Christie’s, l’une des grandes maisons internationales de vente aux enchères, fondée à Londres en 1766, organisera le 12 novembre une vente consacrée aux arts des mondes islamique et indien. Manuscrits illustrés, bijoux et tapis anciens y côtoieront des pièces rares venues d’Égypte, du Caucase et du sous-continent indien.
Parmi les œuvres phares figure la partie supérieure d’une lampe de mosquée mamelouke du XIVe siècle, liée au complexe du sultan Hassan au Caire. Ce fragment en verre émaillé, qui témoigne du savoir-faire des artisans de l’époque, est estimé entre 240 000 et 360 000 euros.
La vente comprendra aussi onze feuillets du Zafarnama, ou « Livre des victoires », commandé par l’empereur moghol Akbar à la fin du XVIe siècle. Leurs illustrations retracent la vie de Tamerlan, entre batailles, rencontres politiques et constructions de monuments.
Un tapis « aux dragons » du Caucase, datant de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle, rappelle les échanges entre les cultures. Ses motifs, d’origine chinoise, ont voyagé le long de la route de la soie avant d’être réinterprétés par les tisserands locaux. Il est estimé entre 120 000 et 180 000 euros. Trois colliers en or sertis de pierres, originaires du sud de l’Inde, seront également proposés. Acquis par la collectionneuse américaine Adeline Pepper Gibson lors de son voyage de noces en 1912, ils sont restés dans sa famille depuis sa disparition. Deux de ces bijoux sont estimés chacun entre 24 000 et 36 000 euros.
Autre pièce remarquable : un petit tapis du Cachemire, réalisé à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle. Tissé en laine pashmina sur une structure de soie, il compte plus de 2,5 millions de nœuds. Cette œuvre d’une grande finesse est estimée entre 9 600 et 14 400 euros.
Au-delà des prix, cette vente rappelle que les arts du monde islamique se sont nourris de rencontres et de circulations, de la Chine à la Méditerranée. Le passage de ces œuvres entre collections privées pose aussi la question de leur accès au public : leur valeur ne tient pas seulement à leur rareté, mais à l’histoire qu’elles permettent de transmettre.







