La moitié des consommateurs britanniques se disent prêts à passer à la finance islamique si elle propose des services comparables à ceux des banques conventionnelles. C’est le principal enseignement d’une étude de Gatehouse Bank, une banque britannique proposant des produits d’épargne et des financements immobiliers conformes aux principes de la finance islamique, ouverts à tous, musulmans ou non.
Ces résultats ont été rapportés le 6 novembre 2026 par Rozi Jones dans Financial Reporter, un média professionnel britannique spécialisé dans les services financiers, notamment le financement immobilier. Édité par Barcadia Media, il s’adresse principalement aux courtiers et aux professionnels du secteur.
L’éthique et la confiance au cœur des attentes
Cette ouverture s’inscrit dans une préoccupation plus large : 77 % des personnes interrogées jugent important que leur banque n’investisse pas dans des secteurs qu’elles considèrent comme contraires à l’éthique. Le respect des convictions personnelles, la confiance et la transparence figurent parmi les motivations citées pour choisir un établissement de finance islamique.
L’article souligne ainsi un potentiel d’attraction au-delà de la clientèle musulmane. Toutefois, la connaissance de cette offre reste limitée : 41 % des répondants déclarent en avoir au moins une certaine connaissance, contre 63 % parmi les consommateurs musulmans. Ces derniers sont également davantage familiarisés avec la finance verte et la finance éthique.
Les différences entre générations sont particulièrement marquées. Parmi les 25–44 ans, 65 % envisageraient de changer pour un prestataire de finance islamique, contre 55 % des 18–24 ans et seulement 11 % des personnes âgées de 55 ans et plus. Ces résultats suggèrent un terrain favorable auprès des jeunes adultes, sans démontrer pour autant un passage effectif à ces offres.
Un intérêt qui doit encore se traduire dans les faits
L’intérêt de cette enquête est de montrer que la finance islamique peut être envisagée sous l’angle des attentes éthiques, et pas uniquement de l’appartenance religieuse. Sa portée appelle néanmoins une réserve : l’article ne précise ni la taille de l’échantillon ni la méthodologie du sondage, commandé par une banque directement présente sur ce marché. L’intention de changer reste, en outre, conditionnée à des services comparables. Enfin, la proximité évoquée entre finance islamique, éthique et verte ne suffit pas à établir que leurs produits présentent systématiquement les mêmes garanties environnementales.
Ces résultats dessinent néanmoins une opportunité pour les acteurs du secteur. Pour convaincre un public plus large, ils devront expliquer simplement le fonctionnement de leurs offres et montrer concrètement comment l’argent des clients est utilisé. Les convictions peuvent susciter l’intérêt, mais les tarifs, la qualité du service et la facilité d’utilisation pèseront aussi dans la décision. Le défi sera donc de transformer une promesse éthique en une expérience bancaire qui réponde aux besoins du quotidien.





