elle retenait tous les versets du Coran, elle les connaissait par cœur. En plus, elle a eu ce privilège extraordinaire, comparé aux autres femmes, d'avoir été présente quand l'ange venait faire des révélations au Prophète. Et même à tel point que le Prophète disait à Aïcha : « L'ange t'envoie ses salutations », et elle lui dit : « Eh bien, réponds-lui que je lui transmets les miennes. Je le salue bien bas. » Alors, il y avait cette espèce de dialogue à trois qui était assez cette complicité, si vous voulez, dans la spiritualité qui était assez particulière. Alors, Aïcha avait aussi une autre qualité, c'est qu'elle était donc très intelligente, très vive et elle n'avait pas peur de rétorquer ce qu'elle pensait au Prophète. Si elle n'était pas d'accord, elle le disait. Et bien souvent, elle elle avait même ses humeurs à l'égard du Prophète, elle le grondait sans sans peur du tout. Et lui, ça l'amusait. Il aimait beaucoup cette femme qui le qui le contredisait. Les autres femmes, par la suite, ont aussi pris l'habitude, il les réunissait autour de lui et il aimait bien avoir leurs avis sur divers problèmes et bien souvent des faits de religion.
Et alors, la chose qui est aussi très importante pour Aïcha, c'est après la mort du Prophète. Elle a eu beaucoup d'histoires avec l'affaire du collier, on l'a beaucoup conspuée, on l'a calomniée. Elle a eu aussi des crises de jalousie, elle s'est montrée insupportable pour bien des gens, mais elle a toujours su faire amende honorable. Et alors, le point le plus important, c'est que quand le Prophète a senti venir la mort, eh bien c'est dans les bras de Aïcha qu'il a voulu mourir. Et elle a dit elle-même : « J'ai bu son dernier souffle », puisqu'il quand il est mort, ils s'embrassaient. Et alors, après la mort de Aïcha de du Prophète, c'est là que Aïcha prend son importance pour la postérité, puisque elle c'est une femme d'influence. Tout le monde la considère comme la bien-aimée du Prophète et aussi elle devient une grande savante. Elle aime l'étude et son père l'avait formée, et elle devient cette grande spécialiste de l'exégèse coranique, spécialiste de la jurisprudence féminine, et donc elle défend les femmes comme le Prophète le lui avait expliqué, dans la ligne même donnée par le Prophète. Et puis, il y aura la bataille du chameau, mais il y aura aussi le fait que elle va créer les premières écoles coraniques, que elle va former les grands maîtres de hadiths, et que quand elle pendant toutes ces années où elle a survécu au Prophète, elle a été la mémoire vivante, la référence et quelque part l'héritière du message.