Shakeel SiddiqSalam alaykoum. Bienvenue à tous et à toutes pour cette nouvelle et première émission, Islam aujourd'hui.
Nous allons aborder un sujet très important puisqu'il s'agit d'un des cinq piliers de l'islam : le jeûne durant le mois du Ramadan. Quelles sont les particularités de ce jeûne ? Peut-on prendre uniquement en compte les données astronomiques pour connaître le premier jour du mois du Ramadan ? Comment rattraper les jours de jeûne non jeûnés depuis l'année précédente ? Ce sont autant de questions auxquelles va répondre notre invité aujourd'hui, cheikh Zakaria Seddiki. Cheikh Zakaria, salam alaykoum wa rahmatoullah.
Zakaria SeddikiAlaykoum salam wa rahmatoullah.
Shakeel SiddiqCheikh Zakaria, vous êtes diplômé de la faculté de droit musulman de l'université d'al-Azhar, vous êtes docteur à l'EPHE, votre thèse portait sur la notion de martyr en islam. Vous êtes membre fondateur de l'Union mondiale des oulémas musulmans, président de La Maison des Savoirs d'ACERFI (Audit, Conformité et Recherches en Finance Islamique), et directeur de l'IMED, l'Institut musulman d'enseignement à distance. Cheikh Zakaria, pourquoi le jeûne a-t-il été prescrit par Allah soubhanahou wa ta'ala ?
Le sens et la finalité du jeûne
Zakaria SeddikiBismillah wa al-hamdoulillah wa salat wa salam 'ala rasoulillah. Tout d'abord, il faut savoir que Dieu n'a pas besoin de ses serviteurs, et que toute prescription en islam a comme finalité de réaliser et de conserver l'intérêt des créatures, c'est-à-dire des humains et de leur environnement.
L'être humain aime consommer et développe un réflexe de consommation très important lorsqu'il a les moyens de s'y adonner. À mon sens, cela fait de l'individu quelqu'un qui ne prête pas beaucoup d'attention aux autres, ni à cette idée éthique importante qu'est le partage. C'est pour cela que la prescription du jeûne sert à favoriser cette idée éthique du partage par le souci d'autrui, un souci qui se développe lorsque la personne prend le contrôle de sa consommation. Le jeûne a pour finalité ce contrôle de soi en général, et en particulier une maîtrise de la consommation.
Shakeel SiddiqVous parlez de partage. De manière pratique, comment partager ce jeûne ou ces repas avec les musulmans ou les non-musulmans qui nous entourent ?
Zakaria SeddikiD'abord par l'hospitalité, par l'accueil, par cette volonté de vivre avec l'autre des moments agréables autour d'un repas. Tout un mois de jeûne est largement suffisant pour développer cette attitude responsable qui va vers l'autre dans la société. Beaucoup de musulmans tentent heureusement de partager leur table avec autrui et vont chercher des personnes dans le besoin, ou même qui ne le sont pas. On peut partager avec les nécessiteux, mais aussi avec ceux que l'on aime et avec qui l'on souhaite développer des relations plus profondes.
Shakeel SiddiqEst-ce que vous pensez que les associations musulmanes ou les mosquées en France devraient aussi organiser le culte sous cette optique ? Les mosquées sont des lieux de prière, mais ne devrait-on pas aussi en faire des lieux sociaux, justement pour répondre à ce besoin ?
Zakaria SeddikiOui, je le pense. Le mois de Ramadan, le neuvième mois dans le calendrier hégirien, est le mois du jeûne, le quatrième fondement en islam. Il y a l'attestation de foi, la salat (la prière rituelle), la zakât et le saoum (le jeûne). Il s'inscrit dans un tout qui a pour finalité ce partage. Toute action individuelle ou collective qui tend vers la réalisation de cette idée morale et éthique est la bienvenue. Tous les acteurs, dans les mosquées, les associations humanitaires ou autres, doivent faire de ce mois un mois de partage.
Le calcul astronomique et la vision de la lune
Shakeel SiddiqPassons à une autre question très importante, qui fait débat en France et dans le monde : la prise en compte des calculs astronomiques pour déterminer le premier jour du jeûne. Religieusement parlant, est-ce qu'on peut se fier uniquement aux calculs pour connaître le premier jour du mois de Ramadan ?
Zakaria SeddikiLe problème se pose pour la désignation du premier jour, mais aussi pour la fin du mois et le début de la fête, ce qu'on appelle l'Aïd Seghir. La question est ancienne, les jurisconsultes musulmans en ont débattu. La majorité d'entre eux pensent qu'il ne suffit pas de s'appuyer sur le calcul astronomique pour définir le début ou la fin du mois. Une autre opinion soutient que le début et la fin peuvent être désignés par le calcul astronomique.
Un autre avis, assez répandu de nos jours, cherche un compromis entre les deux : prendre en compte le calcul astronomique pour affirmer si la vision de la lune est possible. S'il n'est pas possible que la lune soit vue, tout témoignage de vision sera systématiquement rejeté. On prend donc en compte en partie le calcul, mais ce n'est pas lui seul qui définit le début ou la fin du mois : la vision de la lune reste le moyen par lequel on les définit.
Shakeel SiddiqPourquoi, justement ? On entend dire que, quatorze siècles en arrière, la vue était l'élément scientifique de l'époque. Aujourd'hui, l'astronomie permet de définir avec beaucoup de précision le début de chaque lune. Dans l'islam, ne devrions-nous pas nous référer à ce qui est qat'i, c'est-à-dire certain et indiscutable, alors qu'il peut y avoir des divergences lorsqu'il s'agit uniquement d'observer le croissant ?
Zakaria SeddikiCe sont les arguments avancés par ceux qui soutiennent le calcul astronomique. Mais la majorité des juristes pensent que l'islam s'adresse à toute l'humanité, avec tous ses niveaux intellectuels. Dans sa méthode relative à la pratique, l'islam met en avant des signes faciles à connaître par tout le monde, qui ne nécessitent pas de spécialisation particulière.
Shakeel SiddiqPour toute société, qu'elle soit évoluée ou pas. D'accord.
Zakaria SeddikiÉvoluée ou pas. La vision de la lune est accessible à toute personne, en tout temps et en tout lieu. C'est cette simplicité que l'islam prône dans sa méthode d'initiation à la pratique rituelle.
La majorité reste fidèle à un hadith authentique du Prophète (salallahu alayhi wa salam). C'est un des textes les plus anciens, que l'on trouve dans le Mouwatta de l'imam Malik, le premier livre écrit en islam concernant la tradition prophétique. Dans cet ouvrage, il est rapporté que le Prophète a dit à un compagnon : « Ne jeûnez que si vous voyez la lune », et il a précisé de ne rompre le jeûne que lorsqu'on voit la lune. Il a rattaché le statut du jeûne et de sa rupture à cette vision. Dans la méthodologie juridique (oussoul al-fiqh), cela relève de ce qu'on appelle as-sabab, la cause d'un statut légal. Cette cause est définie par le Législateur, à travers le Coran ou le hadith du Prophète (salallahu alayhi wa salam). Ce n'est pas aux spécialistes d'inventer des causes qui provoquent le statut légal d'un cas.
Shakeel SiddiqNe pourrions-nous pas revivifier ces causes à la lumière d'une certaine modernité, justement pour aller plus loin dans l'idée ?
Zakaria SeddikiLa cause est définie par le Législateur. L'esprit...
Shakeel SiddiqQui ne change plus.
Zakaria SeddikiOn doit maintenir l'esprit pour lequel cette cause a été définie, d'accord. Selon la majorité des savants, ces causes sont les signes les plus simples à appréhender par la masse, et c'est pour cela qu'elles ont été établies. Si l'on en propose d'autres qui sont complexes et relèvent d'une spécialisation, on éloigne ces causes de leur esprit premier voulu par le Législateur.
Divergences de dates et de calendriers
Shakeel SiddiqN'y a-t-il pas un conflit en Occident du fait de ne pas être unis autour d'une date précise, pour le début du jeûne comme pour l'Aïd ? On a des Français de confession musulmane d'origine turque, d'autres originaires du Maghreb, d'Algérie, chacun étant plus ou moins lié à son pays, ce qui crée de la division. Ne serait-il pas préférable de se fier à des données astronomiques, justement pour éviter cette complication, ce darar, ces désagréments ?
Zakaria SeddikiJe pense qu'il n'y a pas la possibilité d'unir les musulmans sur une date. Premièrement parce qu'il n'y a pas d'autorité qui impose le respect d'une date. C'est le problème de fond. La question relève de la conviction de chacun. On ne peut pas obliger quelqu'un qui se réfère à l'avis de la majorité des juristes à abandonner cette conviction pour suivre ceux qui prônent le calcul astronomique, ni l'inverse. Tant qu'il y a divergence des spécialistes sur le moyen de définir le début et la fin du mois, cette divergence perdurera s'il n'y a pas d'autorité pour imposer un avis unique.
Shakeel SiddiqTant qu'il n'y a pas d'autorité, même la question du calendrier musulman...
Zakaria SeddikiElle reste dépendante des convictions de ceux qui rédigent ces calendriers. D'où l'expression d'une divergence dans les calendriers que beaucoup de musulmans n'arrivent pas à comprendre, tout simplement parce qu'il y a une divergence à la base.
Shakeel SiddiqJustement, ces différences dans les calendriers suscitent des polémiques. Entre les calendriers distribués par la Mosquée de Paris ou par l'UOIF, on constate parfois des décalages de 30 à 45 minutes le matin pour le souhour, dans une même ville. Les musulmans sont perturbés de voir quelqu'un finir de manger à une certaine heure et un frère, dans une autre ville, une demi-heure après. Qu'en est-il, et comment le musulman doit-il gérer ce problème au quotidien ?
Zakaria SeddikiLe jeûne est à la base un acte d'adoration individuel, même s'il s'accomplit en même temps avec la collectivité. Dans un hadith qoudsi, une tradition que le Prophète rapporte de Dieu, Dieu dit que toute action est à la portée de la connaissance des humains, sauf le jeûne qui Lui appartient, et que Lui seul rétribue. On peut manquer de sincérité au fond, tout en apparaissant comme jeûneur auprès des autres.
On peut donc avoir ses propres convictions. Si j'ai vu la lune et que les autres ne l'ont pas vue, je suis tenu par mon engagement envers Dieu d'observer le jeûne, tandis que les autres n'y sont pas obligés si mon témoignage ne les convainc pas. L'islam prône cette tolérance, cette acceptation.
Shakeel SiddiqCette souplesse.
Zakaria SeddikiCette souplesse, oui. Pourquoi vouloir que tous les musulmans soient alignés sur la même conviction ? Ce n'est pas l'esprit de l'islam sur des questions qui relèvent de la divergence, une divergence que l'islam lui-même ne veut pas trancher. Pourquoi voudrions-nous régler ce que le Législateur n'a pas voulu régler dès la première heure ?
Shakeel SiddiqQuelque part, il y aurait une division, mais ce serait une facette apparente ; la réalité, c'est qu'il y a une souplesse du Législateur, si j'ai bien compris.
Zakaria SeddikiOui. C'est pareil pour la prière, pareil pour la zakât, pareil pour le pèlerinage. Dans la pratique, il y a des convictions, et chacun est tenu de respecter sa conviction dans le respect des convictions des autres.
Le rattrapage des jours manqués
Shakeel SiddiqTrès bien, cheikh Zakaria. Par rapport à l'année précédente, il y a encore des musulmans et des musulmanes qui n'ont pas pu rattraper les jours de jeûne manqués. Comment peuvent-ils faire ? Sont-ils dans l'obligation de rattraper ces jours en jeûnant, ou peuvent-ils se satisfaire de nourrir un pauvre par jour manqué ?
Zakaria SeddikiCelui qui a manqué un jour ou plusieurs jours a des motifs, une excuse juridique ; cette personne n'a commis aucun péché, elle n'est pas en tort. Elle a toute une année pour essayer de rattraper les jours manqués. Si, pour une raison ou une autre qui soit valable, elle n'a pas pu rattraper ces jours, elle peut donner l'équivalent de 3 ou 4 euros pour chaque jour manqué.
Shakeel SiddiqQuoi qu'il en soit, même si la personne aurait pu rattraper mais a été négligente ?
Zakaria SeddikiSi la personne a été négligente, elle donne, mais elle est en tort pour sa négligence. Dans ce cas, certains juristes pensent qu'elle doit les rattraper même si le nouveau Ramadan arrive ; ces jours-là restent une dette après le Ramadan.
Shakeel SiddiqEt votre opinion ?
Zakaria SeddikiJe soutiens plutôt cet avis pour éviter tout manquement dans un fondement de l'islam. Puisque la personne a négligé de rendre ces jours, il vaut mieux qu'elle les rende dès que possible.
Remplacer la nourriture par de l'argent
Shakeel SiddiqDans une société qui diffère de ce qu'on pouvait trouver auparavant, il est peut-être plus difficile aujourd'hui, surtout en France, de trouver des pauvres. Est-il possible, au niveau de la législation musulmane, de remplacer cette nourriture dont parle le Coran, offerte à un indigent, par de l'argent ? Ce serait peut-être plus simple. Pourrait-on donner cet argent à une mosquée ou à une autre activité plutôt qu'à quelqu'un dans le besoin ? Na'am.
Zakaria SeddikiJe pense qu'il faut garder la destination de cette prescription, qui a pour objectif l'expiation d'un manquement voulu par le Législateur. Il y a divergence, mais je pense qu'il est possible, au lieu de donner de la nourriture, de donner son équivalent en monnaie, selon les cas. Seulement, il faut que cela aille dans le sens voulu : soulager la souffrance et la douleur des nécessiteux.
Shakeel SiddiqOn pourrait faire un virement au Secours Islamique, par exemple ?
Zakaria SeddikiOui, mais à condition que les destinataires concernés par cet argent soient définis, pour que cela ne serve pas à n'importe quelle activité. Il faut que cela reste dans le sens voulu par le Législateur. Sinon, l'exploitation de cet argent va être trop large, et les personnes concernées par cette expiation n'en profiteront plus. Ce serait comme détourner un droit qui appartient aux nécessiteux.
Le jeûne face au péché et au manque de prière
Shakeel SiddiqPassons aux questions posées par certains internautes. La première concerne la médisance et le mensonge. Des hadiths authentifiés disent qu'Allah n'a que faire du jeûne du croyant qui jeûne et pratique en parallèle la médisance ou le mensonge. Cela implique-t-il que le jeûne est invalide, comme s'il n'avait pas jeûné du tout ?
Zakaria SeddikiC'est plutôt une formulation pour dissuader les personnes de mentir ; Dieu attend un jeûne accompli de la façon la plus parfaite. Le mensonge est un grand péché, mais la majorité des juristes, des fouqaha, n'invalident pas le jeûne pour un mensonge.
Shakeel SiddiqQu'en est-il de celui qui ne fait pas la prière, alors que les cinq prières quotidiennes sont obligatoires en islam ? Le jeûne de celui qui ne prie pas, ou qui ne ferait que deux ou trois prières, est-il valide auprès d'Allah soubhanahou wa ta'ala ?
Zakaria SeddikiSans parler au nom de Dieu, selon ma compréhension, il est possible de jeûner même si l'on ne prie pas, bien que ce comportement soit tout à fait blâmable et que la personne risque beaucoup auprès de Dieu. Nous n'incitons pas à délaisser la prière, nous y appelons au contraire : elle est l'élément le plus important de la pratique religieuse, avant le jeûne et avant le pèlerinage.
La justice divine fait la part des choses. Comme le dit le Coran : « Wa akharouna khalotou 'amalan salihan wa akhara sayyi-an », certains ont mélangé des actes bons et d'autres mauvais, et Dieu peut leur pardonner par cette volonté de faire le bien. Jeûner est un acte d'adoration qui rapproche de Dieu, et c'est l'occasion de revenir vers Lui et de se repentir. Même par sagesse, pour leur intérêt, on ne va pas fermer la porte aux gens en leur disant qu'il ne sert à rien de jeûner sans prier. Venez jeûner, priez tarawih, la prière de la nuit : cela provoquera peut-être un changement dans leur vie et les amènera à respecter leurs engagements envers Dieu.
Les situations particulières du jeûneur
Shakeel SiddiqAutre question d'internautes : une personne se réveille le matin en état d'impureté majeure, ne peut pas faire le ghousl, les grandes ablutions, et part au travail en raison de son retard. Son jeûne est-il valide ? Peut-elle jeûner naturellement ou doit-elle rattraper sa journée ?
Zakaria SeddikiIl n'y a pas d'inconvénient à jeûner en état de janaba.
Shakeel SiddiqMême si elle ne rentre du travail qu'à 17 h ?
Zakaria SeddikiDès lors qu'elle peut accomplir ses prières à l'heure, dhohr et 'asr avant le maghrib, le coucher du soleil, cela ne pose aucun problème. Il n'y a pas de lien avec cet état.
Shakeel SiddiqL'impureté majeure, pour reprendre la traduction courante.
Zakaria SeddikiOuais, cela n'est pas vraiment une impureté, car l'être humain ne devient jamais impur. Dans cet état appelé en arabe janaba, la personne peut jeûner sans problème.
Shakeel SiddiqDes sœurs posent également la question des menstrues : si une femme a ses règles 1 heure avant la rupture, doit-elle rattraper sa journée ?
Zakaria SeddikiTant qu'elle n'a pas jeûné de l'aube jusqu'au coucher du soleil, le maghrib, la journée n'est pas acquittée. Pour que le jeûne du jour soit valable, il faut avoir jeûné l'intégralité du temps, de l'aube au coucher du soleil.
Shakeel SiddiqMême à 10 minutes avant le iftar ?
Zakaria SeddikiMême si c'est seulement quelques minutes.
Commerces ouverts et esprit du mois
Shakeel SiddiqDernière question : beaucoup de commerçants musulmans, dans la restauration, ferment leur établissement pendant le Ramadan. Le musulman a-t-il l'obligation d'agir ainsi ?
Zakaria SeddikiC'est leur choix, mais ce n'est pas une obligation religieuse. Le voyageur, les malades, les personnes âgées ou les enfants ne jeûnent pas. Beaucoup de personnes sont exemptées et peuvent avoir besoin de se restaurer ; ouvrir n'est donc pas un interdit.
Shakeel SiddiqRien dans le Coran ou la tradition prophétique ne va dans ce sens ?
Zakaria SeddikiÀ ma connaissance, non.
Shakeel SiddiqOn entend souvent citer le verset sur les gens de la géhenne à qui l'on demande ce qui les a conduits à Saqar, et qui répondent : « Lam nakou minal mousallin », « Nous ne faisions pas partie de ceux qui effectuaient la prière ». Certains soutiennent qu'ouvrir son restaurant incite à ne pas pratiquer les piliers de l'islam.
Zakaria SeddikiCette interprétation est exagérée. Les textes sont clairs : chacun est responsable de ses actes, nous n'avons pas à juger. On peut ouvrir pour travailler. Le mois de Ramadan n'est pas le mois de la paresse ; c'est au contraire un mois de travail. En islam, il est connu pour ses grandes batailles.
Shakeel SiddiqLa bataille de Badr a eu lieu pendant le Ramadan.
Zakaria SeddikiBadr, oui. Fath Makkah également : l'ouverture de La Mecque a eu lieu le 19 de Ramadan, après un long voyage depuis Médine alors qu'ils jeûnaient. Le jeûne ne signifie donc pas l'arrêt de l'activité. De plus, dans notre société, les personnes qui mangent dans ces restaurants ne sont pas toutes musulmanes ni soumises à cette obligation.
Shakeel SiddiqPour terminer, quel conseil donneriez-vous aux musulmans et musulmanes pour vivre pleinement ce mois et progresser spirituellement ?
Zakaria SeddikiC'est le mois du contrôle de la consommation.
Shakeel SiddiqEn qualité ou en quantité ?
Zakaria SeddikiEn tout. Certains jeûnent le jour pour récupérer dix fois plus le soir, ce qui est contraire à l'esprit du Ramadan. Certaines femmes passent tout leur temps en cuisine, à partir de 14 h, pour préparer une multitude de repas. Il ne faut pas exagérer. Les maris et les enfants doivent participer à la préparation des repas afin que cette charge ne pèse pas uniquement sur la mère.
Shakeel SiddiqEt partager avec les autres.
Zakaria SeddikiElle doit aussi vivre le mois spirituellement et ne va pas le passer dans la cuisine. C'est un élément important sur lequel j'attire l'attention des musulmans. Que la pratique du Ramadan soit aussi une occasion de partager les valeurs de l'islam avec les autres membres de la société.
Shakeel SiddiqCher Zakaria, barakallahu fikoum, qu'Allah vous préserve.
Zakaria SeddikiAmine.
Shakeel SiddiqChers internautes, salam alaykoum wa rahmatoullah et à très bientôt pour une deuxième émission.