Quelle est la date d'Achoura 2027 ?
Achoura tombe le 10 mouharram, dixième jour du premier mois de l'année hégirienne. Le mot vient de l'arabe 'ashara, « dix ». Selon le calendrier Umm al-Qura, le 10 mouharram 1449 correspond au mardi 15 juin 2027. Comme pour toutes les dates du calendrier lunaire, le jour peut varier d'une unité selon que le mois de mouharram a commencé à la date calculée ou le lendemain.
Achoura suit de neuf jours le nouvel an hégirien, le 1er mouharram, qui ouvre l'année 1449. On confond parfois les deux : le jour de l'an est le 1er du mois, Achoura le 10. Le 9 mouharram, appelé Tasu'a, tombe la veille du 15 juin.
La fête avance d'environ onze jours chaque année. En 2026, le nouvel an 1448 a été célébré le mardi 16 juin, ce qui plaçait Achoura neuf jours plus tard ; en 2020, Oumma datait le jour d'Achoura du samedi 29 août. Pour l'ensemble de l'année, voir le calendrier musulman 2027.
Jeûner Achoura en 2027 : le 9 et le 10 mouharram
Les recueils sunnites rapportent qu'à son arrivée à Médine, le Prophète trouva les juifs qui jeûnaient ce jour-là en souvenir de la délivrance de Moïse ; il dit être plus proche de Moïse qu'eux, jeûna et recommanda de jeûner (rapporté par Boukhari et Mouslim). Selon Aïcha, les Quraychites de La Mecque jeûnaient déjà ce jour avant l'émigration. Quand le jeûne du Ramadan fut prescrit, celui d'Achoura devint facultatif : jeûnait qui le voulait.
Le Prophète exprima ensuite le souhait de jeûner aussi le 9, pour se distinguer, mais mourut avant le mouharram suivant. D'où les trois façons de faire que distinguait Ibn al-Qayyim, rappelées par Ahmadou M. Kanté dans Aux origines d'Achoura : jeûner le 9, le 10 et le 11, ce qui est le plus complet ; le 9 et le 10, la pratique la plus courante ; ou le 10 seul. Concrètement, en 2027, cela veut dire jeûner la veille du 15 juin et le 15 juin, ou y ajouter le lendemain. Un hadith rapporté par Mouslim présente ce jeûne comme l'expiation des fautes de l'année précédente, que les savants entendent des fautes mineures.
En 2027, Achoura tombe près des jours les plus longs de l'année : le jeûne dure de l'aube au coucher du soleil, et la page horaires de prière donne les heures du fajr et du maghrib dans votre ville.
Que commémore Achoura ?
Pour la tradition sunnite, Achoura rappelle d'abord le jour où Dieu sauva Moïse et les fils d'Israël de Pharaon, en leur ouvrant un passage dans la mer. Le Coran raconte cet épisode sans en donner la date : Moïse reçoit l'ordre de frapper la mer de son bâton, et « Elle se fendit alors, et chaque versant fut comme une énorme montagne » (sourate 26, verset 63). Le lien avec le 10 mouharram vient des hadiths, non du texte coranique.
D'autres récits populaires rattachent à ce jour le repentir d'Adam, la fin du déluge de Noé ou le salut d'Abraham sauvé du feu. Un article d'Oumma de 2020 les rassemble tout en notant que les sources sont divergentes : ces traditions n'ont pas la solidité des hadiths sur Moïse.
Le jeûne d'Achoura appartient ainsi à une mémoire commune aux monothéismes, puisque les juifs de Médine le pratiquaient déjà. Ahmadou M. Kanté compare les lectures juive, chrétienne et musulmane du récit de l'Exode.
Achoura chez les chiites : le deuil de Husayn
Pour les musulmans chiites, le 10 mouharram est d'abord le jour où Husayn, fils d'Ali et de Fatima et petit-fils du Prophète, fut tué à Karbala, en Irak, en 61 de l'Hégire (680), avec des membres de sa famille et ses compagnons, face aux troupes du calife omeyyade Yazid. Le lieu de sa mort est devenu un grand centre de pèlerinage.
Les dix premiers jours de mouharram sont donc, dans le monde chiite, un temps de deuil : récits de Karbala lus en assemblée (majalis), prédications, processions. Les formes varient selon les pays ; certaines pratiques de mortification sont discutées et déconseillées par plusieurs autorités chiites elles-mêmes. Achoura peut aussi rapprocher : le dignitaire libanais Mohammed Hussein Fadlallah invitait des personnalités sunnites à ses commémorations, comme le rappelle une réflexion sur les musulmans chiites.
Les sunnites vénèrent aussi Husayn et la famille du Prophète, sans faire du jour un deuil rituel. Pour l'histoire des deux courants, voir la page Achoura et Mawlid et le chiisme.
Les traditions populaires d'Achoura
Au fil des siècles, la coutume a ajouté au jeûne des usages locaux. Au Sénégal et dans une partie de l'Afrique de l'Ouest, la journée s'appelle Tamkharit. Au Maghreb, la soirée d'Achoura est un moment de fête pour les enfants, avec fruits secs, jouets et rassemblements de quartier ; au Maroc, en 2020, ces festivités avaient tourné au désordre malgré l'interdiction des rassemblements liée à l'épidémie.
Ces usages relèvent de la tradition régionale, non du culte : pour de nombreux spécialistes du hadith, le seul acte de culte établi pour ce jour est le jeûne. En France, Achoura se vit surtout en famille et à la mosquée, par le jeûne du 9 et du 10, parfois par une aumône. La veille, les mosquées rappellent souvent la date retenue : une vérification utile, puisque le jour peut varier d'une unité selon le début du mois.






